SMCI : un début d'accord et un revirement qui passe mal

SMCI : un début d'accord et un revirement qui passe mal

Depuis un mois, le concessionnaire automobile SMCI – groupe Caillé tourne au ralenti pour cause de contestation sociale. Alors que la situation semblait avoir débouché sur des accords en début de semaine, les salariés grévistes dénoncent une volte-face de la direction, au dernier moment.

 

Quatre ans que le concessionnaire automobile historique du département, SMCI, n’avait pas connu de grève. Depuis désormais un mois, une partie des salariés de la société est en grève. L’élément déclencheur ? "La mise à pied d’un des collègues [Paul Arsene, ndlr] au mois de mars. Il s’en est pris à la direction qui nous parle comme à des animaux", dénonce Raffiki Abassi, délégué syndical à la CGT-Mayotte. Un préavis de grève est aussitôt envoyé, dénonçant la dégradation du climat social au sein de l’entreprise. "Nous recensons 90 % de grévistes sur les 26 salariés depuis le 12 avril." Installés sous une tonnelle à quelques mètres de la grille d’entrée, les contestataires font le pied de grue et invitent, avec le sourire, les clients à ne pas pénétrer à l’intérieur.

Durant plusieurs dizaines de jours, les échanges avec la direction ont achoppé. Finalement, les négociations se sont accélérées en ce début de semaine, avec l'intervention de la direction des ressources humaines par visioconférence depuis l’île Bourbon - la SMCI dépend du groupe Caillé, basé à La Réunion - mais aussi de la Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Dieccte) et de la CGT-Mayotte. Parmi les seize revendications des grévistes, un accord est finalement trouvé sur dix d’entre elles, comme une prime d’intéressement, des tickets-resto d’un montant de 8,50 euros pris en charge à 60 % par la société, une prime de transport de 15 euros par mois ou encore une augmentation salariale de 30 euros… "Mardi à 13 heures, nous étions prêts à signer alors que nous avions déjà consenti des efforts par rapport à nos souhaits initiaux", insiste le représentant du personnel. Sauf que les pourparlers partent en fumée en seulement quelques heures."Puis, à 16h30, la direction est revenue sur sa parole : c’était soit un simple treizième mois réparti sur trois ans, soit rien du tout. Tout ce que nous avions acquis plus tôt, nous devions l’oublier !"

"Nous sommes très pacifiques"

Les salariés décident alors de refuser la proposition, jugée inadéquate, et de ne pas reprendre le chemin de la concession. Un revirement malheureux pour Johann Veyssier, employé depuis quatre ans à la SMCI. "Nous avons tous envie de reprendre le travail. […] Nous avons besoin de finances", confie-t-il. Avant de donner son avis sur le mouvement : "nous sommes très pacifiques, nous ne faisons pas de bruit et nous n’entrons pas dans les locaux." Un pacifisme qu’il semble presque regretter aujourd’hui, vu l’évolution des négociations. Pour ses camarades et lui, l’incompréhension est totale. "Nous avons le sentiment d’être les déchets du groupe..." À l’aube de débuter leur cinquième semaine de grève, l'équipe reste malgré tout unie. "Si la direction ne revient pas [sur les premiers accords], nous ne bougerons pas", assurent-ils en chœur.  Contacté par Flash Infos pour réagir, le directeur d’exploitation de SMCI, Olivier Malidin, n’a pas répondu à nos sollicitations.

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