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Un lycéen de 17 ans agressé mortellement en pleine rue à Cavani

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Comme un goût de déjà-vu. Dans la nuit de mardi à mercredi, à M'tsapéré, les forces de l’ordre qui tentaient de disperser les participants d’un mourengué ont finalement été attaquées sur le remblai. Quelques heures plus tôt, la même scène se jouait à Combani.

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Au moins une dizaine de jeunes ont molesté à mort un homme de 35 ans ce lundi soir à M'tsapéré. Un premier suspect aurait déjà été identifié comme meneur. Ce jeune majeur est un délinquant notoire, puisqu'il avait déjà été enfermé à Majicavo pour des faits de violences.  

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C’est une vraie scène de guérilla qui s’est déroulée dans la nuit de mercredi à jeudi à Trévani. Le quartier appelé Troca était en feu. L’incendie a volontairement été déclenché par une quarantaine de jeunes. Aucun blessé n’est à déplorer, mais des familles se retrouvent sans domicile. 

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Une semaine après Mtsangadoua, c’est au tour du lycée Bamana à Mamoudzou d’être endeuillé après l’agression mortelle à Cavani d’un de ses élèves ce jeudi 15 avril. Âgé de 17 ans, Ambdoullah S., dit Momix, est le deuxième mineur à décéder brutalement en seulement sept jours. Récit d’une journée dramatique.

Jeudi. 10h18. Le centre d’appel des urgences reçoit un coup de fil pour annoncer l’agression à l’arme blanche d’un jeune garçon de 17 ans en face de la pharmacie du Baobab à Cavani. Rapidement sur les lieux, les secours le prennent en charge en arrêt respiratoire avec des lésions cervicale et dorsale. Malgré les multiples tentatives de réanimation, le personnel soignant déclare son décès, une heure plus tard, à 11h20, lors de son arrivée au centre hospitalier. C’est finalement vers 13h que le principal auteur présumé est interpellé par la brigade anti-criminalité (BAC). Une deuxième interpellation a lieu un peu plus tard dans la journée sans que l’on sache, d’après les informations que nous avons pu récolter, si elle est directement liée à l’affaire ou non.

Scolarisé en seconde au lycée Bamana à Mamoudzou, Ambdoullah S., aussi connu sous le surnom de Momix, se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment, à l’occasion de son heure de trou. « C’était un élève très discret et timide », relate, la gorge nouée, son enseignante de français, Céline Buret. « Il se faisait totalement oublier en cours. Mais il était toujours très poli et n’était pas du tout turbulent. » Complètement déboussolée par cette annonce, la fonctionnaire de l’Éducation nationale doit, en théorie, retrouver la classe du défunt ce vendredi. « Comment vais-je accueillir la trentaine de ses camarades ? », se demande-t-elle, toujours la voix tremblante. « Moi-même, je me sens malheureuse, je n’ai rien pu avaler de la journée. En toute honnêteté, je veux juste être là pour eux et en parler. » Si une cellule psychologique doit être mise en place pour libérer la parole, la professeure vit péniblement la situation. « Nous avions une sortie cinéma prévue lundi par rapport à l’abolition de l’escalage, je ne me vois pas les emmener avec un petit en moins… »

 

Rumeurs d’intrusion et confinement au lycée

 

Une empathie ressentie et partagée par une majeure partie des lycéens et du personnel éducatif. Pimentée par un zeste de colère. « Des jeunes sont venus avec des armes blanches et ont essayé de rentrer », retrace Rachika*, inscrite en terminale. Les rumeurs d’intrusion dans ce genre se multiplient toute la matinée, au point de provoquer un léger mouvement de foule et une salve de cris vers 14h. Heure à laquelle un message sonore retentit : « Le chef d’établissement vous demande d’appliquer les dispositifs de confinement affichés dans les salles. » Une mesure pour permettre d’éviter les attroupements mais aussi et surtout pour faire sortir les élèves au fur et à mesure.

Devant, une petite foule de parents stressés se presse aux grilles. « Je ne comprends pas que des jeunes puissent en arriver là, à ce niveau de violence… Il faut faire quelque chose, et en premier lieu, il faut les écouter. Il faut une maison où on récupère les jeunes délinquants, et où, enfin, on écoute leurs problèmes », tambourine une mère venue chercher sa fille, élève dans la même classe que la victime. Trente minutes avant le départ du dernier bus, vers 16h, le proviseur réunit l’ensemble des enseignants présents pour évoquer le drame de la matinée. « Même si ce n’était pas dans l’enceinte ou aux abords du lycée, il était très ému », confie Guillaume, qui souligne l’ambiance « flippante ».

 

Le lycée ouvre malgré la grogne

 

Dans ces conditions, comment envisager un retour à la normale dès aujourd’hui ? « À priori, on ne ferme pas », prévient Gilles Halbout, le recteur. Toutefois, un droit de retrait est en réflexion du côté de l’équipe éducative. Et pour certains élèves, à l’instar de Rachika, il est hors de question de revenir sur les bancs de l’école d’ici la fin de la semaine. « Avec quelques copines, on a décidé de ne pas retourner en cours avant lundi. Hier, c’était untel, peut-être que demain ce sera moi… Il faut que la direction prenne des mesures pour apporter plus de sécurité, notamment à la descente des bus. J’espère qu’il y aura un déclic à la lecture de ces quelques lignes », s’époumone-t-elle, quelques heures après que sa maman soit venue la récupérer pour rentrer chez elle, saine et sauve, à Hauts-Vallons.

* Le prénom a été modifié

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°963

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