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Salama Youssouf, un parcours exemplaire pour la première notaire mahoraise

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Son nom vous est peut-être inconnu mais Salama Youssouf est entrée dans l’histoire de Mayotte depuis peu. Elle est désormais la première notaire mahoraise du pays. Cette acharnée du travail au parcours sans faute ambitionne de grands projets pour son île natale, dans l’espoir d’ouvrir la voie à d’autres Mahorais.

Combien de notaires mahorais existe-t-il à Mayotte ? Un seul et il s’agit d’une femme. Salama Youssouf, 34 ans, a été officiellement nommée notaire en décembre 2020, après plus de 5 ans d’exercice. Pourtant au départ, le notariat ne l’attirait pas. Après son baccalauréat, elle se tourne vers des études de droits, une évidence pour cette amoureuse de la politique. Elle rêve de travailler dans le milieu mais à l’issue de sa première année d’université, ses idées s’éclaircissent. « J’ai changé mon fusil d’épaule car la façon de pratiquer la politique me dérangeait », affirme Salama Youssouf. Après avoir songé au métier d’avocat, elle finit par s’intéresser au notariat. Master de droit en poche, elle se consacre aux formations notariales pour une raison bien précise. « La grosse problématique du foncier à Mayotte m’a incitée à faire ce choix », indique la notaire.

Mais son parcours ne sera pas de tout repos. Salama le sait, le monde du notariat est très fermé. La plupart du temps, ceux qui sont dans le milieu favorisent les membres de leurs familles. « Quand je me suis lancée, je me suis même demandée ce que je faisais parce que je ne connaissais personne dans le milieu et dans ma promo j’étais la seule dans ce cas. Les autres avaient un avenir tout tracé alors que je me lançais dans le vide », raconte-t-elle. Mais il en faut beaucoup plus pour la décourager. Malgré ses chances infimes d’être accueillie dans un cabinet, l’étudiante qu’elle était termine ses études et fait des demandes de stage à différents endroits. C’est finalement l’étude notariale Popineau à Mayotte qui lui ouvre ses portes en 2015.

Aujourd’hui le cabinet l’a nommée notaire. « Après les études on est diplômé mais tant qu’on n’est pas nommé par un office notarial on ne peut pas exercer en tant que notaire », précise-t-elle. Aujourd’hui elle se dit reconnaissante de la confiance accordée par le groupe Popineau, puisque, comme elle le dit si bien, « ce n’est déjà pas facile d’entrer dans le milieu, encore moins quand on s’appelle Salama Youssouf. » Elle a pu également compter sur le soutien infaillible de sa famille. « Elle a été mon pilier durant toutes ces années. Sans elle j’aurais tout lâché, parce que c’était dur et il y a eu des moments de doutes » admet la jeune femme.

 

De grandes ambitions face à une réalité mahoraise

 

Comme la majorité des professionnels, Salama Youssouf débute en bas de l’échelle en tant que clerc rédacteur. Mais sa motivation et son ambition feront évoluer sa carrière assez rapidement. « J’ai voulu sortir de ma zone de confort. J’ai demandé à mon cabinet de me donner autre chose à faire parce que je voulais évoluer et devenir notaire. Ils ont accepté, et j’ai traité des cas des droits des affaires, créé des sociétés etc », soutient-elle.

Derrière cette envie d’évoluer rapidement se cache l’ambition d’apporter sa pierre à l’édifice à la construction de Mayotte. Salama sait que la question du foncier sur le département est un problème ancré depuis des décennies. « Cela impacte le développement du territoire. Les gens ne peuvent pas faire leurs projets parce que les terrains sur lesquels ils veulent travailler ne sont pas en règle. Ils n’ont pas de titres de propriété, la banque refuse donc de les aider et le projet est bloqué », explique la notaire. Tout le monde doit mettre la main à la patte pour régler ce problème à Mayotte. Salama invite donc les jeunes à s’engager comme elle dans le notariat. « C’est vrai que c’est difficile mais il ne faut pas que ça nous freine » insiste la jeune femme.

De quoi faire aussi évoluer le métier de notaire à Mayotte puisque, pour l’instant, il n’existe aucun cabinet notarial mahorais. Ils sont tous basés à l’île de La Réunion. Et la situation n’évoluera pas tant que leterritoire n’aura pas de chambre de notaire propre. « C’est ce qui m’empêche de créer mon étude. Mais paradoxalement nous n’avons pas de chambre parce qu’il n’y a pas assez de cabinets », souligne Salama Youssouf. C’est donc le serpent qui se mord la queue. Mais Salama ne perd pas espoir. Elle l’assure, Mayotte est son île et elle y restera. Le territoire est amené à se développer, et les jeunes mahorais sont de plus en plus ambitieux. Un début d’espoir pour la première notaire mahoraise.

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