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Ylang-ylang, une identité mahoraise

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En plein cœur de la commune de Tsingoni, Anwar Soumaila Moeva, ouvre chaque semaine les portes de son exploitation au grand public. Jardin mahorais mais surtout production d’ylang, sous la canopée, les terres familiales et les essences qu’on y trouve font rêver les néophytes.

Ouvrez grand votre nez et vos oreilles et que la visite commence ! “Guerlain a été durant de nombreuses années l’un des principaux acteurs de la filière ylang à Mayotte.” Au détour d’un petit déjeuner local et de saison, les visiteurs du jour découvrent le contexte historique dans lequel s’est développée la culture d’ylang-ylang à Mayotte. Avec plus de 1.100 hectares de plants à son apogée, la filière a connu ses heures de gloire. Malheureusement, à la suite du départ du célèbre parfumeur, la fleur dorée est tombée en désuétude. “Nous avons un terroir exceptionnel sur l’île, mais sans acheteurs pour leur huile essentielle, les agriculteurs se sont rapidement retrouvé le bec dans l’eau”, explique le Anwar Soumaila Moeva, agriculteur et propriétaire du Jardin d’Imany.

Un contexte économique délétère

Main d’œuvre devenue trop élevée, distillateurs peu scrupuleux produisant des huiles frelatées… Les célèbres parfumeurs de Grasse et de Paris tournent le dos à celle que Guerlain baptisera l’île aux parfums. Sans revenus et tiraillés par la faim, les producteurs doivent trouver des solutions pour subsister. Ils choisissent alors la culture de bananes et de maniocs, qui remplissent leur ventre et leur porte-monnaie. Résultat : bien loin des années 1980-2000, réelle eldorado de la coqueluche des parfumeurs, en 2022, la filière ylang essaie de se structurer et se stabiliser à 200 hectares et à quatre tonnes de production annuelle. “Nous ne devons pas aller vers la quantité, mais plutôt proposer aux acheteurs partis se fournir aux Comores, une production française d’excellente qualité”, détaille le président du Syndicat des Jeunes agriculteurs de Mayotte. Convertie en structure agrotouristique, l’exploitation du Mahorais continue de faire vivre ce précieux patrimoine.

Mais alors l’ylang qu’est-ce que c’est ?

En forme d’étoiles, composée de sépales, et de six pétales, l’ylang se reconnaît par sa couleur vert-jaune et son fort parfum. “Lorsque la fleur est prête à être récoltée, on voit des taches rouges apparaître au centre de celle-ci”, confie le propriétaire des jardins d’Imany, la précieuse plante entre les mains. Taille, entretien, récolte la culture d’ylang-ylang demande beaucoup de travail. Les branches des arbres qui peuvent vivre centenaires doivent être rabattues régulièrement pour augmenter la qualité et la quantité de la production.

Avec pas moins de 400 arbres et 200 kg de fleurs par hectare, le produit de la récolte sera par la suite distillé au moyen d’un alambic pour en extraire la précieuse huile essentielle. De juin à août, les curieux peuvent venir profiter du spectacle de la floraison et son odeur enivrante. Une expérience Made in Mayotte, qui grâce aux jardins d’Imany et ses salariés, redonnera à ce patrimoine unique ses lettres de noblesse.

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