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Pas satisfaits, les conducteurs de bus du nord préfèrent rester à quai

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Une nouvelle réunion dans les locaux de la préfecture de Mayotte, à Mamoudzou, ce mercredi 5 octobre, n’a pas calmé la colère des conducteurs de bus travaillant dans le nord de l’île. Le droit de retrait, pris lundi après de nouveaux caillassages à Longoni et Majicavo, va perdurer jusqu’au lundi de la rentrée. 

La route nationale partant de Mamoudzou et menant jusqu’à Dzoumogné restera vide de bus scolaires, ces jeudi, vendredi et samedi. Axe très redouté, elle est constamment l’objet d’affrontements de plus en plus violents. Les derniers en date ont profondément choqué les conducteurs de transport scolaire. A peine ont-ils repris le travail lundi par exemple, que la situation s’est envenimée. A Longoni, dès le matin, neuf bus qui devaient se rendre au lycée de Dzoumogné ont été victimes de caillassages. Une heure plus tard, ce sont d’autres véhicules qui sont pris pour cibles à Majicavo-Koropa. « Je n’ai pas voulu ouvrir la porte. Donc ils ont fini par casser une fenêtre pour sortir », témoigne la conductrice, présente à la préfecture, ce mercredi matin. Ce sont d’ailleurs ce que montrent les images diffusées sur les réseaux sociaux par des élèves du bus suivant. Sur la cinquantaine de lycéens qui devaient être déposés chez eux à Kawéni, « une dizaine » est arrivée avec la conductrice à destination.

« Qu’ils soient étrangers ou Français, on s’en fout. On veut juste que ça s’arrête », demande un de ses collègues, qui souhaite dorénavant être armé. « Ça fait neuf ans que je suis là et c’est de pire en pire. » Tous décrivent des pièges tendus par les bandes pour s’en prendre à leurs passagers, des jeunes dans le bus qui invectivent ceux à l’extérieur, des pierres qui sont remplacées parfois par des machettes ou des collègues dorénavant. « Si on te met une machette sur le cou, qu’est-ce que tu fais ? », questionne le même. Selon eux, les débordements étaient mêmes prévisibles, la tension avant le droit de retrait n’étant pas encore retombée.

Des médiateurs ou des associations de parents réclamés

Malgré la répétition des réunions, comme celle de ce mercredi, peu de changements sont à noter. « On ne peut pas dire qu’on est déçu, on ne peut pas dire non plus qu’on est content parce que cette rencontre n’a pas apporté de solutions », juge Kamal-Eddine Attoumane-Ahmed. Le délégué CFDT était avec les transporteurs, le délégataire Transdev, la directrice du cabinet du préfet de Mayotte, Marie Grosgeorge, des représentants des forces de l’ordre et Soihirat El Haddad*, la conseillère départementale de Pamandzi. Le Département justement, qui a la compétence du transport scolaire, et l’État qui doit veiller au maintien de l’ordre, cristallisent la rancœur chez les chauffeurs et leurs employeurs. « Les politiciens prennent les choses à la légère. On n’a plus confiance en eux. Tant qu’ils n’ont pas réglé le problème, on ne va pas reprendre le service », avertit le délégué syndical. Carla Baltus, dirigeante de la société de transport du même nom, ne dit pas autre chose. « Le Département ne prend pas ses responsabilités », constate celle qui dit cependant ne plus pouvoir assurer le paiement de ses conducteurs faute de trajets assurés (lire par ci-dessous).

La question des médiateurs ou des associations de villageois a de nouveau été abordée lors de la réunion. Cette solution permet, selon les conducteurs, de réduire considérablement les tensions sur les routes, aussi parce que la présence des forces de l’ordre attise parfois les conflits. « Ils ont mis des médiateurs de Mamoudzou à Koungou, alors qu’on avait demandé des médiateurs de Kaweni jusqu’à Dzoumogné. Et on va que c’est à Longoni que ça a bien dégénéré », regrette le syndicaliste.

En outre, il demande également une réponse pénale plus sévère et « que les élèves soient punis de manière exemplaire ». Les conducteurs le reconnaissent, comme ils font souvent les mêmes trajets, ils voient monter de nouveau des jeunes impliqués dans les affrontements parfois qui datent de la veille.

Une nouvelle réunion fixée au 21 octobre (« trop tard » selon Carla Baltus) doit permettre de préparer la rentrée et de savoir si oui ou non le retour des bus scolaires se fera plus sereinement.

*Contactée, elle ne nous a pas répondu.

 

Les transporteurs ne veulent plus assumer les droits de retrait

Ce nouveau droit de retrait pénalisant de nouveau financièrement le groupement Narendre M’beli, les entreprises qui assurent le transport scolaire dans le nord de l’île (Matis et les Transports Baltus) ont choisi de ne pas le reconnaître et donc de ne pas payer leurs salariés. « N’étant pas rémunérées par le Département pour les jours non travaillés, [elles] ont unanimement décidé de ne pas reconnaitre la validité d’une poursuite de ce droit de retrait au-delà de ce mercredi et ne rémunéreront donc pas les conducteurs qui le poursuivraient », signent conjointement les deux directrices, Lantoseheno Thomas et Carla Baltus.

« Nos entreprises qui supportent déjà seules toutes les conséquences directes et indirectes des caillassages à répétition des véhicules, sont au bord du gouffre et n’entendent pas être les victimes collatérales d’une incapacité des autorités à leur permettre d’exercer leur mission de service public dans des conditions normales », ajoutent-elles.

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