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Coup de gueule des commerces non essentiels à Mayotte : « on va crever ! »

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Réunion au sommet ce lundi, entre les différents acteurs économiques et politiques du 101ème département, alors que le rachat de Vindemia, filiale de Casino, par GBH, qui détient 11 magasins Carrefour, doit avoir lieu le 1er juillet. Pour l’instant, ni l’Autorité de la Concurrence, ni le Conseil d’État ne se sont prononcés contre l’opération. Mais après La Réunion, c’est au tour des acteurs mahorais de s’inquiéter de ses conséquences pour la vie économique locale.

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Vendredi à 18h, ils tiraient leurs rideaux pour au moins trois semaines. Les commerces dit non essentiels ont été contraints de fermer suite à l’annonce du confinement. Une mesure qui a du mal à passer auprès des commerçants concernés. Ils estiment vivre une injustice.

C’est un coup de poignard dans le dos et on aura du mal à s’en relever.” Imran, responsable du magasin de prêt-à-porter Zak Boutik, n’a pas d’autres mots pour qualifier la situation dans laquelle il se trouve. Jeudi dernier, il découvrait, comme l’ensemble de Mayotte l’annonce du début du nouveau confinement, instauré dès le lendemain. Une décision qu’il a encore du mal à comprendre. “Ils ne raisonnent pas. Ils auraient dû nous donner un délai pour que l’on puisse au moins nous organiser. La façon dont le préfet a mené la chose m’a agressé, il aurait pu faire autrement”, continue Imran. Les commerçants de la rue du commerce avaient tous espoir d’être épargnés cette fois-ci et y ont cru jusqu’à la dernière minute. “Je ne m’y attendais vraiment pas parce que le gouvernement disait qu’il voulait soutenir l’économie. Ils n‘ont finalement pas tenu leur parole”, se désole Hadjia, gérante du magasin Selfie.

Les gérants avaient d’ailleurs commencé à préparer la période de la Saint-Valentin qui représente une bonne partie de leurs chiffres d’affaires. “On l’attendait, on a renouvelé nos collections car beaucoup achètent durant cette période et maintenant on va la louper”, réalise Hadjia, un pincement au coeur. Fatima, propriétaire du magasin Ethik, et présidente de l’association des commerçants de la rue du commerce, croule sous les vêtements qui s’entassent et qu’elle ne pourra vendre. “On a commencé les soldes pour écouler nos stocks. On a acheté de la marchandise pour décembre, mais elle ne s’est pas vendue parce les fêtes étaient moroses, les gens ne sont pas sortis. Et on a encore nos stocks du premier confinement et là du jour au lendemain on est confinés.” À cela s’ajoute une nouvelle collection qui devrait arriver prochainement. La commerçante se demande où est-ce qu’elle pourra la stocker. Sa réserve est pleine à rabord…

 

Un sentiment d’inégalité entre les commerçants

 

Tous ces commerçants partagent un sentiment d’injustice. Ils sont obligés de fermer leurs boutiques car ils vendent des articles jugés non essentiels, pourtant les supermarchés ne sont pas contraints de fermer leurs rayons de textiles ou d’électroménagers. “Ce n’est pas logique et c’est injuste. On nous demande de faire des sacrifices alors que les grosses entreprises peuvent continuer à vendre. Je comprends que les magasins et rayons d’alimentation soient ouverts mais pas les autres. Les gens iront acheter chez eux et nous on va crever”, s’indigne Fatima, la présidente de l’association des commerçants de la rue du commerce. En effet, pour le moment, les grandes surfaces sont autorisées à garder leurs rayons de produits non essentiels accessibles à tous.

Selon le directeur du centre commercial Baobab, Eddy Dorla, “aucune indication n’a été donnée à ce sujet alors pour l’instant on vend normalement”. Les commerçants concernés ont d’autant plus de mal à comprendre la situation puisque dans l’hexagone, les grandes surfaces ne doivent plus vendre de textiles, d’électroménagers ou encore de livres, afin de ne pas favoriser une concurrence déloyale. La fermeture totale des commerces non essentiels est une pilule qui a du mal à passer car les principaux concernés estiment que d’autres alternatives étaient possibles. “Chez moi, il n’y a jamais foule. Mais vous avez vu ce qu’il se passe à Sodifram, Shopi, Jumbo et compagnie ? C’est là-bas qu’il y a du monde, alors pourquoi est-ce que c’est nous qui devons payer ?”, s’emporte Imran, le gérant de Zak Boutik. La présidente de l’association des commerçants de la rue du commerce affirme qu’ils étaient prêts à faire plus de sacrifices pour rester ouverts. “Le préfet aurait pu nous demander de ne faire entrer qu’un nombre limité de clients par boutique. On l’aurait fait de la même manière que l’on a respecté toutes les règles imposées pour assurer la sécurité sanitaire.

 

Trouver un plan B pour amortir les frais

 

Le “quoi qu’il en coûte” assuré par le président de la République devra une nouvelle fois faire ses preuves. Des aides ont été promises, mais cela ne sera pas suffisant selon les commerçants qui doivent fermer. “Malgré les aides, je ne suis pas sûre que certains puissent rouvrir après ce confinement”, redoute Fatima. Alors pour essayer de sortir la tête de l’eau, certains vont s’assurer une visibilité sur les réseaux sociaux. “Je vais prendre en photo mes articles et les mettre sur notre page Facebook. Ensuite, si une personne est intéressée, on lui proposera un rendez-vous en magasin pour acheter”, indique Hadjia, la gérante de la boutique Selfie. Une stratégie qui est vouée à l’échec selon Fatima puisque “logiquement, les gens ne sont pas supposés sortir pour acheter des habits. Et on ne pourra pas non plus les livrer”. Tous redoutent un prolongement du confinement, un scénario catastrophique pour eux. “On est comme une bougie qui éclaire mais qui en même temps fond et va finir par disparaître”, conclut Imran, tout en espérant ne pas avoir raison.

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