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La musique, un art très présent, mais encore trop peu structuré à Mayotte

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Les acteurs mahorais du spectacle restent dans la tourmente : alors que le gouvernement a déployé des aides aux intermittents lésés par l’annulation des événements culturels, leurs homologues locaux ne pourront pas y prétendre, ce statut juridique n’existant pas au sein du 101ème département. 

Flou artistique autour des arts de la scène

Les artistes et intermittents du spectacle ne peuvent, à Mayotte, prétendre au statut juridique spécifique pourtant de vigueur en métropole, du fait de l’application tardive du droit du travail dans le 101ème département. Une situation qui complique encore un peu plus l’avenir de ces professionnels, souvent écartés des décisions politiques.

 

L’île aux parfums comporte un grand nombre de musiques traditionnelles dont certaines sont uniques dans la région. Pourtant, très peu de structures sur l’île enseignent cet art et Musique à Mayotte, créée en 1998, reste à ce jour la seule et unique école de musique du territoire. Cécile Bruckert, la directrice, coordonne une équipe de 16 salariés chargés d’assurer la formation musicale des enfants et des adultes. Une bien petite structure pour un territoire de près de 300.000 habitants.

Nichée en haut du quartier des cent villas, à l’angle du grand virage vers Cavani, l’école Musique à Mayotte est assez discrète. Il faut dire qu’à l’origine, le bâtiment n’est qu’une simple maison individuelle, transformée en école de musique associative à la fin des années 90 sous l’impulsion de trois familles métropolitaines. « À l’époque, il n’y avait aucune structure d’enseignement de la musique sur le territoire et nous souhaitions que nos enfants puissent continuer leur formation dans ce domaine », raconte Cécile Bruckert, la directrice et la seule co-fondatrice de l’association à être restée sur l’île. « Depuis, l’école a bien changé et accueille désormais une majorité d’élèves mahorais dont les parents ont pris conscience de l’importance de l’éducation musicale », poursuit celle qui compare la musique à « un médicament ». « La musique, et plus généralement la culture, peut remédier à beaucoup de choses dans les domaines émotionnels, sociologiques et identitaires. C’est un langage international qui permet aussi de travailler les mathématiques. »

Malheureusement, force est pour Cécile Bruckert de constater que « les collectivités n’ont pas décidé d’en faire un enjeu de société ». La musique, quasi toujours associée à la danse, a pourtant toujours été très présente sur l’île à travers le debaa, le chigoma ou encore le wadaha pour ne citer que ces trois exemples. Les institutions ont d’autre priorités et les domaines culturels se retrouvent bien souvent relégués à l’arrière-plan. Qu’à cela ne tienne : l’association Musique à Mayotte continue d’avancer ses pions pour faire progresser l’enseignement de la musique appuyée en cela par la direction des arts et de la culture (DAC). « En 2017, nous avons signé la première convention triennale avec la DAC pour la démocratisation des enseignements », explique la directrice. Musique à Mayotte a ainsi contribué à mettre en place l’option musique au collège de M’Gombani et dispense un enseignement musical aux enfants de l’école primaire Boboka (Mamoudzou centre) à partir du CE1. « Ces établissements étaient les plus proches physiquement de notre école et ils restent relativement raisonnables en termes de nombres d’élèves. En tant que petite structure, nous ne pouvons malheureusement pas nous déployer partout, mais nous touchons quand même environ 300 enfants », se félicite Cécile Bruckert.

Un potentiel énorme de musiciens sur l’île

« Il y a un potentiel énorme de musiciens sur l’île, pourtant seuls trois ou quatre ont réussi à suivre la formation musicale indispensable pour se faire connaître à l’international », déplore la directrice de l’école de musique. Il faut dire que Mayotte est une culture de tradition orale et qu’à l’origine la musique ne s’écrivait pas. « La mémorisation est à double tranchant : d’un côté, elle permet une forme de liberté, d’improvisation ainsi qu’un sens du jeu collectif, mais le risque est de voir le patrimoine mémorisé disparaître au fil des générations si la transmission ne se fait plus », explique-t-elle. « C’est pour cela que nous incitons beaucoup les musiciens à apprendre à lire et écrire la musique et que nous effectuons des recherches sur les musiques traditionnelles de l’île. »

Si l’école offre un enseignement classique et jazz « comme au conservatoire » (Musique à Mayotte est affiliée à la confédération musicale de France), l’association s’inscrit dans son environnement régional avec des enseignants venant de toute la zone sud-ouest de l’océan Indien. Si des similitudes entre la musique de la région et la musique mahoraise sont évidemment à noter, le 101ème département possède également un patrimoine musical unique qu’on ne retrouve ni dans les autres îles de l’archipel des Comores ni à Zanzibar, comme le debaa, par exemple.  Cela fait de nombreuses années que la structure participe à la préservation du patrimoine musical en collectant notamment des enregistrements. « Certaines choses ont déjà été perdues avec le décès des anciens. L’urgence de la préservation du patrimoine n’a malheureusement pas été perçue à temps », regrette Cécile Bruckert. Le travail de recherche, également soutenu par la DAC, se poursuit néanmoins et, dans le hall de Musique à Mayotte se trouve déjà une jolie collection d’instruments locaux. Une pépinière pour produire les matières premières nécessaires à leur fabrication a même été installée dans le jardin de l’association et des ateliers de fabrications sont régulièrement organisés avec les élèves de l’école.

À long terme, le travail de formation musicale offert par Musique à Mayotte a pour ambition de relier la musique mahoraise à la musique internationale en la fixant sous une forme écrite (sans pour autant négliger l’improvisation) et en contribuant à la professionnalisation des musiciens. « Nous souhaitons montrer aux musiciens mahorais qu’il est possible de vivre de son art, même si cela reste un chemin difficile », déclare la directrice qui, depuis 1998, a perçu un net changement des mentalités. « Les parents mahorais ont désormais un autre regard sur la musique. Avant, la notion de « haram » était un frein puissant pour la formation des enfants, surtout concernant les filles que les parents laissaient très difficilement jouer sur scène. Maintenant, les mentalités se sont détendues, surtout depuis que les Mahorais ont compris que notre école intégrait complètement leur culture », conclut Cécile Bruckert.

 

L’importance de la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique

musique-art-present-trop-peu-structure-mayotteMichel Mey, le directeur régional océan Indien de la Sacem (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) est présent sur l’île jusqu’à ce mercredi 26 avril. Il tient une permanence de 17h à 19h dans les locaux de Musique à Mayotte afin d’informer la façon d’adhérer à cette société. « L’adhésion à la Sacem ne coûte que 100 euros à vie et assure une véritable protection des œuvres musicale pour les artistes », explique-t-il, surpris de constater que si peu de musiciens mahorais y adhèrent.

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