Des destructions de bangas qui virent à l’émeute

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Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

Attaquée de toutes parts à Mayotte, Panima tente de riposter

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On le sait, le confinement à Mayotte est rendu d’autant plus difficile qu’une grosse partie de la population vit dans des habitations insalubres, dénuées du confort élémentaire. Dans une publication diffusée hier, l’Insee rappelle quelques chiffres parlants. Résumé point par point.

Depuis quelques mois, la zone qui se situe sur les hauteurs entre Passamaïnty et Tsoundzou est en proie à une urbanisation massive et incontrôlée. La municipalité craint que les décasés du Sud trouvent une solution de relogement dans ces zones où les bangas pullulent sans discontinuer. “c’est une vraie catastrophe cette zone”, explique un élu municipal.

La mairie a identifié une zone en particulier où se trouve des bangas en tôle, et un peu plus loin une zone connue pour être un squat de jeunes qui opèrent toutes sortes de trafics. “C’est une zone à éviter”, nous confie un habitant. Un conflit existe aussi entre la municipalité et un habitant de l’endroit, qui a déjà proféré plusieurs menaces de mort.

Ce matin-là les agents des services techniques sont arrivés avec leur tractopelle et un camion plateau, encadré par la police municipale. Mais rapidement, ils se sont trouvés confrontés à une vingtaine de jeunes hostiles qui leur lançaient des morceaux de granit, bien coupant. Les délinquants les ont vite mis en fuite, abandonnant leurs véhicules. Les policiers municipaux n’étaient en effet pas assez nombreux ni équipés pour contenir des émeutiers.

La police nationale est rapidement arrivée sur place, mais les délinquants avaient déjà mis le feu aux véhicules de la mairie. Une femme a été blessée par un jet de pierre. Par la suite, le groupe de jeunes, tee-shirts sur le visage et armes improvisées dans les mains ont joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre. Courant dans les dédales du village informel où bananiers, bangas en tôle et raccordements sauvages aux réseaux se chevauchent à perte de vue. Certains jeunes ont crié à plusieurs reprises un absurde “allahou akbar” en lançant des pierres sur les forces de l’ordre, tandis que les policiers répliquaient à grands coups de grenades lacrymogènes.

Les émeutiers sont ensuite descendus des hauteurs pour gagner la route de Tsoundzou et enflammer des palettes en bois sur la route.

Certains affirment qu’ils ont essayé de s’en prendre à la station-service. Des véhicules de particuliers ont aussi été caillassés. Finalement, l’hélicoptère de la gendarmerie est arrivé et les gendarmes ont levé les barrages installés sur la route de la mangrove. La situation s’est détendue en début d’après-midi.

Les causes de cette flambée de violence ne sont pas clairement identifiées. Il pourrait s’agir d’une réaction à la vague d’expulsions en cours, mais on suppose aussi que les agents municipaux ont pu “déranger” un trafic d’objets volés. À ce titre, plusieurs personnes se sont faites cambrioler dans la zone la veille au soir, dont un monsieur qui fouillait les bangas abandonnés sur les hauteurs, à la recherche de sa moto, volée la veille.

Adrien Theilleux

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