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Transition énergétique de Mayotte : une commission de l’Europe à la rescousse !

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L’Agence de développement et d’innovation de Mayotte (Adim) reçoit cette semaine le secrétariat de la Commission européenne en charge de promouvoir la transition énergétique dans les îles européennes (« Clean Energy for EU Islands Secretariat », ou CE4EUIslands) dans le cadre d’une « académie de l’énergie » de deux jours, lancée ce mercredi matin au siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Mayotte (CCIM). Plusieurs dizaines de représentants des tissus politique et économique de l’île étaient réunis pour participer ou assister à diverses présentations sur les enjeux de la transition énergétique à Mayotte, « un sujet crucial », rappelle Zamimou Ahamadi, conseillère départementale et présidente de l’Adim. Jan Cornillie, économiste environnemental, représentant du CE4EUI et modérateur des échanges a répondu à nos questions.

Flash Infos : Dans quel cadre s’inscrit cette académie ? Quels en sont les grands objectifs ?

Jan Cornillie : Mayotte est la dixième et dernière île européenne que nous visitons dans le cadre de nos ateliers « Clean energy for EU islands » (énergie propre pour les îles de l’union européenne, N.D.L.R.). L’objectif de cette académie, c’est de rassembler toutes les parties prenantes de Mayotte en ce qui concerne la transition énergétique et la décarbonation, pour discuter de la stratégie et de la politique de l’île en la matière. Il s’agit d’associer la société civile, les autorités, les représentants commerciaux, les universitaires, aux initiatives concrètes que l’on veut prendre.

 

F.I. : Quel est votre regard sur la prise en main par les institutions mahoraises du défi de la transition énergétique ?

J.C. : Nous constatons qu’il y a déjà une très bonne maîtrise du défi de la transition énergétique, que pas mal d’actions sont enclenchées, à l’image des projets présentés aujourd’hui (Caribus, SAR, Maesha, entre autres, N.D.L.R.). A Mayotte, le défi est d’inscrire la transition énergétique et la décarbonation dans un agenda de développement économique et social en termes de transports, d’habitations et de services publics et commerciaux. Il s’agit donc d’intégrer des technologies vertes dans toutes ces activités économiques. J’ai bon espoir et je suis très heureux de voir qu’autant d’experts et de représentants sont venus aujourd’hui. Cette académie est un point de départ pour mutualiser les points de vue et coordonner les actions.

 

F.I. : Quels leviers avez-vous, à l’échelle européenne, pour accompagner les acteurs mahorais de la transition énergétique ?

J.C. : Ce qu’offre le CE4EUI, c’est d’abord de l’assistance technique dans le développement des plans d’action et des stratégies énergétiques. Ensuite, nous avons vocation à créer une plateforme d’échange d’informations et de « success stories » entre îles européennes. Certaines sont déjà fortement avancées dans leur objectif d’autonomie en énergies renouvelables ; les autres peuvent bénéficier de cet échange d’informations. Le secrétariat peut également ouvrir les portes des investisseurs qui voudraient placer des billes sur des projets liés à la transition énergétique.

 

F.I. : Vous mentionnez l’appui technique que vous apportez aux îles européennes. Suivez-vous déjà des projets précis à Mayotte ?

J.C. : Non, c’est la première fois que nous interagissons avec Mayotte. Nous espérons pouvoir coopérer davantage, notamment dans la perspective d’une candidature à l’appel que nous lançons pour le développement d’une stratégie 100 % renouvelable dans trente îles européennes. Je suis aussi ici pour inciter Mayotte à se porter candidate !

Entendu lors de l’académie

Comment produire et consommer l’énergie différemment à Mayotte ? C’était en somme la question « fil rouge » de l’événement. Paléoclimatologie, présentation des cadres législatifs, des grands projets d’aménagement urbain et de leur prise en compte de la question de la transition énergétique… Les échanges étaient riches ce mercredi au siège de la CCI. Quelques citations fortes :

  • « La mise en œuvre d’une politique énergétique nous concerne tous ! » – Zamimou Ahamadi, conseillère départementale et présidente de l’Agence de développement et d’innovation de Mayotte (Adim).
  • « L’objectif pour Mayotte, c’est l’autonomie énergétique en 2030, avec un mix électrique décarboné. » – Maxime Ahrweiller, secrétaire générale aux affaires régionales (Sgar).
  • « On court après deux choses : le retard en termes de décarbonation, et la constante augmentation des besoins… Il faudra doubler la puissance de pointe d’ici 2040 pour répondre aux besoins de l’île. » – Thibault Callé, chargé de mission développement durable au Sgar.
  • « A Mayotte, les choses vont vite. Aujourd’hui les véhicules hybrides représentent 20 % des ventes, alors qu’on est partis de presque rien il y a quelques années… preuve que l’on peut rattraper notre retard ! » – Maxime Ahrweiller.
  • « A Mayotte, on a le plus important ensoleillement des Drom ! Un énorme potentiel ! » – Thibault Callé, sur la valorisation du photovoltaïque comme levier principal de développement des énergies propres à Mayotte, avec les conversions des centrales thermiques de Longoni et Badamiers au biocarburant.

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