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Bilan de la départementalisation à Mayotte : « Que chacun se mette au boulot au lieu de se chercher des excuses avec un débat statutaire inutile »

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Quand la population mahoraise prépare la riposte

Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

À Mayotte, “le confinement a révélé la capacité perverse de certains à faire du mal aux autres sans qu’ils ne s’en rendent compte”

Deux mois de confinement peuvent en dire long sur un individu, mais ils peuvent également dévoiler les pires et les meilleurs aspects d’une société. La crise sanitaire a mis en évidence les failles de la société mahoraise, partagée entre la conscience de certains et l’irresponsabilité des autres. Le sociologue Combo Abdallah Combo nous explique pourquoi il est urgent de tirer les leçons de ce confinement et essayer de changer la donne. 

Camille Miansoni, procureur de Mayotte : “Mon rôle est de protéger la société avant tout”

L’affaire du rapt en Petite-Terre qui suscite l’émoi dans l’ensemble du Département est révélatrice de nombre de maux dont souffre la société mahoraise au sein de laquelle nombre de personnes semblent valider l’idée que l’on puisse se faire justice soi-même à défaut d’une carence supposée de l’État. Le procureur de la République, Camille Miansoni, revient ici sur ces éléments. C’est aussi l’occasion pour lui de rappeler le rôle qu’il occupe et la vision qui l’anime alors que les critiques pleuvent sur sa personne.

Vendredi, le collectif intersyndical de Mayotte s’est fendu d’un post pour le moins vindicatif sur sa page Facebook à l’encontre du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, qui demande un bilan des dix ans de la départementalisation. Et sa présidente, Estelle Youssouffa, tire dans tous les sens. Que ce soit les gouvernements successifs ou les élus locaux, chacun y prend pour son grade. Morceaux choisis.

Le 7 octobre dernier, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a adressé un courrier aux parlementaires, au président de l’association des maires et aux représentants du Département rencontrés rue Oudinot. Le but de cette lettre ? Que chacun d’eux formule d’ici le 15 du même mois des propositions concernant le bilan de la départementalisation, les possibilités de différenciation et la méthode de la consultation. Un souhait du locataire de la rue Oudinot qui a littéralement fait bondir le collectif intersyndical de Mayotte, qui s’est fendu d’un post « assassin » sur sa page Facebook à l’adresse du successeur d’Annick Girardin. Même si cette demande ne date pas d’hier et remonte au 8 septembre, soit une semaine après l’entrevue, « le silence des élus devrait alerter Paris », pour Estelle Yousssouffa, la présidente. « La politique de la chaise vide des Mahorais sur ce débat qui les concernerait au premier chef en dit long sur notre rejet. C’est évident ! »

Concernant la première requête de Sébastien Lecornu, le collectif lui recommande la lecture d’un rapport « cinglant » de la Cour des Comptes pondu en 2016, qui résume les manquements de l’État dans le 101ème département. Pis encore, selon les Sages, les préalables identifiés dès 2008 dans le « Pacte pour la départementalisation » n’ont pas été remplis en temps voulu, à l’instar d’alignement de la réglementation et de la législation applicables, du passage à la fiscalité de droit commun ou encore des problématiques foncières. « Nous savons que certains hauts-fonctionnaires à Paris estiment que Mayotte française est une erreur historique et la départementalisation un cadeau électoraliste : ils bloquent depuis tout investissement, toute avancée, afin de dégoûter notre population de ce statut qui est le fruit d’un long combat », s’insurge Estelle Youssouffa, la porte-parole de ce mouvement né lors de la longue grève de 2018. Avant de s’attaquer frontalement à ceux qu’elle qualifie d’« anti-Mayotte », qui « procèdent anonymement mais efficacement pour nous refuser l’égalité réelle et maintenir le bricolage indigne qui pourrit Mayotte ». À ses yeux, il s’agit ni plus ni moins d’une « guerre d’usure administrative à coups d’exception législative et de non-application des textes sur notre île ». Conséquence de ce statu quo ? L’absence de rattrapage et d’alignement en termes de droits. Un éternel combat qui ne cesse d’être remis sur le devant de la scène lors des mouvements sociaux successifs. En vain… « Nous arrivons ainsi à une coquille statuaire vidée de sa substance par la mauvaise volonté de l’État qui se permet le luxe de dire que c’est la structure qui pose problème ! » Quid alors des élus locaux ? « Ils ont une responsabilité, c’est celle de ne pas avoir haussé le ton face aux manquements. » Prenant pour exemple la Seine-Saint-Denis qui poursuit en justice la Nation pour rupture d’égalité. « Cela devrait inspirer Mayotte. »

Mayotte, interrogée sans relâche sur son appartenance ?

À l’aune de souffler ses dix premières bougies, le 101ème département semble profondément partagé entre ceux qui regrettent leur choix et ceux qui défendent leur décision. « La départementalisation de Mayotte est le fruit de plus de 50 ans de combat politique », rappelle Estelle Youssoufa. Pourtant, certains considèrent que ni la population ni l’État n’était prêt à un tel saut dans le vide. « C’est la petite musique indépendantisto-serrelamain qui saisit la question statuaire pour faire entendre son discours anti-France », lâche sans hésitation la présidente du collectif. Et pour elle, que ce soit la proposition de toilettage institutionnel du sénateur Thani ou le débat sur la départementalisation du ministre des Outre-mer, les deux « vont dans le sens de la différenciation de Mayotte, de son isolement puis de son décrochage définitif de la République alors que notre île demande plus d’égalité, les mêmes droits et devoirs que la métropole ». Le collectif est clair, net et précis sur le sujet : il est hors de question de réécrire la copie qui a été massivement votée le 29 mars 2009, bien au contraire. Idem pour la consultation statuaire prônée par Sébastien Lecornu. « Nous refusons de perdre notre temps dans ces discussions sans fin : nous sommes le seul territoire français que nous interrogeons ainsi sans relâche alors que nous avons tranché », résume-t-elle. Comme si l’immobilisme des derniers gouvernements avait pour but de dégoûter les habitants sur son appartenance, plutôt que de s’attaquer aux investissements structurants dont manque cruellement le territoire. « Nous disons non merci à ce débat inutile et clos alors que Mayotte doit avancer et que les urgences sont nombreuses », peut-on lire sur Facebook. Et effectivement, les chantiers sont pléthoriques, à l’image de celui de l’eau, qui ne cesse de prendre du retard depuis des décennies !

« On n’en veut pas de votre indépendance à la con à la merde ! »

Alors pour « sortir notre île de l’enfer qui l’engloutit », le collectif propose un certain nombre d’idées : placement des délinquants dans des établissements pénitenciaires adéquats en métropole, moyens humains et techniques suffisants aux forces de l’ordre, pressions sur Moroni pour la reprise immédiate des reconduites à la frontière, tenue des promesses successives, déploiement d’un plan cohérent pour se préparer à la deuxième vague contre le Covid-19, transformation du CUFR en une université de plein exercice, création de postes champêtres pour protéger le patrimoine naturel. Des revendications qui reviennent pour la plupart sur le devant de la scène. Que faire pour que les actes prennent enfin le pas sur la parole ? « L’État a toujours cherché des excuses pour ne rien faire à Mayotte. […] Que chacun se mette au boulot au lieu de se chercher des excuses avec un débat statutaire inutile, ça changera », prévient Estelle Youssouffa. Une manière de répéter plus poétiquement la célèbre parole d’un des pères fondateurs de la départementalisation, Younoussa Bamana : « On n’en veut pas de votre indépendance à la con à la merde ! » Une pensée plus que jamais d’actualité, non ?

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