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« On va envoyer des internes au lance-pierres dans les déserts médicaux »

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Dans le dernier projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), un changement important est prévu dans le cursus des étudiants en médecine. Une quatrième année d’internat devrait voir le jour, et surtout, les obliger à passer un an dans les déserts médicaux. Une fausse bonne idée selon les internes du centre hospitalier de Mayotte (CHM) qui ont décidé de se mobiliser en faisant grève à partir de ce vendredi 28 octobre.

Dans les couloirs du centre hospitalier de Mayotte, plus d’une trentaine d’internes poursuivent leurs études chaque semestre. Ces médecins soignent les patients, remplissent les papiers, répondent aux inquiétudes des familles. Un statut hybride avec celui d’étudiant qui sera sans doute amener à évoluer avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Car si le cursus est déjà long avec une dizaine d’années sur les bancs de l’école, il pourrait inclure une quatrième année d’internat destinée cette fois à pallier le manque de praticiens dans les déserts médicaux. Un dispositif qui ne plaît pas forcément dans cette profession libérale. Au CHM, les internes ont notamment un avis sur la question, surtout que la loi pourrait s’appliquer à eux dès l’année prochaine. « Ça pourrait démotiver certains de choisir l’internat », regrette Camille Gulski, au milieu d’étudiants en première année d’internat (Bac+7), comme elle, ou en deuxième (Bac+8). Une vingtaine d’entre eux sont prêts à ne pas se rendre à l’hôpital dès vendredi, une grève classique qui est assez rare pour eux. D’habitude, ils ne montrent leur mécontentement avec un brassard « en grève » dans les couloirs des établissements pendant qu’ils travaillent.

Plusieurs difficultés vont apparaître, estiment les étudiants qui ont choisi l’océan Indien pour leurs études. La perspective de se retrouver dans des territoires isolés alors qu’ils s’apprêtent à se lancer eux-mêmes, et qu’ils arrivent déjà à la trentaine, ne les enchantent guère. Pas plus que de se retrouver un manque de maître-stage, ils seront encore dans une année d’étude. « Mais Ce n’est pas un besoin de médecins, c’est un problème de chiffres », juge Hugo Camel, en première année d’internat. « On va envoyer des internes au lance-pierres dans les déserts médicaux. » Le jeune homme explique qu’une bonne partie du territoire hexagonal manque de praticiens en médecine générale. Le numerus clausus, qui limitait le nombre de praticiens a entraîné un déficit que les nouveaux arrivants peinent à combler. « C’est presque toute la France qui est un désert médical », abonde Sarah Moussu, au même stade d’études.

Une grève qui ne durera pas

Les étudiants préconisent, outre l’augmentation du nombre de médecins, que chacun fasse sa part. Ils proposent un système de rotations par exemple ou le développement des téléconsultations. « Ce n’est pas à nous d’endosser la responsabilité des politiques passées », fait remarquer Hugo Camel. Un autre aspect de cette loi l’inquiète. La non-possibilité de continuer faire des remplacements au-delà de trois ans. Si certains ont pris cette habitude, le gouvernement français veut encourager les professionnels de santé à se stabiliser sur un territoire, soit un autre choix dicté aux médecins. « Qu’on nous donne alors le statut de fonctionnaires, avec les 35 heures », ironise Camille Gulski.

Jusqu’à quand la grève perdurera, sachant que trois ou quatre internes travaillent dans le service de médecine générale le week-end (et deux autres la nuit) ? « Pas longtemps », rassurent les manifestants. En effet, la semaine prochaine correspond au basculement vers une nouvelle année d’étude. L’immense majorité des étudiants va donc bientôt s’envoler des établissements métropolitains ou réunionnais pour continuer leurs cursus. « On aurait pu commencer dès lundi la grève, mais on ne voulait pas pénaliser nos chefs et le CHM », glisse en plus Camille Gulski.

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