Régimes bananiers : les agriculteurs reprennent la main sur leur production

Régimes bananiers : les agriculteurs reprennent la main sur leur production

Une quarantaine d’agriculteurs était au rendez-vous jeudi matin à Dembeni, pour la première journée consacrée à la production de rejets de bananiers. Une production de bananes très présente à Mayotte, et qui constitue une grande partie de l’alimentation mahoraise. Informer les producteurs, et transférer les méthodes pour assurer une production seine et pérenne, tel était le message de ces ateliers. À Mayotte, quinze techniciens de production sont disponibles pour près de 5000 agriculteurs déclarés.

 

Un chiffre bien en deçà des besoins des agriculteurs, qui souhaiteraient être informés sur la plantation de bananes, l’entretien, ou encore la récupération d’un régime endommagé. Des questions auxquelles ont pu répondre la Capam (chambre de l’agriculture, de la pêche, et de l’aquaculture de Mayotte), et Rita (Réseau d’innovation et de transfert agricole), en organisant une journée professionnelle pour la production de régimes de bananiers sains. Une initiative qui a tout de suite interpellé Issoufa, cultivateur de bananes dans son champ : “J’adore l’agriculture. Même si je suis plus sur le maraîchage que sur les bananiers, j’en ai chez moi, et je suis venue pour savoir comment séparer les rejets de bananiers de la souche mère.” Issoufa est reparti satisfait, car parmi les trois ateliers proposés ce jour-là, il y avait l’atelier unité de production, dans lequel était décortiquée la méthode PIF. Cette dernière (Plants Issus de Fragments de tiges), est une technique de multiplication horticole (in vivo) des bananiers. Augmenter la productivité par la transmission des gestes de base Cette méthode est la plus adaptée pour pouvoir réhabiliter rapidement la bananeraie. Une alternative à la culture in vitro, plus couteuse et peu accessible aux producteurs.

 

Naoilou Yahaya, technicienne chargée de production fruitière à la Capam, anime l’atelier. Elle se dit satisfaite de la participation, et de l’intérêt porté à ces recommandations. “Nous faisons en sorte de les informer sur les problématiques les plus récurrentes. Les maladies, les manières de produire chez eux, les variétés existantes. Le but est d’assurer les productions pour 2 ans au moins, et de leur permettre de se débrouiller sans les techniciens de production, qui ne peuvent pas tous les rencontrer”. Sur l’île, 68 variétés de bananes existent, dont 54 endogènes, un énorme potentiel qui se heurte à très peu de moyens. À terme, la Capam souhaiterait avec l’appui des pépiniéristes et des producteurs locaux, faire naître un espace aménagé, qui permettrait de répondre à la forte demande de rejets sains de bananiers, en vue d’augmenter la productivité.

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