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« La vie n’est pas interdite après une opération du cœur »

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Le service cardiologie du centre hospitalier de Mayotte reçoit, mardi 12 et mercredi 13 décembre, des patients opérés du cœur. Un moment pour faire le point sur leur état physique et psychologique avant que la seule cardiologue de l’île quitte l’hôpital (voir encadré).

« Je vous rassure, on ne tirera pas la chaise en arrière quand vous vous assiérez ! », blague « Didi », ou Didier, en s’adressant à une autre patiente opérée du cœur qui suit à la lettre les exercices donnés par l’animateur, du service de rééducation. Levés de bras, squats, ports de bouteilles d’eau… Les participants s’appliquent assidument mais non sans rires. C’est dans cette ambiance joyeuse, sur fond de musique mahoraise, que d’anciens patients opérés du cœur, toujours suivis par le service de cardiologie, sont invités au centre hospitalier de Mayotte (CHM), ces mardi et mercredi, entre 8 heures et 17 heures. Dans cette cour de l’hôpital, des chapiteaux ont été dressés, des chaises et tapis de gymnastique installés.

« Ce sont des patients qui auront peut-être un traitement à vie après une opération du cœur », détaille Fatima Paris, cadre au service de cardiologie. « L’idée de cette journée, c’est d’inviter tous ces patients, dont de jeunes enfants, et faire le point sur leur alimentation en général, la dentition, rappeler les gestes de brossage de dents car une simple infection peut causer des problèmes cardiaques, et leur moral. Jauger leurs connaissances et réajuster si besoin. »

« Ils m’ont soulevé le capot, ouvert le moteur, changer les durites… »

Deux ateliers rythment ces deux jours : un atelier physique pour, avec un animateur, réaliser des mouvements sportifs que l’on peut tout de même faire après une opération de ce type et un atelier psychologique, avec la médecin cardiologue, pour évoquer leur moral. Pour le côté sportif, « le but c’est de ne pas se démoraliser, montrer qu’on peut faire du sport, sauter, mais de façon adaptée », souligne Fatima Paris.

Pour Didier, encore dans ses échauffements avec l’animateur, c’est tout compris. Contrairement aux autres, il n’a pas été opéré de la valve, mais réanimé et opéré en 2022 après un arrêt. « Ils m’ont soulevé le capot, ouvert le moteur, changer les durites… », image l’homme de 59 ans. Surtout, il ne conçoit pas d’arrêter de bouger et se prépare aux 24 heures du Mans en rollers. « Le cœur, c’est un muscle. J’ai toujours été sportif donc je continue. Je suis venu témoigner, rappeler que la vie n’est pas interdite et qu’on n’est pas finis après une opération. Il faut juste éviter les excès. »

« Ce sont de vrais traumatismes »

Un petit peu plus loin, au bout de la cour, une sorte de table ronde fait office d’atelier psychologique. En toute discrétion et confiance, une dizaine de patients discutent de leur vécu et de comment ils se sentent, avec la médecin titulaire, Marion Angue.

« C’est hyper important », explique-t-elle. « Il y a des Mahoraises enceintes qui ont dû se faire opérer en urgence à La Réunion et ont été séparé de leur enfant. Des personnes parties à La Réunion et opérées sans aucune explication. Ce sont de vrais traumatismes. Donc on discute et on prend le temps de réexpliquer ce qu’il s’est passé. »

Fatima Paris du service cardiologie, qui a participé à l’organisation de ces deux jours, poursuit : « Le cœur, c’est aussi symbolique. C’est l’organe de la vie. Il peut rester beaucoup d’angoisses. » Elle ajoute : « Cet évènement permet de rassurer les patients en leur rappelant qu’il y aura toujours un suivi, même après le départ de la médecin titulaire. »

« Je n’en peux plus »

« Je suis hyper inquiète, ça me fait hyper chier pour les patients. Mais c’est trop dur », lâche Marion Angue, médecin cardiologue, sur le point de quitter l’hôpital et qui a insisté pour que cet évènement financé par l’hôpital ait lieu. Son départ est prévu ce mercredi, après les ateliers. « Cela fait trois ans que je suis en burnout. Là, il faut que je me repose. » Seule de son service, elle est aussi la seule de l’île dans sa spécialité, pour environ 150 patients estimés. « Je ne les connais pas tous. Et il y en a sûrement plus. »

Un départ rendu mentalement plus compliqué que l’hôpital n’a pas retrouvé de remplaçant. Des médecins de La Réunion viendront une fois par mois pour assurer le suivi. La titulaire, qui n’a pas renouvelé son contrat, a également réalisé des fiches et vidéos sur YouTube pour les patients et les médecins, non-spécialistes, qui viendront au CHM de Mayotte après son départ. Y compris des vidéos en shimaoré.

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