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Religion | Des cadis dérapent

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Le voulé: toute une histoire

Amical, politique, pédagogique, sportif ou encore électoral, mais toujours festif : à mayotte, le voulé se consomme à toutes les sauces. mais si l'évènement est courant, pour ne pas dire obligatoire, peu savent à quand il remonte et quelles sont ses racines.

Tradition : la circoncision, ça se fête ! 1/3

On entend un peu tout sur la circoncision, affolant parfois certains et heurtant d'autres cultures. Les anciens sont pour, les nouvelles générations aussi, mais à condition que la pratique soit fiable et exercée par un professionnel de la santé, loin de ce qui se faisait jadis. D'autres plus réticents s'interrogent : Est-ce dangereux ? Pourquoi le jeune garçon doit être circoncis ? Comment se déroule l'acte ? Et de l'autre côté, qu'en est-il des événements religieux et culturels en lien ? Mais en fait, tout simplement, la circoncision, quésaco ? Quelle place tient-elle dans notre société mahoraise ? Autant de questions qui subsistent. Réponses dans notre série de la semaine.

 

« J’ai mis du temps à réaliser que je devenais une prostituée »

À 25 ans, Naima* est maman d'un garçon de dix ans. Ayant arrêté l'école au collège après sa grossesse, l'habitante de Trévani, originaire de Koungou, n'a jamais travaillé. Les écueils de la vie l'ont mené petit à petit à se prostituer durant quelques années pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Depuis un peu plus d'un an, Naima a pris un nouveau tournant : elle ne fréquente plus ses clients et suit une formation professionnalisante dans l'espoir de trouver rapidement un emploi. 

A l’initiative du lycée d’enseignement adapté Espérance, établissement privé géré par les Apprentis d’Auteuil, des cadis, un prêtre et un pasteur ont répondu aux questions des élèves sur les deux grands monothéismes mercredi dernier. Mais lors des échanges, certains cadis ont tenu des propos en contradiction avec les lois et valeurs de la République.

 

L’initiative est excellente, elle provient du lycée d’enseignement adapté (LEA) Espérance, établissement privé géré par la fondation catholique Apprentis d’Auteuil. L’idée : organiser un échange interreligieux en invitant des représentants des religions chrétiennes et musulmanes à répondre aux questions des élèves (entre 11 et 18 ans) sur les deux grands monothéismes. Pourquoi l’islam interdit-il de manger du porc et de boire de l’alcool ? Pourquoi la femme doit-elle être voilée ? Pourquoi la femme représente-t-elle le péché originel dans la religion chrétienne ? Un non-musulman peut-il aller au paradis ? Les enfants ont préparé ces questions sous l’égide de leurs professeurs en vue de l’échange de mercredi  et les réponses qu’ils ont obtenues de la part de certains représentants religieux ont laissé une partie de l’assistance absolument coite.

 

« J’étais venu pour entendre parler de tolérance (…) »

 

Les échanges se sont déroulés dans une ambiance tout à fait courtoise. « Il s’agit d’un échange fraternel » qui vise « à comprendre comment chacun vit sa foi », avait expliqué en préambule le Père Bienvenue. Si l’écoute a été totale et les élèves attentifs, et si certaines questions très généralistes n’ont posé aucun problème, les propos tenus par certains cadis, notamment celui de Pamandzi, ont dus faire l’objet de rectifications de la part de la direction du LEA Espérance.

En effet, à la question posée par une jeune élève : « Pourquoi la femme doit-elle être voilée ? », un des cadis a répondu en substance que lorsqu’une femme « est mal habillée, les garçons la sifflent et lui disent des bêtises ». Un autre représentant de la foi musulmane a ajouté qu’une tenue légère était « une forme de provocation » et que les « voyous » draguaient logiquement « les femmes qui portent des collants serrés ». A ce moment, le directeur de l’établissement, Antoine Duhaut, a estimé devoir intervenir afin de rappeler les valeurs républicaines (notamment l’égalité entre les hommes et les femmes et le droit de s’habiller en toute liberté sans être jugé) et leur primauté sur toute règle religieuse contradictoire.  Julien Dos Santos, professeur d’éducation sportive de l’établissement, avait déjà quitté l’assistance, excédé : « J’étais venu pour entendre parler de tolérance et je n’entends parler que d’interdits depuis le début ».  

Sur la question de la circoncision, le directeur est également intervenu pour contredire les propos d’un cadi qui affirmait que les médecins avaient déclaré que cette pratique « protégeait des maladies sexuelles ». 

 

L’histoire entre Mitterrand et Anne Pingeot « immonde » 

 

Mais le grand tollé a eu lieu au moment de la question « bonus » posée par les adultes et qui concernait la polygamie : « Pourquoi les hommes musulmans sont-ils polygames ? » Réponse d’un des cadis : « L’islam n’a pas froid aux yeux, il sait que l’homme s’éparpille un peu. Plutôt que d’encourager l’adultère, il autorise la polygamie. » Et le cadi de comparer : « Dans la société occidentale, il y a pire. En 2017, les lettres entre Mitterrand, un homme marié, et sa maîtresse, avec qui il a eu un enfant en dehors du mariage, ont été publiées. Toute la France a jubilé sur cette histoire qui est immonde.» Un autre cadi renchérit : « Personne ne peut résister à une seule femme. Avant, les hommes avaient 100 femmes, 300 femmes. L’islam a posé une limite : ce sera 4. » Sur la nécessité de la polygamie : « Il y a des hommes qui ont une grande forme physique. Donc, la polygamie, c’est pour vous sauver, vous, les femmes. » Et le grand final, prenant à partie les jeunes filles de l’assistance : « Est-ce qu’il est préférable d’épouser un homme marié plutôt que de devenir une fille publique ? Si un homme vient vous demander ça, je vous conseille d’accepter. » 

 

Coincés au 7ème siècle

 

Si les autres adultes en présence ont laissé les cadis étayer leur avis sur la question de la polygamie , ils ont très vite repris la main : le directeur du LEA Espérance, en rappelant qu’on pouvait également ne pas se marier et que la polygamie était interdite en France ; le Père Bienvenue en expliquant que pour résister à la tentation de l’infidélité, il y avait également le combat spirituel et les enseignements de Dieu ; et, enfin, le CPE de l’établissement, Mmadi Youssouf, qui a déclaré : « Moi, j’ai une seule femme et cela me suffit », sous les applaudissements des enfants. Le conseiller pédagogique a également recommandé aux cadis « qu’en tant que responsables de l’éducation des enfants, vous mettiez les loupes de maintenant et non les loupes du 7ème siècle », avant de clore le débat. 

« Il y a des divergences mais l’important est d’échanger », a tempéré Antoine Duhaut, « mais avec les valeurs de la République, l’égalité entre les hommes et les femmes, et entre les peuples ». A ce titre, et au vu des échanges, l’on est en droit de se demander comment sont formés les 19 cadis payés par le Conseil départemental et s’ils suivent le Diplôme universitaire « Valeurs de la République et religions » proposé au centre universitaire de Dembéni. 

 

 

 

 

 

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