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La réserve de la gendarmerie, l’atout pour anticiper l’insécurité à Mayotte

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Lundi se tenait la cérémonie de clôture de la préparation militaire gendarmerie au lycée de Tsararano. Les dix-huit nouveaux réservistes vont ainsi renforcer les effectifs dans le 101ème département et faire partie intégrante des troupes. Pour le lieutenant-colonel Bruno Fhima, leur statut de civil va jouer un rôle prépondérant dans la lutte contre l’insécurité et permettre de glaner des informations précieuses.

Sous une pluie battante, un chant s’évade des murs du lycée de Tsararano. Le regard droit et le menton relevé, un groupe en uniforme bleu s’avance d’un pas ferme vers le fond de la cour de récréation. Six rangs de trois enchaînent alors les « garde-à-vous » et les « repos », sous le regard fier et amusé des familles, installées au sec sous le préau. Pour dire, le moment s’avère plus que solennel… Puisqu’il s’agit de la cérémonie de clôture de la préparation militaire gendarmerie. Une première depuis 2017, en raison des crises sociales et sanitaires successives mais aussi parfois à cause d’un manque de budget.

Peu après la levée des couleurs, le rang se remet en ordre de marche pour s’éclipser avant de revenir, tambour battant. Un protocole suivi à la lettre et réglé comme du papier en musique, qui vient marquer dix jours intenses de formation. « Un réserviste fait partie intégrante des troupes, même si vous n’allez faire que quelques jours par an (entre 18 et 25 en règle générale). Dans vos têtes, considérez-vous comme gendarmes. Lorsqu’une personne se fait agresser devant vous, vous ne pouvez pas rester sans rien faire », leur souffle d’un ton sec mais fraternel le lieutenant-colonel Bruno Fhima. Face aux dix-huit petits nouveaux, le commandant en second se félicite de leur engagement.

« Vous connaissez la langue, la population et le terrain »

Une plus-value non négligeable pour un territoire comme Mayotte, qui n’en comprenait que 67 il y a encore trois ans, contre le double aujourd’hui. Mais surtout, ces quatre femmes, dont une major de promo avec une moyenne 16.74, et ces quatorze hommes, âgés de 21 à 45 ans, peuvent réellement apporter leur pierre à l’édifice dans la lutte contre l’insécurité, qui gangrène le quotidien du 101ème depuis de longs mois. Comment ? En étant les yeux et les oreilles de leurs frères d’armes. « Nous avons en priorité besoin de Mahorais car vous connaissez la langue, la population et le terrain. C’est essentiel pour la remontée d’informations. » Car oui, la gendarmerie est avant tout une arme de renseignement.

Or, les militaires sont bien trop souvent étiquetés et catalogués, ce qui fragilise leur mission première, surtout sur une île aussi petite. « Vous êtes réellement impliqués dans la vie civile et vous allez entendre plus de choses que vos camarades », insiste le lieutenant-colonel Bruno Fhima. Qui note l’importance de leur rôle. « Les renseignements permettent d’anticiper et d’envoyer les bons moyens matériels et humains. Alors que quand nous sommes dans la réaction, nous avons toujours un temps de retard sur l’adversaire. Et c’est la course à l’échalote. » Dans un coin de sa tête, les événements encore frais du week-end sur la commune de Koungou.

« Gagner en efficacité contre la délinquance »

Et à terme, le lieutenant-colonel Bruno Fhima espère bien atteindre « un terreau, un vivier » de 160 réservistes pour compléter les effectifs du commandement de gendarmerie et sur lequel « s’appuyer ». « Nous avons besoin de cette jeunesse pour gagner en efficacité contre la délinquance. » Grâce aux 45 heures de cours théoriques et pratiques reçus, comme la maîtrise tactique d’intervention et le tir, les heureux élus risquent bien d’enfiler leur bleu de chauffe très rapidement. En ligne de mire : la sécurité publique générale et la lutte contre l’immigration clandestine.

Et pourquoi pas, au fil du temps, gagner en responsabilité et susciter des vocations. « Il faudra les soutenir », indique le lieutenant-colonel Bruno Fhima à l’égard des familles. Car il sait l’ampleur de la tâche qui les attend. Mais avant cela, l’heure est encore à la remise du brevet et du traditionnel geste symbolique, à savoir une « tape » plus ou moins rigoureuse sur le torse. Histoire de les lancer dans le grand bain.

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