Faites de l’art, pas la guerre

Faites de l’art, pas la guerre

Ce week-end, des habitants de Dembéni et d’Iloni ont peint les tôles des habitations longeant la rocade. Une initiative artistique qui vise aussi à créer du lien social pour éviter les tensions intervillageoises.    

"Aujourd’hui, j’ai peint un bonhomme, et c’était trop bien". Le long de la rocade entre Dembéni et Iloni, une horde d’enfants surexcités donnent des couleurs aux tôles. A l'initiative de la mairie de Dembéni, une cinquantaine d’habitants des deux communes voisines se sont réunis ce samedi pour une opération aussi artistique que sociale. "A l’origine, le projet est né du centre de loisirs", rembobine Sophie Baluel, cheffe de projet sur le renforcement et la revalorisation de la centralité urbaine à la mairie de Dembéni. "L’idée sous-jacente est la suivante : la tôle enlaidit notre paysage à Mayotte et particulièrement à Dembéni. La peindre permet de l'embellir tout en sensibilisant sur son usage qui reste un danger », explique-t-elle. Paysages, personnages, messages de bienvenue… L’objectif esthétique de la démarche saute aux yeux. Mais derrière cet arc-en-ciel de couleurs, le but de l’événement est également de "créer du lien social". "Cela permet une meilleure cohésion du paysage entre Dembéni et Iloni, mais aussi de rassembler les jeunes", se réjouit la cheffe de projet, des éclats de peinture au coin du sourire.  

« Éviter les bagarres »

Si la majorité des participants sont des enfants, quelques adultes se mêlent à l’expérience. "Des mères sont venues peindre avec nous. D’une manière générale, le projet est très bien reçu par la population", apprécie Sophie Baluel. "Les jeunes du centre de loisirs sont partis chercher les autorisations eux-mêmes auprès des habitants. Certains ont tellement apprécié qu’ils ont astiqué et rafistolé leurs tôles avant qu’on les peigne", poursuit-elle. Loin d’être insensibles au caractère social de l’événement, les enfants reconnaissent, avec leurs mots, l’utilité publique d’une telle initiative : "Si tout le monde faisait de la peinture, nous serions réunis et il n’y aurait plus de bagarres comme celles entre Iloni et Dembéni. Dans le monde, il faut être amis", plaide un garçon de 11 ans, de la peinture dans les cheveux. Un sentiment partagé par ses camarades tout aussi recouverts de peinture multicolore. Prochaine étape ? "Finir la fresque jusqu’à Iloni !", ambitionne Sophie Baluel. De quoi apporter des couleurs à la route, mais aussi dans la vie des habitants.

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