Décharges sauvages : "On en découvre tous les jours"

Décharges sauvages : "On en découvre tous les jours"

À l'occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets, l'association environnementale des Gardiens du Littoral H.A.R organisait, lundi, une session de formation sur les filières REP (responsabilité élargie du producteur). L'occasion pour les bénévoles de l'association de s'informer sur les différentes méthodes de recyclage et de valorisation des déchets, afin de mieux sensibiliser la population à leur tour. 

Emballages, lampes, textiles, mobiliers, déchets électroménagers ou médicaux… À chaque déchet sa catégorie et ses méthodes de recyclage. Au menu de la première session de formation organisée par –  et pour – l'association des Gardiens H.A.R, lundi après-midi à la mairie de Mamoudzou : les filières REP (responsabilité élargie du producteur). Concernant les détritus électriques et électroniques, "ici à Mayotte, tous ceux qui vendent de l'électroménager, Kalo, Digital ou Ballou par exemple, importent leurs produits. La REP, ça signifie que celui qui fabrique ou s'occupe d'un produit est également celui qui doit gérer la collecte et la valorisation des déchets" générés par son activité, explique Franck Toy, responsable de la formation du jour. Elle s'inscrit dans le cadre de la Semaine européenne de la  réduction des déchets, pour laquelle plus de 12.000 actions sont prévues au cours de cette semaine, dans plus de 27 pays. Ce lundi, la petite vingtaine de "Gardiens", encadrés par leur président Antonio Tripicchio, étaient là pour s'informer, afin de mieux sensibiliser la population à leur tour. "Le message que vous allez faire passer, il est important, pour vous, mais aussi pour votre entourage, pour toute l'île", insiste le formateur. Les différentes filières, complexes, ne seront pas abordées en une seule fois par les bénévoles. Ce lundi, seules trois catégories de déchets ont ainsi été passées en revue : les DASTRI (déchets d'activités de soins et à risques infectieux et assimilés, en auto-traitement), les DEEE (déchets électriques et électroniques) et la filièredeslampes.Chaque filière a ses propres règles, ses propres lieux de collecte et de traitement, ainsi que ses acteurs dédiés. À cet égard, les déchets électroniques et électroménagers, en plus de la pollution visuelle qu'ils imposent aux riverains, constitueraient la catégorie la plus "dangereuse",dans la mesure où ils peuvent occasionner des blessures, libèrent diverses substances toxiques comme le gaz et le mercure, et forment, une fois abandonnés dans la nature, autant de "nids à moustiques".  

"Insister sur l'éducation des plus jeunes"

Quant à la filière des déchets textiles – thème de cette dixième édition de la Semaine européenne  –, elle cumule de nombreuses difficultés techniques et de gestion qui rendent d'autant plus nécessaire l'action de relais des partenaires associatifs comme les Gardiens. Ainsi, "les responsables de certaines filières ne bougent pas tant qu'il n'y a pas de porteur de projet, avance Franck Toy. Vous, en tant qu'agents de sensibilisation, vous ne savez jamais sur qui vous allez tomber. En allant parler d'une de ces filières dans votre secteur, vous allez peut-être rencontrer un porteur de projet", espère-t-il. Parmi les nombreuses questions et observations des jeunes bénévoles, ce lundi, celle de savoir si "les déchets sont en augmentation à Mayotte". Réponse, sans concession, du formateur : "Oui, et c'est plutôt normal dans la mesure où le niveau de vie augmente et la consommation avec."Dans la continuité de cette évolution, les décharges sauvages se multiplient : "On en découvre tous les jours à Mayotte", déplore-t-il. "Des déchetteries sont en construction (…) Les gens savent que le tri existe, mais allez dire à quelqu'un qui habite les hauts de Kawéni qu'il va falloir descendre et marcher un kilomètre pour jeter ses déchets, ça peut se comprendre aussi que ce soit compliqué. Parfois, on a la flemme aussi, tout simplement", rappelle-t-il, réaliste. "Par rapport aux déchets, il faut dire aussi que les citoyens mahorais n'aiment pas trier, ils veulent juste se débarrasser", renchérit l'un des participants. Et le formateur de lui faire remarquer que "c'est pour ça qu'il faut insister sur l'éducation des plus jeunes". 

 

 

 

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