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Le député communiste Jean-Paul Lecoq ne tirera aucun orgueil de sa posture hostile à l’idée d’une Mayotte française et de son attitude dédaigneuse à l’égard de Zéna Mdéré, la cheffe de file des Chatouilleuses. Figure emblématique pour plusieurs générations de Mahoraises et de Mahorais, la leader charismatique verra sa mémoire honorée avec un faste particulier en octobre 2026, à l’occasion de l’anniversaire de son décès. La municipalité de Pamandzi, où elle a longtemps résidé, entend redoubler d’efforts pour se démarquer de ce débat politicien et miser sur la transmission et le devoir de mémoire au profit des jeunes générations.
En milieu de semaine prochaine, la commune de Pamandzi accueillera des Mahoraises et des Mahorais venus de tout l’archipel pour la traditionnelle commémoration du décès de Zéna Mdéré. Une fois de plus, la cheffe de file du commando des Chatouilleuses, qui a contribué à faire échec aux ambitions des leaders indépendantistes comoriens avant 1975, sera célébrée en grande pompe. Elle recevra les hommages posthumes de plusieurs générations de Mahoraises et de Mahorais, en reconnaissance de son combat en faveur du maintien de Mayotte au sein de la République française.
Si ces festivités ont toujours constitué une tribune d’expression pour les responsables politiques, les associations et diverses personnalités engagées dans le développement économique, culturel et social de l’archipel, elles revêtiront cette année une dimension particulière. Ainsi en a décidé la municipalité de Pamandzi il y a deux jours.
La commune entend donner un éclat particulier à cette manifestation, en complément du traditionnel Maoulida ya Shenge, en mettant l’accent sur le devoir de mémoire et la transmission aux nouvelles générations mahoraises du sens et de la portée du combat des Chatouilleuses, mené notamment sous la conduite de Zéna Mdéré.
Si le programme définitif n’est pas encore arrêté, des sources bien informées ont indiqué à la rédaction de Flash Infos que « la ville de Pamandzi réfléchit à un événement qui marquera les esprits à travers plusieurs actions susceptibles de s’étaler sur deux jours, les 27 et 28 octobre 2026. Différents lieux et quartiers de la commune pourraient accueillir des activités à caractère éducatif et culturel, afin d’instruire les plus jeunes sur la signification et la portée réelle du combat politique de Zéna Mdéré ».
Ces activités pourraient être retransmises en direct sur les ondes des médias locaux et diffusées dans le monde entier grâce aux réseaux sociaux. La municipalité travaille actuellement à la mise en place de ce dispositif de communication, avec pour objectif d’ancrer durablement dans les mémoires l’histoire et le combat des célèbres Chatouilleuses. Celles-ci avaient d’ailleurs été citées en exemple, il y a quelques mois, sur le plateau d’une chaîne de télévision nationale par Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, qui s’était montré admiratif de leur méthode de lutte non violente.
Une mauvaise graine implantée dans l’esprit des jeunes Français depuis les bancs des universités et des grandes écoles
Si la commémoration de l’anniversaire du décès de Zéna Mdéré est désormais inscrite dans l’agenda culturel et politique annuel du territoire, notamment chez les partisans de Mayotte département français, l’importance particulière que Pamandzi entend donner à cet événement cette année peut être interprétée comme un pied de nez aux personnalités politiques nationales de l’extrême gauche, de la gauche caviar et du bloc central de droite.
Ces dernières se sont opposées, il y a quelques jours à peine, à l’Assemblée nationale, à Paris, au projet de loi déposé par la députée mahoraise Anchya Bamana (RN), visant à faire entrer Zéna Mdéré au Panthéon.
Aussi discutable qu’ait pu être cette proposition, les habitants de Pamandzi, comme ceux du reste de Mayotte, ont très mal accueilli les arguments avancés par les élus de gauche hostiles à cette initiative, qui visait à honorer la figure emblématique du combat pour le maintien de Mayotte dans le giron français.
Du haut de ses 70 ans, Mme Hadidja, qui habite dans le quartier des Décasés, comme y résidait autrefois Zéna Mdéré, s’insurge contre les propos tenus par le député communiste Jean-Pierre Lecoq lors des récents débats sur ce projet de panthéonisation à l’Assemblée nationale.
« On a bien remarqué que cet homme ne connaissait rien de Mayotte et que ses arguments étaient irréalistes. Ils étaient teintés de racisme antinoir, comme si, par sa seule couleur de peau et ses origines mahoraises, Zéna Mdéré ne méritait pas d’entrer au Panthéon. Ce qui me chiffonne, c’est que je ne vois guère ce que ce député communiste a fait dans sa vie qui soit plus glorieux et plus favorable aux intérêts français que le combat de Zéna Mdéré. Dans ses attaques prétendument anticolonialistes, on voyait le reflet des échecs successifs de ces idéologies, aujourd’hui obsolètes, nulles et non avenues. »
Ces propos relancent le débat dans l’opinion publique mahoraise, qui n’a toujours pas digéré les positions exprimées par certaines personnalités politiques nationales lors de cette discussion, il y a à peine deux semaines.
C’est précisément cette perception que les habitantes et les habitants de Pamandzi entendent combattre démocratiquement, en mettant en valeur leur histoire et en transmettant cet héritage aux jeunes générations.
« Mayotte et ses personnalités historiques n’ont en rien démérité à la suite de ce vote négatif de l’Assemblée nationale. Il faut y voir une certaine forme de négation de l’apport mahorais et ultramarin à la construction de la République. Un apport significatif que certains compatriotes de l’Hexagone, dont les actions sont en réalité insignifiantes, dénient, par esprit chagrin, à d’illustres acteurs de l’histoire de France, dont le seul démérite est d’être nés dans les Outre-mer. »
« C’est l’une des réalités de notre nation. Il faut faire avec, tout en combattant une telle vision réductrice de la France. C’est une très mauvaise façon de voir les choses et, malheureusement, cette mauvaise graine est implantée dans l’esprit des jeunes Français depuis les bancs des universités et des grandes écoles. La réalité du monde est aux antipodes de cela, nous le savons tous, et la France le paie très cher dans ses relations avec d’autres parties du monde en ce moment », explique un ancien conseiller général de Pamandzi, qui a souhaité garder l’anonymat.
Une « gifle républicaine et démocratique » contre l’extrême gauche hostile à Mayotte à l’Assemblée nationale
Une chose est certaine : pas une miette des différentes positions exprimées lors de ce débat à l’Assemblée nationale n’a échappé aux habitants de la ville où résidait Zéna Mdéré.
La mobilisation autour des festivités à venir ne relève pas uniquement des autorités municipales et des instances politiques. Pour différentes composantes de la Petite-Terre, elle se veut une réponse appropriée, voire « une gifle républicaine et démocratique », adressée aux parlementaires dont les propos ont été jugés dédaigneux à l’égard de Mayotte lors de ces débats.
Joint par la rédaction de Flash Infos vendredi soir, Youssouffou Maandhui, le maire de Pamandzi, a confirmé qu’il travaillait actuellement avec son conseil municipal à l’organisation d’une commémoration inédite de l’anniversaire du décès de Zéna Mdéré.
Pour la plupart des habitants de Pamandzi, il ne fait aucun doute que la cheffe des Chatouilleuses doit être plus que jamais célébrée dans l’ensemble de l’archipel mahorais, au même titre que ses compagnons de route et de combat, quels qu’aient été leurs apports individuels ou collectifs à la lutte qui a conduit le peuple mahorais à exprimer son droit légitime et inaliénable à l’autodétermination.
Journaliste politique & économique



































