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14/08/09 – Les footeux veulent éviter la pluie

La ligue mahoraise de football veut absolument finir la saison avant le début de la saison des pluies et permettre aux footballeurs de souffler pendant une intersaison qui devrait durer deux mois. Pour ce faire, la ligue a décidé de modifier son calendrier et de tout mettre en œuvre pour terminer la saison au mois de novembre. Ainsi, la finale de la coupe de France aura lieu le samedi 24 octobre, alors que la finale de la coupe de Mayotte, clôturant habituellement la saison footballistique, a été fixée au samedi 28 novembre.

14/08/2009 – Football : Coupe de France régionale

 

 

{xtypo_dropcap}K{/xtypo_dropcap}awéni vient de faire tomber le double tenant du titre, Foudre 2000 de Dzoumogné qui avait à cœur de remporter ce challenge, une nouvelle fois : "Nous n'avons pas été à la hauteur", estime Djamaldine Ali, l'entraîneur. "Je félicite nos adversaires qui en voulaient plus que nous, surtout en deuxième période. Notre défaite m'a surpris car nous avons réalisé une très bonne première mi-temps, mais après ça nous n'avons pas réussi à développer notre jeu. Ce sont les aléas du football".

Autre demi-finaliste, le FC Labattoir confirme son ascension dans le football mahorais. Promus en DH, vainqueurs de la supercoupe en ouverture de la saison et toujours en course pour le titre ainsi que pour la coupe de Mayotte, les Petits terriens se qualifient à l'issue des prolongations (2-1) face au FC Chiconi. Historique pour le FCL : "C'est une première pour nous. Depuis une quinzaine d'années qu'on participe, jamais nous étions arrivés à ce stade de la compétition. On espère aller encore plus loin maintenant", confie Zico, président du club.

À Malamani, l'AS Neige n'a pas fait de détails en accueillant l'AJ Kani-Kéli : les joueurs de Café s'imposent 3-0 et acquièrent également leur ticket pour Kavani. Ces quarts de finale auront surtout été marqués par la qualification directe du FCM qui bénéficie de la double sanction infligée aux huitièmes de finaliste Mahabou SC et Guinée Club. La commission de discipline de la ligue mahoraise de football nous tiendra prochainement informés de ce dossier.

Le 25 août, date du tirage au sort des demi-finales, les équipes sauront qui elles affronteront le 3 octobre prochain sur le stade territorial de la capitale, après le mois de jeûne. Au soir du 24 octobre, après la finale, le nom du successeur de Dzoumogné sera connu.

 

I.M

14/08/2009 – Athlétisme : Hafidhou Attoumani, vice-champion de France du 400 mètres

 

 

{xtypo_dropacap}M{/xtypo_dropcap}ayotte Hebdo : Comment vous sentiez-vous au moment de quitter l'île ?

Hafidhou Attoumani : Je ressentais une douleur, ce qui m'avait légèrement plongé dans le doute avant de partir. Arrivé en Belgique pour le meeting de Nivelles, j'ai réalisé un temps assez correct, je savais que je pouvais mieux faire. La confiance est revenue et j'ai pu faire abstraction de cette blessure.

 

MH : Après la Belgique, la France…

HA : Oui. De là, j'ai enchaîné les courses. Mon coach a mis en place une programmation de telle sorte à ce que je puisse courir régulièrement et être prêt pour le jour J : les championnats de France jeunes qui représentaient mon objectif principal avec le meeting de sélection. J'étais en compétition pratiquement tous les deux jours, souvent aux côtés de sprinters renommés. Et ça a payé ! Je suis arrivé tranquille dans ma tête à Bondoufle pour les séries, très concentré. Dans ces moments, j'oublie tout et je m'évade avec ma musique. J'ai débuté la course doucement pour monter en puissance et finir premier de ma série avec le troisième temps général. Je me suis qualifié, mais j'ai vite zappé ce que je venais d'effectuer pour me concentrer entièrement sur la finale. Si passer les séries semblait logique, je savais que ce lendemain-là serait une toute autre histoire.

 

MH : Courir auprès de sprinters âgés de trois ans de plus que vous ne constituait-il pas une pression supplémentaire ?

HA : Pas du tout ! Certes trois ans de plus en Espoir, c'est trois ans d'avance en terme musculaire, de course, d'expérience… Mais je n'avais pas peur, je me disais "j'ai ma chance, même en tant que première année". En fait, quand je quitte Mayotte pour accomplir ce type de compétitions, je ne suis plus le même Hafidhou, ce n'est plus moi. Peu importe mes adversaires, je m'interdis toute forme de déception. Je ne me déplace pas de mon île, je ne fais pas 10.000 kms et près de 14 heures d'avion pour rien ! C'est dans cet esprit que j'engage mes challenges, cette finale-là notamment.

 

"Peu importe mes adversaires, je m'interdis toute forme de déception"

 

MH : Justement, racontez-nous cette palpitante épreuve.

HA : J'étais bien physiquement et mentalement. Nous nous sommes réveillés à huit heures et nous avons pris notre petit-déjeuner, juste ce qu'il faut. Pas de déjeuner, ça n'aurait pas été pratique de manger avant la course. Nous sommes arrivés sur le site en fin de matinée. Moi, toujours avec mon casque sur les oreilles à écouter ma musique. Le départ à 15h30, nous avons pris une bonne heure et demie pour nous échauffer : footing, étirements et quelques sprints avant de se rendre à la chambre d'appel. L'heure arrivait et la pression montait, surtout au moment de régler mes starts dans mon couloir 3, quand j'ai pris conscience que je me trouvais au départ de la finale. Là, le starter présente aux spectateurs les finalistes, je l'entends, mais je ne l'écoute pas, je suis déjà dans ma course.

 

MH : Puis le départ est donné…

HA : Oui, je me suis calé sur Touré, au couloir 4 (ndlr : ce dernier finira premier, mais n'étant pas de nationalité française, il cèdera son titre de champion de France à son poursuivant) les 250 premiers mètres. Il reste alors 150 mètres et là, je donne tout ce qu'il me reste. J'achève la course troisième, termine la compétition vice-champion de France donc et bats mon record individuel avec un temps de 47"77.

 

MH : Votre première réaction en ayant franchi la ligne d'arrivée ?

HA : J'ai d'abord regardé le tableau et constaté que j'avais amélioré ma meilleure perf. Je me suis alors tourné vers le public car je voulais voir la réaction de mon coach. Je venais de me faire plaisir, mais je voulais surtout lui faire plaisir. Et il était heureux. Je ne suis pas champion, mais je tiens compte de mes performances, de mon évolution depuis les premières courses. C'est le chrono qui importait, et ce que je venais de réaliser ne pouvait être que positif.

 

Propos recueillis par Ichirac Mahafidhou

14/08/2009 – Jeux des îles européennes

 

 

{xtypo_dropcap}D{/xtypo_dropcap}epuis quelques jours, une feuille qui ne paie pas de mine est affichée sur la porte vitrée du directeur du Cros (Comité régional olympique et sportif). Mais en la regardant de près, elle n’est pas si anodine que cela. Il s’agit en fait de la liste des infrastructures sportives minimales nécessaires à l’organisation des Jeux des îles européennes (appelés abusivement Jeux des Rup), transmise officiellement par le comité organisateur. Et là, il y a de quoi doucher le plus enthousiaste des élus du conseil général, pourtant si prompts à annoncer la volonté d’organiser cette compétition à Mayotte.

Pour l’instant, il n’y a que 2 gymnases (Kavani et Mamina Cicili) et un stade d’athlétisme avec une piste à 6 ou 8 couloirs (Kavani et éventuellement Pamandzi). Pour le reste, tout est à construire.

“Jusqu’à présent, tout le monde parlait un peu dans le vide, mais désormais le comité d’organisation des Jeux (Coji) nous a officiellement transmis la liste des installations sportives nécessaires. Nous allons faire un dossier et le transmettre au conseil général. Ensuite, ce seront à eux de décider quelles actions il faudra mener dans ce sens”, explique Mathieu Brousse, directeur du Cros.

Le président du Cros Madi Vita a assisté à la dernière assemblée générale du Coji. “Mayotte est membre actif et à un moment ou un autre, nous serons obligés d’organiser ces jeux. En 2005, Saïd Omar Oili s’était positionné pour 2012, nous avons demandé à reporter pour 2014, mais même pour cette date, ce sera trop juste”, précise-t-il. En tout cas il convient de prendre rapidement une décision et si nécessaire prévenir nos amis européens qui s'apprêtent à venir ici en 2014 de cette impossibilité, afin qu'une solution de rechange soit rapidement trouvée.

 

Un manque flagrant d’hébergement de qualité

 

En mai dernier, le Cros a tenu à ce que les élus du conseil général fassent le voyage pour se rendre compte de ce qu’impliquait l’organisation d’une telle compétition. Assani Hamada, chargé des Jeux des îles européennes à la DSAJ (direction des sports et de l’animation jeunesse du conseil général), Assani Ali, 5e vice-président du CG chargé des sports et Hadadi Andjilani, 2e vice-président du CG en charge des finances se sont donc rendus aux Baléares pour voir ce qu’il en était.

“On voulait qu’ils se rendent compte du niveau des prestations en général et pas que dans le domaine sportif”, souligne Mathieu Brousse. En effet, le problème principal ne réside pas forcément au niveau des infrastructures sportives, même si la majorité doit être construite. “Pour les Jeux, il faut accueillir 2.000 personnes. Il faut les loger, les transporter d’une manière exemplaire. J’ai eu la chance de me rendre à 3 éditions des Jeux : en Guadeloupe, aux Canaries et à Majorque. A chaque fois, les athlètes étaient logés près des lieux de compétition et dans des hôtels 2 ou 3 étoiles. Il n’est pas question qu’à Mayotte on se contente de dortoirs dans un lycée ou de faire venir des bateaux comme cela a pu être envisagé. Ce serait une insulte pour Mayotte. Les Jeux, c’est du standing européen, c’est plus élevé que les Jeux de la CJSOI. Soit on n’a pas les moyens et on laisse tomber, soit on repousse la date, ce qui n’est pas évident non plus”, prévient le président du Cros.

 

La gymnastique et la natation posent problème

 

Le logement de qualité est donc le frein numéro 1 à l’organisation des Jeux, même actuellement en prenant le nombre de lits tout standing. Le manque d’infrastructures l’est aussi, mais quand bien même il pleuvrait des millions d'euros destinés à rattraper le retard, cela ne suffirait pas.

“Il y a deux sports qui posent problème : la natation et la gymnastique. Si on obtient la piscine et la salle de gymnastique, il faut que les compétitions soient organisées sous la responsabilité du comité d’organisation local qui délègue aux ligues ou comités. A l’heure actuelle, il n’existe aucun club et former des arbitres, des entraîneurs et des bénévoles dans ces disciplines prendra du temps”, affirme avec une pointe d’inquiétude Mathieu Brousse. Enfin, un autre aspect est préoccupant aux yeux de Madi Vita. “Pour l’instant, tous les pays organisateurs ont réussi à finir dans les 7 premiers au tableau des médailles. Depuis que Mayotte participe aux Jeux, on se situe entre la 11e et la 12e place sur 16 délégations.”

En plus des disciplines obligatoires, il existe aussi des sports de démonstration. Le kayak, le tir à l’arc le rugby ou la pétanque ont pu être inscrits à ce titre dans ces Jeux. A ce sujet, le président du Cros n’est pas trop inquiet. “Un grand nombre de disciplines sportives existent à Mayotte, mais beaucoup se font dans leur coin. C’est aussi le rôle du Cros d’organiser cette vie associative pour avoir des interlocuteurs et les fédérer au sein de ligues et de comités. Ainsi, ils pourront être reconnus sur le plan international. Le judo n’a pu participé aux derniers Jeux des îles européennes parce que les licenciés avaient une licence Réunion et non pas Mayotte”, constate Madi Vita.

On le voit, l’organisation des Jeux des îles européennes n’est pas pour demain et il va falloir se retrousser les manches pour accueillir ces jeunes athlètes un jour.

 

Faïd Souhaïli

 


Liste des équipements sportifs minimum nécessaires pour les Jeux des îles européennes

Athlétisme : un stade avec une piste de 6 ou 8 couloirs

Basket : 2 gymnases

Handball : 2 gymnases

Volley : 2 gymnases

Natation : un bassin de 25 ou 50 mètres

Judo : un gymnase avec 2 tatamis

Tennis : 2 x 4 courts (terre battue ou autre)

Tennis de table : une salle équipée

Gymnastique : une salle spécifique

Voile : une base nautique et 60 à 65 bateaux optimist

Toutes ces installations doivent être homologuées pour accueillir une compétition internationale, tant au niveau du matériel que des dimensions.

Pour les 6 gymnases nécessaires, il en existe déjà deux et certains plateaux polyvalents pourraient être couverts et équipés de gradins aux normes pour être homologués, comme devrait l'être prochainement le plateau de M'gombani.

14/08/2009 – Basket-ball : Invitation de Chicago club à Diégo-Suarez

 

 

{xtypo_dropcap}F{/xtypo_dropcap}idélice a eu un brillant parcours de joueur semi-professionnel de basket-ball dans la zone océan Indien. Il est maintenant en passe de mettre fin à sa carrière et annonce son départ à la retraite pour la saison 2010-2011, en promettant un retour au VC Labattoir la saison prochaine.

Ce multiple champion de Madagascar et de la zone océan Indien a embrassé la carrière de joueur de basket-ball semi-professionnel à l'âge de 20 ans. Il a sillonné, en long et en large, les îles de l'océan Indien, à commencer par son pays natal (1994), en passant par les îles des Mascareignes, Seychelles, Réunion, Maurice et l'Afrique du sud avant d'atterrir à Mayotte en 2002, sous contrat avec le Vautour club de Labattoir.

Membre fondateur du club Chicago de Diégo-Suarez, il est également l'initiateur du 3ème club de basket-ball de Mamoudzou, du même nom, qui souffle sa première bougie-anniversaire la saison prochaine (2009-2010).

Grâce à Fidélice, six clubs de Mayotte composant une forte délégation de basketteurs séjournent actuellement dans la Grande île, pour honorer l'invitation-anniversaire du club Chicago de la ville capitale de la province nordiste malgache, dont le programme des festivités a démarré le week-end du 7 août dernier. L'occasion pour la jeunesse mahoraise d'échanges avec les meilleures formations malgaches. A savoir que l'ensemble des grands clubs de Madagascar y sont conviés, de toutes les provinces confondues, à l'exception de Tuléar dans le grand sud.

Le départ de la délégation mahoraise a eu lieu le mardi 4 août. Elle sera de retour ce lundi 17 août.

 

Saïd Ahmed

 


 

Une véritable lutte contre vents et marées

 

Chicago club version Mayotte est né à l'initiative de ressortissants de Diégo-Suarez résidents de Mamoudzou, dont Fidélice Eugène, ancien membre fondateur et joueur du club de Diégo-Suarez.

L'an 2009, première saison officielle, première sortie pour Chicago club de Mamoudzou. Une action parmi tant d'autres, réalisée dans des conditions difficiles. Outre le délicat manque de moyens financiers, en cette période de vaches maigres, aucune subvention allouée, les dirigeants de ce tout jeune club de basket-ball de la capitale, ont eu raison de former un groupe de jeunes bien motivés, dont un section féminine composée à 100% d'initiées.

Composition des dirigeants : Mme Zouvert Moiriziki (présidente), Ismaël Moussa (président d'honneur), Fidélice Eugène (secrétaire général), Douhoucham Faïssoil (secrétaire adjoint), Mohamed Dany (trésorier), Ibrahim Jacquis (trésorier adjoint).

 


 

Fidélice, un parcours de combattant

 

Le palmarès de Fidélice Eugène est un véritable parcours de combattant. Au bout de quinze années de carrière en tant que joueur professionnel, il annonce son départ à la retraite à partir de la saison pro-prochaine (2010-2011). Avant de mettre terme à sa carrière de joueur, il promet un retour aux sources avec le VC Labattoir. Un bonus pour le premier club mahorais. Toutefois, il promet de rester fidèle au mouvement sportif en général et au basket-ball en particulier, en continuant à œuvrer pour la promotion de sa discipline préférée. Il va désormais se sacrifier pour l'encadrement de la jeunesse et préparer la nouvelle génération. Ceci est valable et pour son pays natal et pour Mayotte son pays d'adaptation. Car "maintenant, je me sens Mahorais à part entière. A Mayotte, j'ai une fillette de 3 ans. Certainement une future basketteuse…", reconnaît Fidélice.

 

Un palmarès bien étoffé

  • 1994 : Champion de Madagascar avec Siram Ambilobé
  • 1995 : Vice-champion de Madagascar avec Siera Majunga
  • 1996 : 3ème du championnat de Madagascar avec Cosfa Tananarive, équipe militaire
  • 1997 : Champion de Madagascar avec Mad-Consult Majunga
  • 1998 et 1999 : Doublé champion et coupe de Madagascar avec Cosmos Diégo-Suarez. Première participation en équipe nationale (5ème JIOI-Réunion). Médaillé d'argent. Puis finaliste et vainqueur (aller et retour des Comores) en coupe d'Afrique zone 7 à Johannesburg (Afrique du sud)
  • 2000 : Vainqueur de la coupe de Madagascar avec Cosmos, puis champion de Maurice avec le Real club de Port Louis
  • 2000-2001 : Prise de contact avec VCL-Mayotte
  • 2002 : Champion de Mayotte. Vainqueur de la zone océan Indien contre BCD-Réunion
  • Vice-champion avec VC Labattoir en CCCOI-Seychelles
  • 2004 : Champion de Mayotte. Champion de la zone OI. 4ème en National 3
  • 2005 : Saison morte. Sanction disciplinaire
  • 2006 : Champion de Mayotte avec TCO-Mamoudzou
  • 2007 : Champion sans défaite avec JA-Pamandzi. Première victoire de Mayotte sur la Réunion à domicile. 4ème Nationale 3

  • 2008-2009 : Finaliste perdant en coupe de France régionale. Demi-finaliste championnat de Mayotte. Création Chicago club de Mamoudzou.

14/08/2009 – Tribune libre

 

 

1. Une gestion laxiste des ressources financières et une politique désordonnée des ressources humaines.

La nouvelle majorité constituée en mars 2008 a conduit le conseil général dans une impasse financière sans précédent, mettant en péril à la fois la crédibilité de l’institution départementale, l’économie de l’île et la cohésion sociale de notre pays. Il est de notoriété publique que les services du conseil général sont aujourd’hui en état de décadence, sans directive ni perspective, traumatisés par la politique de la "chasse aux sorcières" menée par la nouvelle majorité. L’on assiste à des nominations et des promotions de complaisance à des hautes fonctions de responsabilité sans critères objectifs de compétence.

Singulièrement, la lettre de cadrage du budget 2010, datée du 30 juillet 2009, augure l’incapacité de la majorité du conseil général à définir des stratégies financières cohérentes et lisibles en vue d’atténuer les effets de la crise.

En effet, ayant acté que 30% du budget de la Collectivité proviennent des "dotations et produits exceptionnels", généralement constitués en dettes exigibles aux organismes publics (notamment l’Etat), et que ce même ratio justifie l’une des causes de la "dégradation de l’épargne nette, gage de la capacité d’endettement de la Collectivité  et donc d’investissement", la majorité du conseil général ne propose aucune stratégie cohérente dans sa lettre d’orientation budgétaire pour recouvrer les sommes dues, mais surtout parvenir à un équilibre et une sincérité budgétaire. Pire encore, l’insouciance pousse à inscrire en "pertes et profits" la somme de 60.980 € que des contribuables doivent à la Collectivité au titre d’amendes sur exercices antérieurs (rapport n°2009-78 du président en date du 15 juillet 2009).

Cette nouvelle majorité constituée, à qui incombent la charge morale et la mission politique pour asseoir les meilleures bases d’une départementalisation réussie, est en train de mettre en danger le processus engagé le 29 mars 2009, en raison de la mauvaise gouvernance dont elle est coupable.

Après seulement 17 mois de gouvernance, cette majorité hétéroclite doit assumer son bilan en tirant toutes les conséquences de sa mauvaise gestion et les effets induits dans le domaine économique et social.

Cependant, la dégradation des finances de la Collectivité n’a été possible qu’avec la complicité passive des services de l’Etat.

 

2. La passivité de l’Etat devant ses missions d’alerte et dans l’exercice du contrôle de légalité.

L’ancien exécutif de 2004 à 2008 avait mis en évidence les transferts de charges de l’Etat envers la Collectivité départementale, notamment en chiffrant la dette de l’Etat issue du précédent Contrat de projet, mais aussi en refusant les demandes de la préfecture pour le financement des actions relevant des compétences régaliennes de l’Etat.

De surcroit, alors que de nombreux indicateurs financiers étaient "au rouge" depuis plusieurs mois, mis en exergue dans les notes de conjoncture de l’Iedom sur la situation économique du pays, la préfecture n’a pas joué le rôle que lui imposent les lois et règlements applicables en la matière. Elle s’est rendue complice de cette faillite financière, notamment en ne saisissant pas la Chambre territoriale des comptes pour le budget primitif 2009, alors que celui-ci était notoirement non sincère.

Enfin, les dysfonctionnements flagrants constatés au niveau de l’exécutif départemental sont portés à la connaissance de la préfecture qui semble laisser faire en ne prenant pas les prérogatives qui sont les siennes en la matière (cf. les courriers du 16 et du 27 juillet 2009 adressés au préfet à propos de la délégation de service public sur les transports scolaires).

En pareille circonstance, l’article LO 6131-34 du Code général des collectivités territoriales précise : "Le représentant de l’Etat veille à l’exercice régulier des compétences des institutions de la Collectivité. Lorsque ces institutions ont négligé de prendre les décisions qui leur incombent dans le cadre de leurs attributions, il prend, après mise en demeure, les mesures nécessaires afin de rétablir le fonctionnement normal des institutions et des services publics ou d’assurer la sécurité de la population, la sauvegarde des intérêts nationaux ou ceux de la Collectivité, ainsi que le respect des engagements internationaux de la France".

Fort de ce constat, le groupe de l’opposition au conseil général rejettera tout plan de redressement qui ne prend pas en compte les responsabilités de l’Etat. Dès à présent, nous demandons le règlement immédiat des dettes de l’Etat issues du précédent Contrat de plan et les compensations financières résultant des transferts de compétences, notamment les crédits de la formation professionnelle.

Aussi, nous sollicitons une aide exceptionnelle du budget de l’Etat pour l’indispensable relance de l’économie locale dans la poursuite de la remise à niveau des services publics (centres de secours, équipements sociaux…).

Sur cette base, notre groupe est prêt à prendre ses responsabilités. Nous demandons l’union sacrée de toutes les forces politiques mahoraises afin de réclamer l’aide de l’Etat en exigeant un véritable "Plan Marshall" des finances publiques de Mayotte, sans attendre les transformations contenues dans le document unilatéral de l’Etat, la "feuille de route pour la départementalisation", notamment la réforme sur la fiscalité, la protection sociale et les minima sociaux.

 

Fait à Mamoudzou, le 5 août 2009

Jacques Martial Henry,

président du groupe des élus de l’opposition

14/08/2009 – Rencontre : Mohamed Boina

 

 

{xtypo_dropcap}J{/xtypo_dropcap}e suis né au début du siècle dernier, dans un village qui s’appelait Pamandzi Kély. C’était l’un des trois villages de Petite Terre. Il se trouvait sur la presqu’île à coté de Labattoir. Il y avait aussi le village de Foungoujou, à coté de Dzaoudzi, celui de Pamandzi bé, actuel Pamandzi. Dzaoudzi était un fort. En ce temps là, quasiment tous les "wazungu" habitaient là. A l’exception de quelques planteurs en Grande Terre, comme les Marots de Hajangua, les blancs étaient à Dzaoudzi.

C’est aussi à cet endroit que se trouvaient tous les bureaux de l’administration. Mon père y travaillait. Il y avait un blanc du nom de Canoville qui avait une entreprise de transports maritimes… Transport de personnes depuis la Métropole ou de la région, de biens, mais aussi de courrier : "les messageries". Mon père travaillait justement là. Il était chargé de récupérer le courrier qui arrivait par bateau et de le redistribuer.

Nous vivions dans des maisons faites avec de la paille. Dans le village, seuls les notables avaient des maisons en dur. A l’époque notre principale ressource venait de la culture de nos champs. Nous mangions notre production : des bananes, du riz cultivé dans les champs ou en provenance d’Afrique. Et du poisson. Nous avions rarement de la viande, sauf pour les grandes occasions, quand un zébu était sacrifié.

J’avais un champ en Grande Terre, à Bandrélé. Je prenais ma pirogue pour y aller. On n’allait pas souvent en Grande Terre, sauf au moment des récoltes, quand la famille nous demandait d’aller l’aider. Comme il n’y avait pas de routes, on allait d’un bout à l’autre de l’île en passant par des petits chemins. De Mamoudzou à Mtsamboro par exemple, il fallait une journée de marche. On préparait généralement du bata bata (bananes bouillies) pour le repas qu’on prenait sur le trajet.

 

"Notre village était relié au reste de l’ile par un petit chemin qui était régulièrement recouvert à marée haute"

 

Il y avait un port à Mroniumbéni, là où se trouve le Faré. Les boutres régionaux et les bateaux y accostaient. Le système de la barge existait déjà, mais avec un boutre : on l’appelait "Le passager". C'était un service de l’Etat qui permettait à tous ceux qui travaillaient à Dzaoudzi de rejoindre leurs bureaux. A l’époque, la traversée ne coûtait que dix centimes anciens.

Le village de Labattoir est issu du déplacement de deux villages. Le notre et celui de Foungoujou ravagé par les flammes. Nos maisons étaient principalement faites de paille. Un jour, une bande de jeunes a fait un voulé et une poule a pris feu. En s’envolant, elle a embrasé plusieurs toits, c’est ainsi que le sinistre s’est déclaré et la population est partie s’installer à Labattoir. Notre village était relié au reste de l’île par un petit chemin qui était régulièrement recouvert à marée haute.

On était alors obligé de circuler en pirogue. Une situation qui a provoqué plusieurs noyades. Un jour un vieil homme est parti acheter du pétrole à Foungoujou. C’est là que les Indiens avaient leurs commerces. En revenant il s’est fait surprendre par la marée et il s’est noyé. Je me rappelle quand on a retrouvé le corps, il avait toujours sa bouteille de pétrole à la main. Après cet accident et un autre dans lequel une jeune mariée s’est noyée, les autorités nous ont obligés à partir nous installer à l’endroit de l’actuel Labattoir. C’était en 1920.

 

"Nos instituteurs venaient nous faire classe… puis ils retournaient dans leurs cellules de prison"

 

Le système scolaire était très sommaire. Il n’y avait que quelques classes de primaire, toujours à Dzaoudzi. Les professeurs d’école étaient Malgaches. Après avoir rencontré des problèmes avec les autorités de leur île, Ils avaient été envoyés à Mayotte pour subir une peine de prison. Ils venaient nous faire classe en guise de travaux forcé, puis ils retournaient dans leurs cellules. Je me rappelle toujours du nom de mon maître; il s’appelait M. Ramarimissi.

Pour passer au cycle supérieur, qui équivaut au niveau collège, il fallait passer un examen. Les admis allaient poursuivre leur scolarité sur l’ile d’Anjouan, à l’école régionale de Mutsamudu. Le cursus supérieur se faisait à Tananarive. C’est là-bas que tous les fonctionnaires locaux des Comores allaient se former avant de revenir travailler.

Mon père, comme beaucoup de parents mahorais, avait peur d’envoyer ses enfants à l’école. Il craignait qu’ils ne deviennent des blancs, qu’ils se dévergondent et oublient leur religion. Il n’y avait que quelques classes pour toute l’île et les élèves étaient que des garçons, parce que ces réticences étaient encore plus fortes en ce qui concerne les filles. Je donc suis entré à l’école à 15 ans. J’étais déjà trop âgé pour me faire admettre. Normalement, les enfants étaient scolarisés à 8 ans. On a alors dû tricher sur mon âge et ramener ma date de naissance en 1908 pour me faire admettre. C’est la raison pour laquelle la date qui est actuellement mentionnée sur mon acte de naissance m’accorde quatre années de moins…

 

"A mon retour j’ai exercé le métier de tailleur. C’est ce qui m’a permis de subsister jusqu’à maintenant. J’ai aussi été chef de village"

 

J’ai été scolarisé pendant plusieurs années. C’était à une période où il y avait la guerre. Tous les jeunes hommes de plus de 16 ans étaient enrôlés de force après une visite médicale. Beaucoup se portaient volontaires, mais pour les autres aussi c’était obligatoire. Ayant été scolarisé trop tard, je n’avais pas encore fini mes études lorsque j’ai été appelé à la visite médicale. N’ayant pas été prévenu, comme j’avais école au même moment, je n’y suis pas allé, c’est ainsi que je suis passé entre les mailles du filet. Mais j’ai été puni pour cela.

J’ai eu beau m’expliquer, M. Godeau, le chef de district, qui était un homme très sévère m’a fait condamner à 5 jours de prison et une amende équivalent à deux années d’impôts que l’on appelait ici "la tété". À peu près 60 francs anciens. On m’a aussi déscolarisé suite à cette affaire.

Trouvant cela injuste, j’ai décidé de partir aux Comores. Je suis resté là-bas jusqu’en 1931. C’est l’année où je suis revenu pour me marier. A mon retour j’ai exercé le métier de tailleur. C’est ce qui m’a permis de subsister jusqu’à maintenant. J’ai aussi été chef de village. J’étais chargé de surveiller tout ce qui s’y passait pour le compte du chef de canton. C’est lui qui récoltait l’impôt local "la tété" que tout le monde payait sans condition de ressources. Une somme de 30 francs. Ceux qui n’avaient pas les moyens de payer allaient vendre du poisson. A chaque paiement, on recevait un reçu prouvant qu’on était bien en règle, sinon c’était l’amende.

 

"Ceux qui ne disaient rien étaient considérés comme des "serre-la-main""

 

Comme beaucoup de Mahorais qui aspiraient à une vie tranquille, j’ai fait en sorte de ne pas trop m’impliquer dans les troubles qui ont eu lieu entre Mayotte et les Comores. Mais à l’époque ceux qui ne disaient rien étaient considérés comme des "serre-la-main" – des partisans des Comoriens. Un jour que j’étais dans mon champ à Bandrélé, un groupe de "sorodas" venus du village de Mtsamoudou sont venus me tabasser. C’est ainsi qu’ils agissaient avec de nombreuses personnes. Ils leur faisaient aussi subir des humiliations publiques. Après cela on m’a laissé tranquille. Ca ne m’a pas empêché de voter "oui" au département. Mais j’avoue que je me pose des questions. On m’a dit que notre religion était en danger et qu’on n’aurait pas le droit de pratiquer notre foi avec ce nouveau statut. De toute façon je laisse ça aux jeunes, c’est eux qui vont maintenant décider de leur avenir. Moi j’attends de voir.

 

Propos recueillis par Halda Toihiridini

14/08/2009 – Santé : L’eau de Mayotte est de bonne qualité

 

 

{xtypo_dropcap}F{/xtypo_dropcap}ruit du travail des agents de la Dass, cette plaquette tire une conclusion des quelques 300 analyses réalisées sur le réseau de distribution publique de la Collectivité, depuis le prélèvement de l'eau jusqu'au robinet du consommateur, ce qui fait de l'eau "l'aliment le mieux contrôlé", estime la directrice de la Dass.

Après le devoir de contrôle, la Dass a un devoir d'information du public qui se traduit par ce support simple, qui résume la situation de la distribution d'eau aujourd'hui, sa qualité et les gestes indispensables pour éviter le développement des microbes dans l'eau. "Nous souhaitons que cette plaquette renforce la prise de conscience de tous et contribue à la politique d'amélioration de cette eau qui est indispensable à la vie et à la santé de l'être humain", précise Mouhoutar Salim, ingénieur sanitaire.

Comme précisé sur la plaquette de la Dass, le contrôle sanitaire consiste en des prélèvements et tests de terrain réalisés par les agents une fois par mois sur l’ensemble de l’île, sur 30 points d’utilisation au robinet du consommateur et plusieurs fois dans l’année en sortie des 6 usines de traitement de l’eau. Les échantillons sont analysés par le laboratoire départemental des eaux et d’hygiène du milieu de la Réunion et le laboratoire d’études et de recherche en environnement et santé de l’EHESP de Rennes, agréés par le ministère de la Santé et le laboratoire vétérinaire et d’analyses départemental de Mayotte.

Résultat clamé haut et fort par la plaquette : "l'eau distribuée au consommateur de Mayotte est potable" ! On n'en attendait pas moins. Pour consulter les résultats de façon plus précise, vous pouvez vous rendre en mairie ou contacter le service santé environnement de la Dass.

 

Pour éviter les risques liés au développement de microbes dans l'eau

• Après quelques jours d'absence, laissez couler l'eau quelques minutes avant consommation,

• Ne buvez pas directement l'eau chaude,

• Ne laissez pas des tuyaux ou des appareils inutilisés : les anciens robinets d'arrosage, vieux lavabos ou bassines usagées favorisent la stagnation d'eau et le développement des bactéries,

• Nettoyez régulièrement vos accessoires de robinetterie, rincez tous les dispositifs.


Les chiffres du rapport

Le réseau d’eau potable

  • 26 points de captage d'eau : 15 en rivière, 8 en nappe souterraine, 2 en retenue collinaire, 1 en eau de mer
  • 6 usines de traitement
  • 63 réservoirs
  • En moyenne 20.808 m3 produits par jour
  • 33.906 abonnés fin 2008

 

Bilan du contrôle sanitaire 2008 par la Dass

Des analyses à la ressource, en sortie d'usine et au robinet du consommateur.

328 analyses portant sur :

  • 5 paramètres bactériologiques
  • 18 paramètres physico-chimique
  • 14 pesticides

Conformité des analyses au robinet

  • Paramètres bactériologiques 100%
  • Paramètres physico-chimique 99,7%

14/08/2009 – Horizon Austral : un nouveau magazine de qualité

 

 

{xtypo_dropcap}H{/xtypo_dropcap}orizon Austral, c'est désormais 2 magazines en 1 : 30 pages d'actualité économique et 30 pages de magazine culture et loisirs, distribué sur l'île, mais aussi dans 52 points de vente à la Réunion, pour diffuser une belle image, valorisante, de Mayotte.

Dans chaque numéro d'Horizon Austral Eco, un dossier sera consacré à un thème particulier traité en profondeur, à "360 degrés". Dans ce numéro d'août-septembre, nous vous proposons un éclairage sur le secteur en devenir qu'est le nautisme à Mayotte : un guide pratique pour s'acheter un bateau et sortir en mer avec tous les acteurs professionnels, une présentation du projet d'aménagement du front de mer, le tour des associations de plaisanciers, les loisirs sur le lagon comme la croisière en catamaran, le jet-ski, le wakeboard, la voile… Vous y retrouverez également la rubrique "2 mois en bref" pour un petit rappel de l'actualité économique de Mayotte.

Dans la deuxième partie de notre publication, Horizon Austral Magazine se veut une invitation à l'évasion, à la découverte et au voyage. Pour ce premier numéro, vous pourrez y trouver des rubriques regroupant des idées pour découvrir, profiter et bien vivre à Mayotte avec des loisirs et des escapades. Dans ce numéro, nous vous proposons ainsi une sortie sur le lagon avec les baleines à bosse, une virée en brousse en VTT, une partie de golf à Combani, une escapade au soleil couchant au Coco lodge de M'tsamboro et une escale gourmande à l'Auberge de Combani. La culture et les traditions sont aussi au rendez-vous, avec le portrait de Conflit, sculpteur mahorais atypique, et 4 pages sur les grands mariages, les différentes étapes, leur déroulement et leur coût.

Il y a aussi une ouverture sur la région, avec cette fois la destination Majunga, la capitale du Nord-Ouest de Madagascar, d'où toute notre équipe de reporters vous a ramené des photos et des informations sur cette ville cosmopolite et ses multiples facettes, en vous invitant à découvrir tout le charme de son arrière-pays.

Une nouvelle aventure pour notre équipe dynamique et enthousiaste… En espérant, chers lecteurs et annonceurs, obtenir votre adhésion et votre soutien à ce nouveau projet.

 

JP

14/08/2009 – Vie des entreprises : Cap sur l’internet

 

 

{xtypo_dropcap}C{/xtypo_dropcap}réation de sites internet personnels

La base de ce pôle internet est la création, le développement de sites internet. Il y a là un panel très large de possibilités, de la simple page de présentation d'une structure aux services web les plus complexes et évolués. Du club de sport à l'artiste, de l'artisan au commerçant, chacun peut aujourd'hui être présent sur le réseau mondial.

En fonction de vos envies et de votre budget, le pôle web de la Somapresse propose ainsi un panel de solutions pré-structurées qui peuvent être étoffées suivant vos besoins et vos moyens, en additionnant des modules et autres services pour optimiser les performances de vos pages web.

En cela, rien ne diffère d'un prestataire web ordinaire. Sauf que les deux ingénieurs chargés du développement des activités web ont voulu se différencier d'abord par une offre complète, mais aussi par la qualité du service d'accompagnement et de suivi du projet du client : "Beaucoup d'internautes achètent un site clef en main, mais ne possèdent pas les connaissances techniques qui leur garantissent la sérénité et l'aisance pour le gérer. Ils se découragent après trop d'obstacles rencontrés au cours d'une période de sous-utilisation frustrante", explique Raiz Alidina, co-responsable du pôle web de la Somapresse. "A Mayotte, sans doute plus qu'ailleurs, ou les utilisateurs ne sont que peu coutumiers des technologies du web, il nous est apparu primordial de nous différencier sur le segment du service, en proposant des modules de pré et post-formation, ainsi qu'un suivi technique et pédagogique pour tous nos clients." De plus, contrairement à certains professionnels de ce secteur, il a été décidé de transmettre systématiquement les codes source au client, à la réception de son site.

 

Création de sites spécialisés à l'intention des professionnels

Grâce à l'intégration de services très spécialisés, il est possible de répondre à (quasiment) toutes les demandes. Il y a bien sûr les solutions de paiement en ligne type Paypal ou Socgén actif (outil de paiement en ligne de la BFC), mais aussi des "webservices" (exemple : Amadeus pour les agences de voyages) et l'intégration d'outils de gestion informatique de l'entreprise (gestion des stocks, comptabilité, ressources humaines). Tout cela avec des solutions Open sources (Joomla, EZ Publish), les webmasters créent, sur des bases de développement dynamique, des sites marchands personnalisés, intégrant différentes fonctionnalités selon le type d'activité et la nature des services proposés par le client.

"On ne réinvente pas la roue à chaque fois, indique M. Alidina. Nous gardons une ossature de développement, modulable en fonction des besoins et du budget de nos clients."

Agences de voyages en ligne, vente et achat à l'international, pages internet de grossistes de la région, commandes en ligne, sites institutionnels, menus, présentation des activités… "Sur la toile, l'interactivité de vos pages n'aura que les limites que vous souhaitez leur imposer", sourit Thomas Bégrand, ancien responsable informatique de la délégation française à l'ONU (voir encadré).

 

Maintenance et entretien de sites existants et refonte graphique

Force de diagnostic et expertise poussée, voilà deux atouts de taille pour se différencier sur le marché des nouvelles technologies. Car internet, pour les non-initiés, regorge de pièges et d'adversités insurmontables. Pour tous ces clients, mais aussi pour les autres, les ingénieurs proposent des packagings et des formules de contrats de maintenance, dont les tarifs varient selon leur longévité, valable au-delà de la garantie légale (30 jours pour les sites commerciaux et trois mois pour les sites institutionnels).

Enfin, pour un coup de fraîcheur sur vos pages vieillissantes, les deux responsables proposent des tarifs très corrects pour dynamiser l'habillage de votre site grâce au travail innovant de designers web.

 

Campagne de communication numérique

Internet est devenu, en l'espace de quelques années, un support de communication incontournable pour tous ceux qui ont des messages à faire passer, commerciaux ou institutionnels.

Les partenariats commerciaux entre sites, marques, groupes et entreprises se multiplient, et les boites mails accueillent aujourd'hui bien plus de publicité que nos boites aux lettres pourraient en contenir… "Pour une fois à Mayotte, on a pris le virage en même temps que tout le monde, lâche M. Bégrand. Et peut-être même que nous l'avons aussi bien négocié, malgré des contraintes de débit indéniables", poursuit-il.

Pour cela, le pôle garde secrètement une base de données de plus de 5.000 adresses email, ainsi que des dizaines de milliers d'adresses internet (ciblées sur la région), sur lesquels la communication numérique du client sera orientée en fonction de ses besoins. Encore au dessus des campagnes classiques de mailing, la filiale web de la Somapresse a élaboré en interne des outils de communication numérique commerciale, événementielle et institutionnelle pour les besoins de chaque annonceur, notamment sur le modèle de la newsletter Zaléo (voir encadré).

 

Expertise et optimisation du référencement

"Sur internet, le référencement, c'est le nerf de la guerre", confie Raiz Alidina, qui travaillait encore récemment auprès du groupe Lagardère. Ce petit génie de 28 ans connaît bien les stratégies d'indexations qui optimisent la visibilité d'un site ou de ses accès. Entre référencements sur les moteurs de recherches (Google, Yahoo…), sur des plateformes spécialisées, les redirections du lecteur, les partenariats entre annonceurs et diffuseurs, et les techniques dites "virales", il y a fort à parier que vos mots-clefs se retrouveront tout en haut des listes de recherches grand public. De plus, les ingénieurs utilisent les flux RSS et les technologies d'alertes d'actualité sur le net.

 

Communication interne et intranet

De nombreuses entreprises souhaitent franchir le pas du numérique, car, comme l'expliquent les deux ingénieurs de la Sompresse, "l'immatériel, c'est beaucoup d'avantages". En effet, fini les archives papiers encombrantes et la lourdeur de l'organisation, place nette est faite à l'immédiateté de la transmission d'informations, aux gains de temps et souvent d'argent… "Pour eux, poursuit M. Alidina, nous proposons de nombreuses formules intranet afin d'optimiser la gestion des stocks, du personnel, mais aussi des plannings de travail partagés, des agendas en ligne, et beaucoup d'autres tâches encore pour améliorer la compétitivité des entreprises".

 

 


 

Zaléo, un outil de communication numérique interactif deux en un pour toucher votre coeur de cibleZaléo, un outil de communication numérique interactif deux en un pour toucher votre coeur de cible

 

Sous sa forme initiale, Zaléo – littéralement "d'aujourd'hui" en shimaoré – c'est une newsletter d'informations pratiques totalement gratuite, reprenant agenda, informations utiles, actualités générales… Toutefois, les ingénieurs l'ont aussi pensée comme un outil marketing et de communication commerciale numérique très efficace. Grâce à leur base de données, comptant plus de 5.000 adresses email, la diffusion massive de cette lettre d'information, deux fois par semaine, dont la notoriété s'est révélée très vite, offre aux annonceurs une large visibilité, et ce quel que soit le format de l'encart publicitaire choisi, en fonction du budget et du message : image fixe, dynamique, lien vers un site…

"L'avantage de ce modèle Zaléo, c'est que c'est également un concept déclinable et personnalisable. Une entreprise ou une institution peut avoir sa newsletter, soit à des fins commerciales, soit comme un outil de communication institutionnelle, à diffuser au sein de l'entreprise ou aux agents d'une administration, de la taille et selon la périodicité qu'elle désire", explique Thomas Bégrand, coresponsable du pôle web.

Moins agressif et plus plaisant qu'un simple mailing généralisé, l'outil numérique Zaléo offre nombre de fonctionnalité, comme accéder à un formulaire de contact, au téléchargement de brochures, la redirection par lien ou le partage de contenu… Une entreprise, une administration peut ainsi disposer de sa newsletter, insérer ses messages commerciaux ou des informations pratiques, et décider de l'envoyer chaque semaine, chaque mois, à des milliers d'internautes qui accepteront et apprécieront de recevoir ainsi ces informations. Un enregistrement officiel à la Cnil permet de gérer les envois et de rajouter ou supprimer des adresses des listes sans aucun souci, pour chaque client.

"En reprenant la charte graphique et l'identité visuelle d'une marque ou d'une société, nous pouvons construire, de concert avec nos équipes de designers graphistes, un outil totalement personnalisé et esthétique", argumente pour sa part Raiz Alidina. "C'est un moyen de diffuser des informations, cela reste le cœur de notre activité", précise pour sa part Laurent Canavate, le directeur de la Somapresse.

Pour le compte de ses clients, le pôle web met à disposition et gère l'ensemble ou des sous-parties ciblés de sa base de données mail. Et pour optimiser l'efficacité et l'impact d'une campagne publicitaire, les webmasters disposent d'une batterie d'éléments statistiques permettant, grâce à la traçabilité des clics, de mesurer le retour auprès des différents publics.

 

 


 

CV Express :

 

Des pros pour vos projets:

 

Raïz Alidina : Ingénieur d'étude et de développement

  • 2006 : Obtient son master Miage à la Sorbonne
  • 2007 : Devient chef de projet chez Smile, importante société de services en ingénierie informatique (SSII) française. Détaché auprès des groupes Lagardère, AFNOR, JC Decaux et du Commissariat à l'énergie atomique (CEA).
  • 2009 : Coresponsable du pôle web de la Somapresse

 

Thomas Begrand : Ingénieur d'étude et de développement

  • 2001 : Obtient son diplôme d'ingénieur à l'ISAIP
  • 2001/2002 : Responsable informatique de la délégation française à l'ONU.
  • 2002/2004 : Rattaché au ministère des Affaires étrangères. Responsable du projet d'informatisation des universités du Cameroun.
  • 2004/2008 : Directeur informatique des services fiscaux de Mayotte.
  • Depuis 2008 : Coresponsable du pole web de la Somapresse

UNE Mayotte Hebdo N° 438 – Vendredi 14 août 2009

UNE Mayotte Hebdo N° 438 - Vendredi 14 août 2009 Mohamed Boina – 104 ans

Souvenirs de l'ancien temps

> Elections : M'tsangamouji, Sada, l'UMP balayée
> Education : Des projets, mais pas de budget
> Santé: Analyse régulière pour une eau de qualité
> Mayotte ECO : Des sites internet made in Mayotte
> Tounda : Miss Mayotte, FIM : interview d'artistes

13/08/09 – Grève des instituteurs dès la rentrée

Après avoir demandé l'ouverture de négociations avec le vice rectorat concernant l'ordonnance instituant un droit d'accueil pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires, demande restée sans réponse, l'intersyndicale du primaire qui regroupe le Snuipp Mayotte, SE Unsa, Sud éducation Mayotte et Sima Snudi FO annonce qu'un prévis de grève illimitée a été déposé à compter du lundi 24 août, date de la rentrée scolaire. Les personnels du primaire sont appelé à se mobiliser pour revendiquer toujours l'indexation des salaires des enseignants du 1er degré, la mise en place d'un plan pluriannuel devant aboutir à l'intégration de l'ensemble des personnels enseignants de Mayotte dans le corps des Professeurs des Ecoles, la mise en place d'un dispositif de reclassement avec prise en compte de l'ancienneté générale de service, la mise en extinction du corps des instituteurs de la fonction publique de l'Etat recrutés à Mayotte à compter du 1er janvier 2010, la titularisation des contractuels dans le corps de Professeurs des Ecoles et l'amélioration des conditions d'enseignement.

Par ailleurs, réagissant aux propos tenus par François Fillon lors de sa visite dans l'île au mois de juillet, le syndicat Snuipp Mayotte annonce qu'il "suivra très scrupuleusement ce qu'à qualifié le Premier ministre comme un impératif", à savoir la limitation à 28 élèves dans les classes du primaire dès cette rentrée. "Dores et déjà, nous relayons cette annonce auprès des enseignants de l'élémentaire en leur demandant de respecter scrupuleusement cet "impératif" ministériel de ne pas accueillir plus de 28 enfants dans les classes", précise le communiqué de Rivo, secrétaire général du Snuipp.

13/08/09 – Corsairfly propose Paris/Mayotte à 700€

La compagnie d'aviation CorsairFy, qui propose désormais une rotation hebdomadaire Paris Mayotte semi directe, reste fidèle à sa devise, "le ciel sourit enfin aux familles": En signant une convention avec le Secrétariat d'Etat à la Famille, Corsairfly devient le premier partenaire aérien du réseau Familles Nombreuses en rendant possible l'utilisation de la Carte dumême nom à bord de ses avions. Dorénavant, chaque détenteur de cette Carte Familles Nombreuses se verra offrir, au moment de l'achat de son billet, une réduction de 15% applicable sur l'ensemble des destinations desservies par la compagnie. D'autre part, à partir du 10 août 2009, la compagnie Corsairfly propose des tarifs attractifs pour voyager en classe Horizon, hors vacances scolaires, au départ de Paris, mais aussi de province (Nantes, Lyon, Marseille), moyennant une majoration de 50€.

Les clients de la compagnie pourront, en réservant leur billet jusqu'au 31 août, partir vers toutes les destinations desservies par Corsairfly.- Canada, Caraïbes, Afrique, Israël et océan Indien, entre le 10 août 2009 et le 31 mars 2010, à des tarifs relativement abordables. A titre d'exemple, dans la zone, Corsairfly propose des Paris / Mayotte et des Paris / Madagascar aller retour à partir de 699 €, et des Paris /Maurice ou Réunion à partir de 599€.

13/08/09 – Conflit s’expose au CDTM jusqu’au 28 août

Conflit expose ses sculptures dans le hall du comité départemental du tourisme (CDTM), du 14 au 28 août. Pendant deux semaines, le jeune artiste mahorais vous invite à découvrir ses dernières œuvres. Vous pouvez découvrir son portrait dans le magazine Horizon Austral. Les visites se feront aux horaires d’ouverture du CDTM, du lundi au vendredi, de 7h30 à 16h30. Le 28 août, l'exposition sera visible jusqu'à 20h.

13/08/09 – La Sacem tient une permanence au 5/5 jusqu’au 15 août

La Sacem, représentée par la délégation de la Réunion, tient une permanence au 5/5 à Mamoudzou (mayotte), depuis ce lundi 10 et jusqu'au samedi 15 août. La permanence est ouverte dans la matinée de 9h à 10h et le soir à partir de 17h30. Pour tous renseignements : 0692 86 94 02 ou au 0693 91 56 57.

13/08/09 – Les handisports en démonstration ce samedi

On l’oublie trop souvent, mais le handisport existe bien à Mayotte. Pour faire découvrir les activités sportives adaptées aux handicapés, l’association handisport et culture de Petite Terre organise une journée de démonstration ce samedi 15 août à l’AJP (Pamandzi).

La journée débutera à 9h par une démonstration de basket-fauteuil ainsi qu’une initiation pour tous. De 10h à 12h, les spectateurs assisteront à un tournoi de basket-fauteuil et pourront participer à des jeux. Enfin dans l’après-midi, une sortie kayak clôturera la manifestation. Pour plus de renseignements, appelez le 06 39 22 71 31.

 

Dzoumogné recherche un entraîneur de handball

L'association Handball club de Dzoumogné recherche un entraîneur de handball. Cette association a été créée il y a 3 ans. Contact : 0639687724

13/08/2009 – Election Miss Mayotte 2009

{xtypo_dropcap}C{/xtypo_dropcap}ette année, l’opération Miss Mayotte a commencé tardivement, en juin au lieu de février. Les castings se sont déroulés du 16 au 31 juillet. Bien que le délai de recrutement soit court, une trentaine de jeunes filles qui avaient les critères exigés s’est présentée.

Pour Véronique du CDTM, cette large participation présente « les premiers signes d’une réaction spontanée de la part des jeunes filles ». « On commence à identifier le résultat du travail initié depuis trois ans ». L’opération Miss Mayotte s’ancre ainsi de plus en plus dans l’île.

A l’issue des rencontres, douze candidates ont été choisies selon les critères suivants : être de nationalité française, née à Mayotte ou d’origine mahoraise, âgée de 18 à 25 ans, célibataire et sans enfant. Une des douze candidates n’était finalement pas en mesure de continuer l’aventure, regrette le comité du tourisme.

Sandati, Aïcha, Habiba, Stanisla, Rhaïmy, Chamsia, Elodie, Nissoiti, Chaëla, Naïma et Nassuyati sont les candidates à l’élection 2009 de Miss Mayotte. Elles sont âgées entre 18 et 23 ans. Cinq proviennent de Petite Terre, quatre de Mamoudzou et deux de Chiconi et Chirongui.

Les onze prétendantes sont en formation depuis ce mardi 11 août. Elles auront à se présenter dans quatre thèmes : tenue traditionnelle, contemporaine, en maillot de bain et de soirée. Les organisateurs promettent un décor très esthétique. Une véritable invitation au voyage, en Inde, est annoncée… pour une ambiance Bollywood. En plus, un mélange de danses témoignera de notre identité mahoraise.

Esthel Née, Miss Mayotte 2008 et 3ème dauphine de Miss France 2009, sera présente lors de l’élection et couronnera la nouvelle ambassadrice. Esthel Née participera, ce samedi 15 août, à l’élection de Miss Réunion. Seront également présentes à la soirée du 20 août, Geneviève Leblanc, représentante officielle du Comité Miss France, et Alexandra Rosenfeld qui n’est autre que la Miss Europe 2007.

Cette année, l’élection se déroule sur le parvis du comité départemental du tourisme. Selon Véronique du CDTM, ce lieu pourra accueillir 500 personnes et sera fermé par des barrières.

Pour assurer la retransmission en direct de la soirée du 20 août, les organisateurs précisent que les entrées du site seront fermées à 19h30.

Yousrat Ali

avec Rafik

Pré-vente des billets (20€) jusqu’au 19 août à 16h30 au CDTM et Boutique SFR Kawéni. Pour tous renseignements : 0269 61 09 09 (CDTM)

13/08/2009 – Interview de Salim Ali Amir

 

 

{xtypo_dropcap}T{/xtypo_dropcap}ounda : Depuis 1991, vous êtes venu une quinzaine de fois à Mayotte pour des concerts. Qu'avez-vous réservé cette année au public mahorais ?

Salim Ali Amir : J'ai joué de la musique toirab vendredi dernier pour le lancement du festival. C'est une musique traditionnelle qui est jouée partout aux Comores à l'occasion des mariages. Mercredi en revanche, j'ai joué mon répertoire moderne, avec des chansons de mon dernier album qui s'appelle "Namwa yélé" ("Allez vous laver" en shicomori), un message aux politiciens comoriens…

 

Tounda : A travers le toirab, vous continuez de faire exister la musique traditionnelle comorienne. Aux Comores, il y a beaucoup de musiciens qui enregistrent leurs morceaux pour faire vivre ces traditions ?

SAA : Oui, la spécialité de la Grande-Comore, c'est le toirab. J'ai ouvert un studio d'enregistrement, Studio 1, en 1989, c'était le premier. J'y ai travaillé en tant qu'arrangeur et j'aidais beaucoup les jeunes artistes. Avant on le jouait un peu n'importe comment, mais les Comoriens ont compris que c'est une musique riche, qui n'est pas compliquée mais qui mêle les musiques, avec une sonorité arabe et des chants comoriens. Donc on a essayé d'aider les jeunes à enregistrer de la musique toirab et ça se vendait comme des petits pains. Il y a même des chanteurs de toirab qui sont partis chanter à Marseille, à Paris, à Mayotte…

 

Tounda : Dans votre répertoire, vous reprenez aussi des grands classiques comoriens…

SAA : Oui, c'étaient des vieilles chansons qui étaient mal enregistrées ou qui ont disparu. Dans mon album qui s'appelle "Mgodjo" ("Bâton" en shicomori, "Bankork" en shimaoré, ndlr), j'ai fait une chanson, comme un pot-pourri, où je reprends des chansons des années 60 ou 70 qui étaient chantées par les anciens et avaient disparues, en les arrangeant à la façon de Salim Ali Amir.

 

Tounda : Vous avez des maîtres qui vous ont appris cette musique ?

SAA : Quand j'étais jeune, à l'école coranique, on chantait le Coran en langue arabe. Dans les grandes manifestations publiques, j'étais devant, dès l'âge de 7 ans. J'ai commencé à aimer la chanson grâce aux chants religieux, mais ce n'était que de la musique arabe. Après j'ai commencé à regarder les gens jouer du clavier et j'ai essayé de jouer les mélodies de ma flûte dessus, mais ce n'était pas possible car c'était un clavier qui venait d'Europe et il n'y avait pas les gammes arabes. J'ai fini par apprendre et j'ai joué avec plusieurs groupes et découvert de la musique étrangère pour composer mes chansons. Toutes ces inspirations que j'ai eues quand j'étais jeune, je les ai encore en moi aujourd'hui, avec des chants bantous, des sonorités arabes et des arrangements occidentaux. Des mélodies orientales et des rythmes modernes…

 

Tounda : Justement, vous collaborez aussi avec des artistes modernes, comme le rappeur Rohff dans son dernier album cette année…

SAA : Oui, j'ai composé aussi pour pas mal d'artistes, par exemple la grande chanteuse de zouk comorien Chamsia Sagaf. J'ai chanté avec Rohff et aussi des jeunes, je chante même le rap, enfin je fais la musique !

 

Propos recueillis par Julien Perrot

13/08/2009 – Interview de Grace

 

 

{xtypo_dropcap}T{/xtypo_dropcap}ounda : Vous avez sorti votre premier album au mois d'octobre 2008. Que faisiez-vous avant de vous lancer dans une carrière musicale ?

Grace : J'ai toujours fait de la musique parce que je viens d'une famille de musiciens, et c'est une façon de vivre pour nous. Mon frère n'est pas du tout professionnel, mais il écrit quand même des chansons. Moi, j'ai composé depuis que je suis vraiment toute petite. Avant la guitare, j'avais un ukulélé. C'est vraiment une façon de vivre, de réagir, de s'exprimer quand on n'a pas les moyens de le faire autrement. Anyway, cela dit, je ne voulais pas faire de carrière professionnelle, ça ne m'intéressait pas le côté "music industry". Mais petit à petit, sur ma route de vie – j'ai vécu avec des familles soufi du Pakistan, j'étais avec des griots au Sénégal, j'ai vécu en Jamaïque, j'ai étudié la musique traditionnelle en Ethiopie – j'avais de plus en plus de choses en moi que j'avais envie de partager : mes propres expériences de vie, les choses que j'ai vues, la parole des gens qui ne l'ont pas… J'avais envie de m'exprimer pour eux.

 

Tounda : Vous êtes arrivée hier. Quelles sont vos premières impressions sur Mayotte ?

Grace : On rigole, on se dit : "Ca y est, on est chez nous. On est au pays". On est vraiment soulagé d'être ici. Je suis touchée ici par une vibration de vie qu'on retrouve souvent dans ces zones chaudes tropicales. On a enregistré une partie de l'album au Sénégal, mais depuis sa sortie, c'est la première fois qu'on joue en Afrique.

 

Tounda : Vous dites que vous avez des racines européennes et le cœur en Afrique. Mayotte est un peu votre miroir inversé, avec ses racines africaines et son cœur en France…

Grace : C'est une phrase que j'ai dite il y a déjà un petit moment et ce n'est pas une règle absolue, c'est une émotion. J'ai des racines un peu dans chaque endroit où j'ai pu en mettre et mon cœur est attaché à plein d'endroits. Mais pour moi, l'Afrique est le berceau de l'humanité et elle a quelque chose de "primal" pour nous tous. Ce battement de cœur – you know the heartbeat of Africa – on peut le sentir dans le monde entier. Ici, on n'est pas sur le continent mais on le sent quand même et il y a aussi ce métissage. Je me sens chez moi parce que moi-même, j'ai des talents métissés.

 

Tounda : De quoi parlent vos chansons ? Est-ce que vous avez un message particulier à transmettre aux Mahorais ?

Grace : Mon album s'appelle "Hall of Mirrors" : c'est une métaphore de la vie. Ce qu'on voit en face, la personne en face est une projection de nous-mêmes, de ce qu'on projette, de ce qu'on attend, de ce qu'on donne. Quelque part on est tous sur le même bateau sur cette Terre et ce qui concerne nos voisins nous concerne aussi. Avant tout, on doit se sentir concerné par ce qui se passe dans le monde entier, par ce qui se passe chez notre voisin et même si on a l'impression que c'est une goutte d'eau, cette goutte d'eau elle est très importante, bien plus qu'on ne l'imagine. Après, je parle de la guerre, de la famine, mais avec beaucoup d'espoir, d'amour. Je pense qu'avec l'amour, avec la "positivité", on peut relever tous ces défis lancés : l'environnement, les guerres, la famine… Ce sont des choses que le monde est capable de surmonter. Du coup, on peut se réjouir de tous les défis devant nous. C'est la joie de vivre malgré les challenges.

 

Tounda : Ce soir, vous allez jouer quelques morceaux inédits. Vous préparez un nouvel album ?

Grace : Oui, parce que tout ça, c'est aller à la rencontre de personnes différentes, de pays différents et ça m'inspire. Donc il y a toujours des nouveaux morceaux qui viennent, mais on est en tournée en France jusqu'à fin décembre et on va lancer des prochains singles, peut-être un nouveau clip. Le prochain album n'est pas pour tout de suite, c'est une question de business… J'aimerais bien, mais on va déjà aller au bout de ça. On va aussi faire des dates en Allemagne, en Angleterre et évidemment aux Etats-Unis car j'ai envie de voir ce que les anglophones américains pensent de ma musique.

 

Propos recueillis par Julien Perrot

 

Ecoutez quelques-uns de ses morceaux sur www.myspace.fr/graceinmusic

 


Petite bio de Grace

Une forte conscience écologique et humaniste

Nomade insatiable, Grace est une artiste qui mélange allègrement les influences musicales, à l'image des nombreux pays qu'elle a traversés. La chanteuse n'aime pas beaucoup se dévoiler, et sa vie avant la sortie de son premier album, "Hall of Mirrors", le 6 octobre 2008, reste empreinte de mystère. Le grand public a fait sa connaissance le 21 juin 2008, lors du concert à l'Hippodrome d'Auteuil pour la Fête de la Musique, diffusé par France 2, avec le titre "Imagine one day" qui ne tarde pas à entrer dans les playlists des radios pour devenir l'un des 10 morceaux les plus diffusés en France pendant le printemps 2009.

En tournée dans tout l'Hexagone, elle fait salle comble au Bataclan en mars, ouvre le Printemps de Bourges en avril et part sur la route des grands festivals d'été (Francofolies, Montreux, Sakifo et… le Fim !). Elle repassera au Bataclan le 12 décembre.

Américaine née au Canada, Grace a passé son enfance dans le sillage de ses parents musiciens de folk américains, entre concerts et tournées. Quand elle n'était pas gardée à l'occasion par la célèbre chanteuse de country rock Emmylou Harris, elle vivait dans une ferme de la Nouvelle-Ecosse, sans eau ni électricité. Elle a sept ans quand ses parents se séparent. Elle suit alors sa mère, engagée dans une mission humanitaire au Kenya. Une deuxième enfance, africaine celle-là, qui marquera à la fois sa vie et sa musique. L'Afrique, elle y retournera souvent, notamment pour étudier l'art des griots, entre Sénégal et Ethiopie.

Une soif de connaissances qui l'emmènera jusqu'en Inde, où elle s'imprégnera de yoga et de musique soufi. Elle a également vécu en Jamaïque et… en Alsace, au pied des Vosges, où elle a appris à parler français quand elle était en CM2. Elle vit aujourd'hui entre Paris, rue des Abbesses, et la Californie. Avec cette vie de voyages, Grace va développer une forte conscience écologique et humaniste, qui transparaît dans ses chansons.

Des influences planétaires qu'on retrouve bien sûr dans sa musique. Grace évolue entre ballades soul et rythmes reggae, folk-blues et musiques du monde, avec une aisance qui évoque les plus grandes vocalistes de jazz et de gospel. Comme ses propres parents, Grace se situe dans la tradition des "song writers" américains (Rickie Lee Jones, Joni Mitchell, James Taylor) en écrivant et composant ses propres chansons. Sans fioritures inutiles ni arrangements racoleurs, elle impose, à la seule force d'une voix exceptionnelle gorgée d'émotion, des chansons bien singulières mais aux thèmes universels, qui parlent d'espoir, de tolérance, d'amour et de fraternité.

12/08/09 – Homicide

Fait très rare à Mayotte, un cas d'homicide volontaire a été présenté ce mardi au juge d'instruction. Les faits remontent à samedi soir. Vers 23h, lors d'une soirée bien arrosée à Ongojou, une bagarre éclate entre deux jeunes hommes pour un motif toujours inconnu. L'un d'eux se saisi d'une masse de chantier et s'en sert pour frapper son adversaire. Touché au bras, ce dernier réussi à s'emparer de la masse et frappe son agresseur à la tête, deux fois. Le jeune homme est tué quasiment sur le coup, tandis que son meurtrier prend la fuite. Le procureur de la République Gilles Rognoni a tenu à saluer "la perspicacité des gendarmes", qui ont intercepté le fuyard dès dimanche à M'tzamboro où il tentait apparemment de rejoindre l'île d'Anjouan dont il est originaire. Lors de son interrogatoire, le meurtrier reconnaitra avoir voulu "achever" la victime, le Parquet a donc ouvert une enquête pour homicide volontaire. Âgé de 25 ans, en situation irrégulière comme sa victime, il encourt une peine de 30 ans de réclusion.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes