Couvre-feu : Les commerçants mahorais obligés de se réorganiser à nouveau

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À Mayotte, la préfecture a autorisé le maintien des activités de pêche. Une bonne nouvelle pour le secteur, qui se retrouve maintenant confronté à un problème de stockages des produits frais. Les poissonneries et les coopératives sont aujourd’hui les premières à faire les frais du manque de structures adaptées. 

Couvre-feu oblige, les commerçants doivent revoir leur organisation. Horaires aménagés pour les salariés, baisse du chiffre d’affaires… La nouvelle mesure vient aggraver la situation des entreprises, déjà éprouvées par une année 2020 hors norme.

Ils ont tant espéré ne pas en arriver là. Mais les commerçants n’ont eu d’autre choix que de se plier au couvre-feu instauré sur l’île. Depuis hier, aucun magasin n’est autorisé à rester ouvert au-delà de 18h. Un nouveau coup de massue pour les entreprises déjà frappées par la pandémie en 2020. «Nous aimerions qu’on nous laisse travailler», réclame Marcel Rinaldy, président du groupe 3M. Le couvre-feu vient aggraver le cas déjà bien délicat de l’entreprise, lié à la montée de la violence. «Les horaires habituels sont de 8h30 à 20h, mais à cause de l’insécurité, nous étions déjà passés sur un palier de 19h pour que les collaborateurs puissent rentrer chez eux en toute sécurité. Avec le nouveau couvre-feu nous fermerons les magasins à 17h45 de manière à ce qu’ils puissent prendre la route à 18h munis de leur attestation», explique le chef d’entreprise. Même son de cloche pour la grande distribution alimentaire qui s’adaptera aux différentes situations des employés. «Nous avons mis en place une dérogation pour les salariés. Ils commenceront plus tôt pour finir plus tôt. Les gens de Petite-Terre vont rentrer un peu avant pour pouvoir attraper la barge et être chez eux vers 18h30-19h», détaille Eddy Dorla, directeur du centre commercial Baobab.

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Autre point de vigilance : la fermeture avancée des magasins et donc le besoin de vigilance renforcée sur les sites. Du pain béni pour les entreprises du secteur ! Le directeur de la société de sécurité privée 13e Parallèle, Michel Taillefer, s’en lèche déjà les babines. «Nous travaillons pratiquement avec tous les grands groupes. Ils peuvent nous demander de prendre un poste à 17h au lieu de 19h. Il y aura 2 heures de travail en plus pour l’agent de sécurité mais ce n’est pas un problème. Nous arriverons à gérer.»

Une nette baisse du chiffre d’affaire

Tirer les rideaux plus tôt aura indéniablement un impact sur le chiffre d’affaires de ces entreprises. Le centre commercial Baobab en sait quelque chose… Perdre la clientèle sur le créneau de 18h à 20h ? «C’est entre 15 et 30% de notre chiffre durant ces heures. Le couvre-feu va nous faire mal», redoute Eddy Dorla, le directeur. Le groupe 3M qui a débuté la période de soldes, craint de ne pas pouvoir rattraper son retard. «Nous pensons que les clients vont être pressés de rentrer chez eux et vont privilégier les courses alimentaires. Les commerces en parfumerie, habillement ou bijouterie vont être délaissés. Les ventes seront peut-être reportées le week-end, mais elles ne suffiront pas à rattraper la perte de chiffre d’affaires», indique Marcel Rinaldy.

Gel hydroalcoolique, nettoyages fréquents des chariots, jauges… Les commerçants ont redoublé d’efforts pour assurer la sécurité sanitaire au sein de leurs enseignes. Raison pour laquelle certains ne comprennent pas l’obligation du couvre-feu. «Nous avons mis en place des procédures très strictes. Nous estimons avoir fait suffisamment d’efforts et d’investissements pour que nous nous permettions aujourd’hui de travailler. Donc nous ne comprenons pas trop pourquoi on nous impose cette fermeture. Nous vivons cela un peu comme une injustice», avoue avec regret le président du groupe 3M.

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