Mouvement social | "Les actions vont être multipliées"

Mouvement social | "Les actions vont être multipliées"

Le septième jour de grève générale a été marqué par la mise en place de cinq barrages routiers dès l'aube. Les "maigres annonces" de la ministre des Outre-mer n'ont pas calmé le jeu. Le mouvement est reconduit ce jeudi.

Les réseaux sociaux ont surchauffé, mercredi, sur l'Île aux parfums. Tout au long de la matinée, les internautes ont partagé les points de blocage des axes routiers, dans un groupe Facebook dédié à la circulation. La grève générale contre l'insécurité s'est traduite hier par la mise en place de cinq barrages routiers, avec des pneus, du bois ou encore de la végétation. Les routes ont été notamment coupées à Dzoumogné, à Combani, au carrefour de Soulou, à Chiconi et à Chirongui. De quoi perturber la circulation de l'ensemble de l'île. Pour preuve, la fluidité du trafic dans les rues de Mamoudzou. Nombre d'automobilistes vivant dans le reste de l'île n'ont pas pu gagner le chef-lieu. Les premiers barrages ont été "érigés vers 4h30", précise-t-on du côté de la gendarmerie. Des militaires ont été positionnés à chaque point de blocage, pour sécuriser les lieux. Vers 16h30, tous étaient encore en place. 

Deux pelotons de gendarmerie dès cette semaine

Mais on se dirigeait vers un retrait de ces derniers, au cours de la soirée. "On ne gardera pas la même stratégie à chaque fois", prévient Maoulida Momed, le porte-parole du Collectif des citoyens de Mayotte. "Les actions vont être multipliées" dans les prochains jours, avertit-il.

Et ce, malgré des annonces dès le début de la matinée, mercredi, de la ministre des Outre-mer. En l'espèce, "l'arrivée dès cette semaine de deux pelotons de gendarmerie mobiles", soit 48 gendarmes, selon nos informations. "Le déploiement à Mayotte de la police de sécurité du quotidien lancée se traduira par l’arrivée progressive de 20 gendarmes de plus", indique Annick Girardin, par voie de communiqué. Dix policiers supplémentaires viendront aussi gonfler les rangs de la PAF (police aux frontières) "dès le premier trimestre […] Le gouvernement veillera également à ce que les nouveaux bateaux dédiés à la lutte contre l’immigration illégale soient livrés dès septembre prochain […] Et dès cet été, une brigade de prévention de la délinquance juvénile sera effective." En outre, "à la demande du gouvernement, le préfet va réunir les maires concernés pour accélérer [la] mise en place" d'une zone de sécurité prioritaire, énonce la ministre. Un plan de sécurisation des établissements et des transports scolaires "sera opérationnel dans les 10 jours", liste également l'exécutif.

"Sans effets majeurs"

"Je me félicite de [ces] annonces, qui sont des premiers pas dans la prise en compte des exigences de sécurité de nos compatriotes de Mayotte", salue par voie de communiqué le député mahorais Mansour Kamardine (Les Républicains). "Mais il conviendra d’en faire d’autres, sans attendre, pour résoudre la grave crise sécuritaire à laquelle les autorités se doivent de répondre immédiatement."

"Ce sont de maigres annonces qu'on a l'habitude d'entendre ça et là, sans effets majeurs", déplore de son côté Maoulida Momed. Il annonce la reconduction du mouvement ce jeudi. Mouvement qui perdurera jusqu'à un déplacement du ministre de l'Intérieur dans le 101ème département, prévient-il. Que Gérard Collomb "vienne discuter à Mayotte […] avec nous des choses qu'il compte mettre en place. Je ne remets pas en cause la ministre des Outre-mer mais elle doit toujours se référer au ministre de l'Intérieur sur les questions de sécurité intérieure", justifie-t-il.

Maoulida Momed se refuse à indiquer les actions prévues ce jeudi. Le mouvement social fait le pari de renouveler ses formes de mobilisations, tous les jours.

Au Medef, on craint "la mort de nombreuses entreprises"

"Le mouvement est légitime, la forme est des fois contestable", regrette la nouvelle présidente de l'organisation locale du Medef à Mayotte, Carla Baltus. "On sort à peine des séquelles de 2011. Si on retourne dans un mouvement prolongé, ce sera sans aucun doute la mort de nombreuses entreprises, de projets et le manque d'attractivité qui va encore s'aggraver […] Les gens n'arrivent pas à se rendre au travail. Les entreprises sont au ralenti. Quand on n'a pas d'activité, je ne vois pas comment on peut payer un salaire […] Bloquer toute l'île, l'économie, je trouve cela très dommage", poursuit-elle.

 

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