La colère gagne les sapeurs-pompiers

La colère gagne les sapeurs-pompiers

Ce mercredi, le syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels appelle tout le personnel au centre de secours de Kawéni dans la matinée pour évoquer le projet du directeur auquel il n’adhère pas. L’idée est d’échanger et de prendre une décision sur la suite à donner à cette mobilisation.

"Soit le directeur se remet dans les rangs, soit il peut aller demander une nouvelle affectation à la préfecture", s’insurge Ahmed Allaoui, le président du syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels. "En seulement quatre mois de présence, il a adressé une synthèse au Département qui ne reflète en rien la réalité du terrain." Dans son rapport, le directeur aurait dénoncé le manque d’expérience et de technicité des sapeurs-pompiers mahorais et aurait recommandé l’envoi d’un contingent de forces spéciales pour une durée de trois ans, dans le but de redresser la barre. "Écrire cela est une insulte à notre égard alors que nous avons fonctionné à plein temps durant les grèves de l’an dernier", peste Ahmed Allaoui. Pour exprimer son mécontentement, le syndicat convie tout le personnel ce mercredi au centre de secours de Kawéni à 9h pour évoquer ce projet, "auquel nous n’adhérons pas".

Mais ce n’est pas tout. Le syndicat exige une mutuelle labellisée pour couvrir les soldats du feu en cas d’arrêt maladie. "Il n’y a qu’à Mayotte que ça n’existe pas ! Nous ne demandons pas la lune", déplore Ahmed Allaoui. Avant de lister les agressions, les violences, les insultes et les intrusions dans les casernes. "Un individu s’est introduit dans la chambre des filles à Longoni et des biens ont été dérobés à Chirongui..." Pour éradiquer ces fléaux, Ahmed Allaoui requiert l’activation du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail mais aussi une politique d’habillement digne de ce nom. "Comment est-il possible de garder une certaine hygiène corporelle avec deux pantalons et trois tee-shirts pour une année ?", s’interroge-t-il. Enfin, il souhaite un traitement d’égalité concernant le versement de l’indemnité d’administration et de technicité. "Ceux dans les bureaux la reçoivent alors que nous jouons notre vie."

En fonction des retours de cette mobilisation, le syndicat décidera de la suite à donner. Un préavis de grève ? "Nous n’excluons rien !", répond d’emblée Ahmed Allaoui. En tout cas, le divorce entre les sapeurs-pompiers et sa direction semble consommé.

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