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Combani, entre opportunités et insécurité

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Le village de Combani a des atouts qui contribuent à son rayonnement et qui ont séduit certains entrepreneurs, ayant fait le choix d’implanter leurs entreprises. La position géographique et le dynamisme de Combani les attirent, mais, depuis plus d’un an, l’insécurité qui s’est installée joue les trouble-fête. Les chefs d’entreprises sont étouffés par les affrontements entre bandes rivales et certains décident de faire prospérer leurs sociétés ailleurs.

« Combani est une pépite à exploiter pour les entrepreneurs. » Thoyrati Bacar, gérante du snack Matou, implanté depuis trois mois dans le village, ne tarit pas d’éloges pour sa terre natale. Elle a décidé d’ouvrir son restaurant à Combani parce qu’elle a su voir son potentiel et les opportunités qui peuvent se présenter à elle. « Beaucoup de gens travaillent à Combani mais ne sont pas d’ici, il faut bien qu’ils se restaurent quelque part. Il y a aussi pas mal de trafic, ceux qui sont de passage s’arrêtent pour acheter à manger », explique-t-elle. Thoyrati, à l’instar des autres entrepreneurs du village, bénéficie de ce dynamisme.

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So Boutik, l’enseigne de Soalihat Tany.

Ainsi, certains ont tout quitté pour s’installer à Combani, à l’exemple des gérantes du salon de thé John & Okama’s. Elles sont parties de Mangajou pour aller à Combani en 2019. « On cherchait un endroit plus dynamique en semaine, là où il y a du monde, et on ne voulait pas aller à Mamoudzou. Quand on a trouvé le local à Combani on a été séduites », raconte Aïna Kamardine, l’une des gérantes du salon de thé. Même son de cloche pour Soalihat Tany, qui tient une boutique de produits cosmétiques appelée So Boutik. « J’ai choisi Combani parce que c’est devenu une zone stratégique et attractive. Le monde qu’il y a en journée me permet d’avoir plus de visibilité. » Installer son entreprise à Combani est une belle opportunité, mais depuis peu, le rêve est devenu un cauchemar.

L’insécurité, un frein pour le développement des entreprises

Le village a tout pour être le nouveau coeur économique de Mayotte. Les entrepreneurs sont prêts à investor, mais l’insécurité qui s’y est installée depuis plus d’un an pousse certains à partir. Les propriétaires de John & Okama’s, arrivées à Combani avec beaucoup d’espoirs, songent à quitter les lieux. « Le contexte sécuritaire a changé, je suis dépitée par la situation, je n’ai pas du tout envie de rester. C’est de plus en plus compliqué de travailler sereinement », dévoile Aïna Kamardine. Les moments d’affrontements entre les bandes rivales de Combani et Miréréni ont un réel impact sur leur rendement. « Pendant les jours de conflits on perd 70% de notre chiffre d’affaires. D’une manière globale, sur l’année 2021, on a enregistré une baisse de 30%. » Une diminution drastique qui remet tout en question car, même lors des instants d’accalmie, la peur de se faire agresser est toujours présente et les clients n’osent pas se rendre au salon de thé. « On est une activité de loisir, les gens ne prennent pas de risque pour cela. Et même si ça reprend petit à petit, ce n’est plus comme avant », regrette Aïna Kamardine. En effet, beaucoup optent pour la vente à emporter et ne profitent pas de l’endroit alors que les gérantes ont consacré du temps pour l’embellir.

D’autres clients demandent la livraison à domicile – lorsque cela est possible – afin d’éviter tout risque, mais tous les entrepreneurs ne peuvent pas offrir ce service. « La plupart de mes clientes demandent la livraison parce qu’elles ont peur de passer par Combani et ça ne m’arrange pas, ce sont des frais supplémentaires », indique Soalihat Tany, la gérante du magasin de cosmétiques. Elle aussi a ouvert sa boutique avec des rêves et des objectifs à atteindre. Aujourd’hui, elle regrette son choix. « Au début j’étais contente, mais maintenant je me demande pourquoi je me suis mise là… »

« Je ne partirai pas, je reste là. »

L’insécurité à Combani est un poids qui assène les entrepreneurs, mais ils n’ont pas l’intention de baisser les bras. « Malgré tout, je ne partirai pas, je resterai là parce que c’est chez moi. Si je pars, je donnerai raison aux délinquants. On doit rester et contribuer au développement de Combani », relativise la gérante de So Boutik. Cette dernière n’est pas la seule à penser ainsi. Thoyrati Bacar, à la tête du snack Matou, voit au-delà de l’aspect sécuritaire et n’a aucun intérêt à quitter Combani. « En tant que restauratrice j’ai tout ici. Je fais mes courses ici et je n’ai pas besoin d’aller à Mamoudzou. Cela me fait gagner du temps », affirme-t-elle. Elle encourage même les autres entrepreneurs à s’installer à Combani. « Il faut plus d’activités et d’entreprises pour qu’il y ait plus de monde qui vienne. Cela sera bénéfique pour tout le monde. La concurrence est parfois positive », continue-t-elle. Voilà un élan d’espoir qui laisse penser que le développement de Combani est sur la bonne voie.

Retrouvez l’intégralité du dossier sur la commune de Combani dans le Mayotte Hebdo n°986

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