La grève des agents de MATIS, régulièrement caillassés par des délinquants hors de contrôle, ravive les inquiétudes des citoyens face à la recrudescence de la violence gratuite sur les routes de Mayotte. Ils déplorent que les renforts importants de forces de l’ordre dépêchés sur l’île soient davantage affectés à des contrôles de véhicules et de passagers en zone urbaine qu’à l’interception des kwassa hors du lagon avant qu’ils n’atteignent le rivage.
L’accalmie n’aura finalement duré qu’un temps très court — à peine un an — le temps pour la vie de reprendre ses droits dans les chaumières mahoraises, une année après le passage du cyclone Chido, désormais référence sur tout l’archipel. Les conséquences désastreuses de cet aléa climatique, sans précédent dans les annales françaises, avaient quelque peu brouillé les cartes chez les semeurs de troubles des banlieues de Mamoudzou, Koungou et Petite-Terre. Sans doute attendaient-ils que les assurances indemnisent les nantis ayant pris soin d’assurer leurs biens, notamment les véhicules, pour pouvoir recommencer à les vandaliser.
« Ce qui est déplorable, c’est que non seulement les violences reprennent de plus belle, mais elles sont intenses et gratuites : les petits voyous n’ont plus besoin de justifier leurs exactions », constate Abdallah H., un habitant de Mangajou (commune de Sada), théâtre récent d’un déchaînement de violence inouïe et inattendu, œuvre de gamins venus de la commune voisine de Chiconi. Telle une gangrène, la violence, aujourd’hui en cours de banalisation sur l’île, se répand comme un mal chronique, passant progressivement d’un stade bénin à…
Journaliste politique & économique




































