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« S’ils pouvaient parler à un psy, ça les libérerait »

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Du travail alternatif payé à la journée (Tapaj) à destination des jeunes pour les rémunérer tout en traitant les addictions, c’est ce que permet sur le papier ce dispositif mis en place à Bandrélé. Mais faute de label et de psychologue, le côté psycho-médical manque à l’appel. Ce mercredi 27 mars, ils sont cinq à travailler à Musicale Plage.

« Ah, il aurait fallu mettre les sacs poubelle avant », en guise de bâche pour éviter les taches de peintures sur la petite table, corrige Aboubacar Oussouffi. Mais pour cet encadrant, pas d’inquiétude, comme il le précise au jeune qu’il encadre : « On peut toujours apprendre, il faut juste avoir envie de s’améliorer. » À Musicale Plage, ce mercredi 27 mars, ils sont cinq, âgés de 16 à 25 ans, à construire et peindre des caissons en palettes pour y planter des fleurs et aménager le bord de plage. Ils participent en fait au dispositif médico-social Travail alternatif payé à la journée (Tapaj), mis en place en 2020 par le centre communal d’action sociale (CCAS) de Bandrélé grâce à l’agence d’intérim Tifaki hazi, un groupe économique solidaire. Il est aussi décliné à Bandraboua et dans la communauté de communes de Petite-Terre.

Ce projet est soutenu par l’Etat et financé par la mairie, le Département et la préfecture. Mais il est réalisé à titre d’expérimentation à Bandrélé en attendant la fin du processus de labellisation dont la préfecture a la charge. Il a pour principe de proposer une rémunération au Smic sans engagement de travail sur la durée à des jeunes en situation de précarité pour une réinsertion sociale, professionnelle (grâce au conseiller d’insertion professionnelle de la mairie) et de prévenir les conduites addictives, tout en apportant un accompagnement médico-psycho-social. Même si de ces trois mots, ne reste à Bandrélé que le côté social.

« Mon premier travail, déjà, c’est de les faire se réveiller le matin et arriver à l’heure », illustre Aboubacar Oussouffi. Les jeunes travaillent sur des petites missions, plus ou moins en lien avec le service technique de la mairie, deux jours par semaine, de 8 heures à 14 heures. Paies et fiches de paie sont envoyées la semaine d’après, et non à la journée comme c’était le cas au départ. « C’est pour les tenir en haleine et les garder », détaille la cheffe de service insertion au CCAS, Hadya Sidi, à l’initiative du projet. « Car à la journée ça fonctionne peut-être en métropole mais, ici, ils prenaient l’argent et le deuxième jour ils étaient tous shootés. C’était le vide total jusqu’à ce qu’ils n’aient plus d’argent. » Alors que le but, c’est de les accompagner sur toutes ces sessions, toute l’année, et de les éloigner des substances.

« Leur esprit se remet doucement »

« Au début, ce n’était pas gagné. Il a fallu faire de la psychologie », se souvient l’encadrant arrivé en septembre 2023 pour reprendre en main le dispositif qui avait été mis en pause. Ce dernier, limité à une dizaine de jeunes pour garantir un bon accompagnement, enregistre déjà trois « sorties positives » (formation, stage ou emploi), deux abandons (pas de nouvelles ou manque d’implication), et cinq encore inscrits. « Là ça va, mais en septembre, il fallait les canaliser et les surveiller toute la journée qu’ils ne fument pas, ne boivent pas. » Chimique, cigarette, cannabis, boisson… C’est à ce genre d’addictions que pouvaient être confrontés ces jeunes marginalisés et repérés par la mairie à errer dans les rues de Bandrélé. Puis recrutés pour le Tapaj.

« Je galérais dehors. Je ne faisais rien de la matinée, je restais sur mon téléphone. Ça donne de mauvaises idées », admet Dayani, 19 ans, un pinceau de peinture à la main. « Là je ne consomme pas. Avant oui. Mais si on n’a pas un euro, pas à manger et en plus qu’on consomme… », articule-t-il. Nasser, lui, avoue seulement avoir « un souci avec la cigarette ». Ils souhaitent surtout être actifs et trouver un travail. Ils n’avouent qu’à demi-mot qu’ils pouvaient être accrocs à un produit.

« Il ne le disent pas parce qu’ils ne veulent pas être étiquetés comme ça et qu’ils commencent à réfléchir », rebondit l’encadrant de 52 ans. « Mais je vous assure qu’ils avaient une problématique d’addiction. Le matin, ils ont pu être violents à cause de ça. C’était flagrant. Là leur esprit se remet doucement », dit-il tout en désignant l’un deux qui se droguait à la chimique, désormais en recherche de formation. « Mais s’ils pouvaient parler à un psy, ça les libérerait », ajoute celui qui dit, à la place, s’occuper de faire de la médiation. « Je ne sais pas de quoi je lui parlerai, mais s’il était là, je lui parlerais », assure par exemple Koussay, un autre jeune.

L’attente d’un label

Hadya Sidi du CCAS indique être normalement en lien avec une psychologue indépendante. Mais depuis septembre, pas de nouvelle, aucun jeune ne l’a vue.  Et concernant le centre hospitalier de Mayotte (CHM) ? « C’est compliqué. Rien n’est mis en place avec le CHM aujourd’hui. » Dans le cadre du contrat local santé (CLS) avec l’agence régionale de santé (ARS) de Mayotte, il n’y a pour le moment que de la sensibilisation aux addictions à destination de ces jeunes.

Sans nouvelle de la préfecture, Hadya Sidi explique pourtant compter sur le label du dispositif pour obtenir plus de fonds et « tenter une collaboration » avec la Plateforme Oppelia de prévention et de soin des addictions à Mayotte (Popam), qui compte dans son équipe des psychologues. De quoi permettre un suivi médical pour traiter l’addiction via notamment son centre de soins basé à Tsingoni. « Mais si vous avez des nouvelles de la préfecture de votre côté, dites-le-moi », nous adresse-t-elle.

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