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Le secrétaire national et la trésorière de la convention pour le renouveau des Comores avaient saisi la justice accusant l’ancien secrétaire général adjoint du gouvernement, Mahamoud Salim Hafi de diffamation et diffusion de nouvelles fausses après avoir incriminé le parti au pouvoir dans une affaire de blanchiment présumé de capitaux.
Après un seul renvoi, accordé à la défense le 24 septembre, l’audience du procès pour diffamation contre Mahamoud Salim Hafi, a eu lieu, hier devant le tribunal correctionnel. Cet ex-secrétaire général adjoint du gouvernement répondait à une citation directe, du parquet saisi par le parti au pouvoir, la convention pour le renouveau des Comores (Crc). Le secrétaire national et la trésorière de cette même formation politique, à savoir Youssoufa Mohamed Ali et Najda Said Abdallah s’étaient également constitués dans ce dossier dont les charges retenues sont l’injure, la diffamation et la diffusion de fausses nouvelles. Dans une émission diffusée le 17 septembre par le média social, Fcbk Fm, Salim Hafi avait fait des révélations fracassantes, assurant qu’un compte bancaire du parti au pouvoir domicilié à Exim Bank Comores, faisait l’objet de transactions financières « suspectes ».
Des sommes importantes d’argent étaient selon lui virées à des particuliers, entre 2023 et 2025. Pendant cette interview, l’ancien ministre de l’éducation avait estimé que Youssoufa Mohamed Ali, actuel directeur de cabinet du Président de la République chargé de la défense et Najda Said Abdallah, directrice de la société nationale de distribution d’eau, devaient rendre des comptes en leurs qualités de signataires. Quatre jours après cette sortie médiatique, Mahamoud Salim Hafi recevait une assignation à comparaitre. Au départ, il avait refusé de la prendre avant de se raviser. Mais hier, pendant l’audience, le procès n’a malheureusement pas permis de faire ressortir de nouveaux éléments, en dehors de ceux divulgués le jour de l’émission.
« Aucune réponse à donner «
Le délibéré est attendu le 26 novembre prochain. Le prévenu qui n’a jamais occupé une fonction au sein de son parti politique refusait de répondre à certaines questions des membres du tribunal. » Je n’ai aucune réponse à donner « , a déclaré Hafi après la déclinaison de son identité même s’il dit assumer tout ce qu’il a raconté pendant son entretien. » Je n’ai diffamé personne. J’ai mentionné des personnalités qui avaient des responsabilités au sein de la Crc. Je n’ai insulté personne« , a-t-il poursuivi dans sa défense, quand le président de l’audience a cherché à savoir s’il considérait que ses propos étaient susceptibles de constituer de la diffamation. A propos de l’existence ou pas d’un compte du parti au pouvoir domicilié à Exim Bank Comores, qui servirait à blanchir de l’argent, l’ex-patron de la télévision nationale n’a ni confirmé ni infirmé à la barre. Au lendemain de la diffusion de l’émission, la banque a sorti un communiqué pour démentir tous les propos l’incriminant les qualifiant de « mensongers ».
Mais c’est surtout le courrier adressé au parti au pouvoir par Exim Bank qui interroge. » L’émission a été publiée le 17 septembre vers 21h. Dans sa lettre de réponse, la banque informe le parti au pouvoir qu’à la suite d’un courrier reçu le 17 septembre, elle confirme qu’aucun compte bancaire au nom de la Crc y est ouvert dans ses registres. On se demande comment cela a pu être possible. Ou qu’on nous dise si Exim Bank travaille jusqu’à minuit car après 21h la Crc n’a pas pu saisir Exim Bank jusqu’à recevoir une réponse le lendemain« , souligne, l’avocat de Mahamoud Salim Hafi, Maitre Assadillahi Abdou qui a clamé l’innocence de son client. Pendant les débats, le ministère public n’a posé aucune question. Fait rarissime pour être souligné surtout que le parquet est celui qui a autorisé l’engagement de poursuites contre le prévenu.
Aucune question du parquet
Dans ses réquisitions, le ministère public a juste rappelé les articles qui punissent les infractions de diffamation, injures et diffusions de nouvelles fausses et a demandé seulement « l’application de la loi ». L’article 237 du code pénal punit la diffamation d’une peine d’un à 6 mois et d’une amende allant de 300 à 600 euros. Notons que les deux principaux plaignants n’étaient pas présents à l’audience mais avaient désigné des représentants qui n’ont rien apporté au débat. Pendant ses plaidoiries, la partie civile a déploré l’absence des preuves que le prévenu aurait dû présenter pour étayer ses affirmations. Jusqu’ici, M Hafi n’a jamais donné un numéro de compte bancaire, ni les sommes exactes objets des mouvements pas nets qu’il dénonçait. » Ce n’est pas à moi d’apporter des preuves c’est plutôt l’inverse« , a rétorqué au tribunal, Hafi, habillé en costard gris et basket noir. Il a d’ailleurs refusé de répondre à toutes les questions de la partie civile pendant toute la durée des débats.
Un comportement que l’un des avocats du cabinet engagé pour défendre le parti au pouvoir a déploré. Aux membres du tribunal en revanche, Mahamoud Salim Hafi a expliqué avoir eu recours à une émission publique pour balancer ses révélations car les concernés rechignaient à procéder à un bilan et un audit avant même l’expiration de leurs mandats au sein du bureau de la Crc. Élu en août 2023 pour trois ans, celui-ci ne serait plus légitime selon Hafi. « Certaines règles régissant le parti ne sont pas respectées. J’ai fait ces déclarations pour alerter les sympathisants du parti et la population sur ce qui se passe au sein du parti. Et je ne regrette rien« , dixit Hafi qui ne fait l’objet d’aucune sanction au sein du parti au pouvoir malgré la gravité de ses propos. Toutefois sur le volet judiciaire, la plainte déposée par Exim Bank a donné lieu, depuis le 1er octobre à l’ouverture d’une information judiciaire pour diffamation et diffusion d’informations fausses. Mahamoud Salim Hafi est placé sous contrôle judiciaire.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??



































