Suspension des vols : le centre hospitalier de Mayotte devra attendre ses renforts

Suspension des vols : le centre hospitalier de Mayotte devra attendre ses renforts

La décision de suspendre les vols de et vers Mayotte met le CHM en difficulté et illustre le décalage existant parfois entre les besoins des équipes sur le terrain et des décisions prises sans consultation.

C’est une décision qualifiée de brutale au centre hospitalier de Mayotte. La fermeture de l’espace aérien, décidée par le gouvernent en lien avec la préfecture dans la journée de samedi a mis les équipes du CHM au pied du mur. « Cela nous met en grande difficulté sur certains points, nous avons réussis à nous débrouiller avec nos moyens internes pour permettre aux évacuations sanitaires de se poursuivre mais c’est compliqué », explique ainsi un médecin. Surtout, l’interdiction de vols met les équipes médicales en difficulté sur un autre point : l’arrivée de renforts en médecins et en infirmières prévue pour les prochains jours ou encore l’acheminement de matériel.

« Nous espérons que ça va se décanter rapidement mais il va falloir trouver une solution », indique encore le médecin. C’est en tout cas ce que laisse entendre le communiqué délivré par le ministère des Outre-mer à ce sujet. Celui-ci indique en effet que « le gouvernement va mettre en place une continuité minimale des liaisons aériennes entre Mayotte et La Réunion de manière à avitailler Mayotte en produits sanitaires et alimentaire, à permettre les rapatriements et les évacuations sanitaires urgentes, ainsi que des renforts de personnel soignant ».

Toujours est-il que du côté de CHM, on déplore un certain décalage entre les décisions et le terrain, et que ce dernier ne soit pas toujours consulté quand il s’agit de prendre ces premières. Pour l’illustrer, on s’interroge par exemple sur la non-représentation du Samu au sein du centre opérationnel départemental, l’organe territorial en charge de la gestion de la crise. Et ce alors même que les autres services de sécurité et de secours, potentiellement moins impactés par la question, à l’image du Sdis, y sont représentés.

On se sent donc un peu seul au centre hospitalier, pourtant en première ligne face à cette crise. Mais jamais prêt à baisser les bras. « Nous n’avons pas attendu pour nous organiser », confie-t-on en ce sens, déplorant au passage un manque de communication. Tout en relativisant : « cette crise est inédite, tout le monde est pris de court et les décideurs les premiers. Ils font ce qu’ils peuvent », excuse ainsi le médecin. Sans toutefois oublier de passer un message : « il ne faut pas céder à la panique. C’est vrai du côté de la population, mais aussi des responsables. Il faut garder la tête froide et prendre les décisions en bonne intelligence collective sinon tout se désorganisera et ça deviendra ingérable ». À bon entendeur…

 

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