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Non renouvellement des contractuels : baliverne pour le recteur de Mayotte

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Les chauffeurs de la société Matis ont déposé un préavis de grève pour le 18 août, après que le conseil départemental a modifié une clause de l'appel d'offre de marché public du transport scolaire. Dans le dernier texte en date, l'entreprise qui remportera la délégation ne sera plus obligée de reprendre les employés du délégataire sortant. 80 emplois pourraient ainsi être menacés, à l'instar des droits des employés, acquis pour certains depuis 2010.

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La fin de l’année scolaire approche, et avec elle, son lot de problèmes. Comme chaque année, les professeurs contractuels sont évalués, pour une reconduite ou pas de leurs contrats. Mais un intersyndical est monté au créneau dénonçant des pratiques visant à ne pas les renouveler. Des accusations réfutées par le recteur.

Un secret de polichinelle : dans le 101ème département, les professeurs contractuels sont majoritaires. « Ils représentent 57% du corps enseignant selon le rectorat, mais nous pensons qu’ils sont beaucoup plus », précise Yacouba Galledou, secrétaire générale de Sgen-CFDT Mayotte. Aux yeux des organisations syndicales, ils sont tout simplement devenus indispensables à l’Éducation nationale qui peine à embaucher des titulaires. Pourtant, selon l’intersyndical qui s’est créé sur l’île, certains contractuels vivraient des situations d’injustice. C’est la raison pour laquelle il a sollicité le recteur, Gilles Halbout, pour une réunion qui aura lieu le 27 mai. « Nous constatons que les conseillers pédagogiques et certains inspecteurs outrepassent leur rôle d’accompagnateur. Ils [leur] mettent beaucoup de pression. Ils essayent de briser nos collègues, c’est à la limite du mépris alors qu’ils doivent les accompagner », dénonce encore Yacouba Galledou.

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Et l’année 2020-2021 serait particulièrement difficile pour les enseignants contractuels. « Nous avons observé un nouveau phénomène, nos collègues contractuels qui travaillent dans l’enseignement depuis quatre ou cinq ans ne sont pas renouvelés. Les conseillers pédagogiques qui les ont suivis depuis toutes ces années leur disent soudainement qu’ils ne sont pas bons pour ne pas renouveler leurs contrats », accuse le représentant de l’intersyndical. Car au bout de cinq ans de contrat en tant que contractuel, la sixième année est synonyme de contrat à durée indéterminée pour l’enseignant ! À condition d’être bien évalué par l’inspecteur.

Ce sentiment d’injustice s’accompagne à celui de l’abandon. Les contractuels sont des enseignants non formés avant leur prise de fonction. De ce fait, ils doivent passer une série de formations qui les préparent au métier. Et se voient encadrer par un tuteur pour les accompagner. « C’est comme cela que ça passe partout en France, sauf à Mayotte où nous [les] faisons travailler par manque de tuteurs et d’inspecteurs. Et la crise sanitaire a profondément perturbé ce fonctionnement », continue le secrétaire général de Sgen-CFDT Mayotte. Alors ce dernier n’a qu’un seul souhait : que les contractuels soient tous « exceptionnellement » renouvelés pour l’année prochaine. Une requête qui fait doucement rire le recteur…

« Il faut faire ses preuves ! »

À quelques de sa rencontre avec les syndicats, Gilles Halbout sait déjà à quoi s’attendre. « C’est un sujet qui revient chaque année. Nous avons toujours des contractuels qui considèrent avoir été mal évalués. Alors comme les fois précédentes, nous allons étudier tous les dossiers et nous prendrons des décisions au cas par cas », annonce-t-il, en réponse aux désidératas de ses détracteurs. Selon le responsable de l’académie, ces contractuels non renouvelés représentent seulement 2,5% de leur groupe, soit une infime minorité. Si certains seront probablement repêchés, il est hors de question de renouveler la totalité pour le recteur. « Est-ce que c’est souhaitable ? C’est du n’importe quoi ! Je ne veux pas stigmatiser les contractuels, mais certains chefs d’établissements nous disent qu’ils sentent la différence », avoue-t-il. Il n’est pas contre l’idée de donner une nouvelle chance à ceux qui n’ont pas de dossier totalement négatif, quitte à les renvoyer en formation, mais une chose est claire, tout le monde n’aura pas cette chance. « Pour le bien de l’Éducation nationale, il faudra se séparer des autres, parce que tout le monde n’est pas fait pour enseigner. Il faut faire ses preuves ! », martèle Gilles Habout.

Quid alors de la supposée manigance du rectorat pour ne pas attribuer de CDI aux anciens contractuels ? « C’est faux, archi faux ! Nous n’avons aucun intérêt à faire cela, parce qu’à Mayotte, nous avons besoin d’enseignants. Nous avons déjà du mal à recruter alors nous n’allons pas nous amuser à ne pas reconduire ceux qui ont de l’expérience », s’emporte le recteur. Sa politique de fonctionnement est même à l’opposé de ce qui est dénoncé par l’intersyndical puisque depuis sa prise de fonction, les contractuels ont eu la possibilité d’avoir des contacts de deux à trois ans, selon leurs compétences. La réunion prévue jeudi prochain risque de faire des déçus.

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