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Deux nouveaux rapports du Césem s’attaquent au logement et à l’agriculture

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Les problématiques de l’agriculture mahoraise et le mal logement étaient au centre des discussions de la séance plénière du Conseil Économique, Social et Environnemental de Mayotte (Césem). Cette réunion était encadrée par le président du Césem, Abdou Dahanani, et son directeur, Nabilou Ali Bacar. Deux rapports ont été étudiés et approuvés à l’unanimité par l’hémicycle malgré quelques distensions en fin de séance.

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Hamidou Madi M’colo, rapporteur de la commission n°3 du Césem, en charge de la question du logement à Mayotte.

 « L’île de Mayotte a été victime de plusieurs séismes au cours des dernières semaines qui ont eu d’énormes conséquences sur les habitations des Mahorais, mais ces derniers n’ont encore reçu aucune solution ». Ces quelques mots de Haoussi Boinahedja, donnent le ton de la séance plénière du Conseil Économique, Social et Environnemental de Mayotte qui s’est tenue ce mardi 20 juin au sein de l’hémicycle Younoussa Bamana. Au menu de ces deux heures de discussion : les difficultés chroniques de l’agriculture mahoraise et les problématiques posées par le mal logement et l’insalubrité à Mayotte.

L’agriculture mahoraise soumise à plusieurs défis

Le premier rapport présenté lors de cette séance plénière traitait de « l’agriculture mahoraise dans la dynamique de l’autosuffisance alimentaire ». Ce rapport a été porté par la Commission n°2 du Césem et traite de l’agriculture sur l’île. Parmi les grandes problématiques détaillées par le rapporteur de la commission, Anthoumani Said : le foncier agricole qui n’est pas disponible ou qui est inadéquat. Il y aurait à Mayotte 9.000 exploitations agricoles recensées en 2020 (source DAAF), mais les cultures sont de petites surfaces, 0,45 hectares en moyenne. Le deuxième gros problème présenté par le rapporteur concerne le manque d’outils pour les exploitations, dont les systèmes de production sont d’ailleurs très précaires. Enfin, la pression démographique et migratoire perturbe fortement le secteur agricole qui ne suit pas la demande en alimentation. D’après le rapport du Césem, 80% des exploitations de l’île sont des micro-exploitations qui offrent une production agricole totale insuffisante face à la demande. D’autant plus que, malgré cette hausse démographique, « la population agricole est âgée et peu formée » précise le rapporteur.

Afin de remédier à l’ensemble de ces problèmes, la commission a dû plancher sur une liste de solutions. De ce travail sont ressortis treize axes de progression présentés lors de la séance plénière et qui doivent permettre de développer une agriculture saine, durable et prospère sur l’île. Parmi ces axes, l’une des grandes préconisations consiste à assurer la maîtrise foncière et l’aménagement des terres agricoles en octroyant des aides aux agriculteurs pour qu’ils puissent investir. Un autre point clé vise à renforcer la politique territoriale en matière d’agriculture et d’agro-agriculture, ainsi qu’informer les agriculteurs des démarches à suivre pour tendre vers une agriculture pérenne. Le président du Césem a également rappelé l’importance de la diversification des circuits de distribution et des modes de commercialisation. Même si Mayotte propose une formation agricole aux plus jeunes à travers le lycée agricole de Coconi, le rapporteur a rappelé la nécessité qu’il y a de « garantir la pérennité des métiers agricoles en menant une politique de valorisation et de facilitation d’accès à ces métiers ». Enfin, la commission a insisté sur l’appui essentiel du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) qui est encore manquant, mais pourtant important pour développer l’industrie agroalimentaire de l’île.

Le logement, talon d’Achille du développement de Mayotte

Après quelques brefs échanges, le rapporteur de la commission n°3 s’est attelé à la lecture du rapport sur le logement à Mayotte qui s’articule en quelques grands points. Le premier obstacle au logement à Mayotte reste sa situation géographique insulaire contraignante (étroitesse du territoire, aléas naturels, relief accidenté…) qui peut donc difficilement s’adapter à la poussée démographique. Le rapporteur de la commission, Hamidou Madi Mcolo, a rappelé qu’en 2022, « la population est estimée à plus de 300.000 habitants mais en 2050 on devrait atteindre les 750.000 habitants, ce qui est insoutenable ». Le deuxième gros bémol au logement mahorais concerne les acteurs institutionnels, les opérateurs comme la Société Immobilière de Mayotte (SIM) et les quelques grands propriétaires. Hamidou Madi M’colo a précisé que « l’État est le principal financeur du logement social » et « impose ses règles aux différentes parties prenantes quitte à enlever aux autorités territoriales leur politique de logement ». Quant à la SIM – principal opérateur de logements à Mayotte – la commission a rapporté qu’il serait « nécessaire de faire appel à d’autres promoteurs pour multiplier les offres ».

De manière générale, les responsables de cette Commission ont tous soutenu le fait que les conditions de construction de logements ne sont pas toujours réunies à Mayotte (manque de matériaux de construction, propriétés foncières qui ne sont pas clairement identifiées ni maîtrisées…). Enfin, le dernier point sur lequel est revenu le rapporteur concerne « les modalités de financement du logement » qui sont quasiment inexistantes dans certains cas. La commission a pointé du doigt une offre de financement bancaire « difficilement accessible aux classes sociales moyennes » ou essentiellement réservée à des logements sociaux « en faveur des personnes démunies ». Face à ce constat, les membres de la commission ont exposé une liste de préconisations comme la mise en place d’une police d’urbanisme pour prévenir la construction d’habitat illégal et insalubre, l’accompagnement des propriétaires pour sécuriser leur propriété foncière, le développement d’une offre de résidences universitaires, l’aide dans l’accompagnement financier des jeunes propriétaires, l’installation de nouveaux opérateurs promoteurs ou encore la mise en place d’un observatoire de la construction pour une meilleure maîtrise des prix.

Un manque de médiatisation

La séance plénière de la Césem était également l’occasion pour l’ensemble des membres du Conseil d’exprimer leur regret quant au manque de médiatisation de leurs actions. Haoussi Boinahedja a conclu cette réunion en affirmant qu’il ira « dans les médias pour demander à ce que les institutions comme la Césem soient considérées et écoutées ». Ce à quoi son collègue, Said Hachim Houssni Mogne a ajouté que « les institutions arriveront à se faire respecter quand les élus comprendront le rôle qui leur est incombé ». Face à cette légère vague de protestation, le président a souhaité tempérer en affirmant que les « institutions mahoraises ne sont pas traitées de la même façon que leurs homologues en métropole mais que cela changera ».

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