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Des accouchements reportés sur des maternités déjà surchargées

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Jérémie Gallon, comme des dizaines de membres du corps médical a pris la décision de venir prêter main-forte au CHM. Mais comme des dizaines de ses confrères ou collègues, il a d’abord dû, avant de partir “au front” contre la crise sanitaire, affronter “ce que l’administration peut faire de pire”. Récit d’un voyage en absurdie.

 

Les soignants de la maternité de Mamoudzou, déjà en suractivité, appréhendent les pics de naissance à venir. En effet, ne restaient ouvertes que les maternités de Kahani, Mamoudzou et Petite-Terre pendant les vacances.

Bonne nouvelle : « La maternité de Kahani n’a jamais fermé et ne fermera pas. Elle tiendra pour les vacances scolaires », pose le directeur général de l’Agence régionale de Santé (ARS), Olivier Brahic, décisionnaire. Sa fermeture, à l’image des services de M’ramadoudou et Dzoumogné respectivement arrêtés depuis juillet et décembre de cette année, faute d’effectifs suffisants pour fonctionner, reste cependant « une option » pour les prochains mois. Un scénario que les soignants de la maternité de Mamoudzou, en sous-effectifs également, ont pris le temps d’imaginer en amont de cette décision. Sans appel, la situation serait catastrophique.

« Il n’y a pas beaucoup de médecins, pas beaucoup de sage-femmes et pas assez de lits. Au lieu de fonctionner avec des chambres à deux lits, elles sont toutes triplées », rapporte Natalis Yankoub-Dine, prête « à tout faire pour l’hôpital », y compris « parler de la situation si on veut qu’elle change ». Cette aide-soignante pleine de peps a intégré le centre hospitalier de Mayotte (CHM) en 2000. Elle était présente cet été lorsque la maternité de M’ramadoudou, dans la commune de Chirongui, au sud de l’île, a fermé le 3 juillet. « C’était déjà très compliqué. Il y a une limite mais on ne la respecte pas quand on est obligé. On place des lits dans des brancards, en salles d’attente, salles de réveil, dans les couloirs et on ajoute des rideaux. Et on réalise des sorties précoces », explique-t-elle. Sur les fiches servant à consigner le lieu de placement des patientes, ces systèmes D figurent d’ailleurs sous la liste des lits réglementaires.

« Il est arrivé qu’en tant qu’aide-soignante, je fasse le travail de sage-femme »

Depuis le début de l’année jusqu’à mi-décembre, le service de Mamoudzou a enregistré 7.750 naissances. « On passera les 8.000 », assure l’aide-soignante. En moyenne, l’équipe situe les pics de naissance dans la période de Noël. « Même si curieusement, peut-être du fait de l’insécurité poussant des femmes qui ont les moyens d’aller accoucher en métropole ou à La Réunion, ou des opérations Wuambushu, on ne traverse pas encore ce pic », détaille une sage-femme. Ce pic perdure, ou se manifeste davantage, durant les mois de janvier, février et mars. Le tout, pour un service qui, sur un jour ordinaire de mi-décembre, compte, en présentiel, 60 professionnels. Deux sage-femmes et une dite « transfert » comprises. Dont deux arrivées il y a quelques mois qui doivent se former à une organisation « qui n’a rien à voir avec la métropole ». Or, pour fonctionner, l’une de ces professionnelles indique qu’il faudrait 75 personnes en poste en tout.

L’Agence régionale de santé estime quant à elle que, « dans la théorie », pour répondre à la demande de tout le territoire, l’île aurait besoin de 170 professionnels tous services de maternités confondus. « On est à peu près à la moitié », renseigne le directeur général.

Natalis Yankoub-Dine confie : « Il est arrivé qu’en tant qu’aide-soignante, je fasse le travail de sage-femme. Je ne vais pas regarder le bébé et lui demander : « Alors, quand est-ce que tu viens ? ». Non, si elles sont toutes occupées, il faudra que j’y mette les mains. C’est déjà arrivé. » Un autre membre du service enchaîne : « Je n’ai jamais vu une telle déchéance. Avant cette année, on arrivait quand même à proposer une offre certes limitée, mais globalement satisfaisante. Là, on fait moins de suivi pour les patientes alors que les femmes à Mayotte ont des complications plus nombreuses puisque leur santé en général est plus fragile qu’en métropole. »

« On augmente les possibilités de morbidités et de morts fœtales »

Mais encore faut-il qu’elles y arrivent, au site de la maternité. L’augmentation du temps de trajet à cause des fermetures des maternités au nord (Dzoumogné, dans la commune de Bandraboua) et au sud de l’île (M’ramadoudou), additionnée aux embouteillages et surtout, aux problèmes d’insécurité sur les routes pendant les interventions, font craindre le personnel médical « d’augmenter les possibilités de morbidités et de morts fœtales ».

« Et on sait que pour le Smur (N.D.L.R. structure mobile d’urgence et de réanimation), les pompiers, les ambulances, les femmes enceintes, même sur le point d’accoucher, ne sont pas des priorités. Les femmes nous le disent », témoigne une consœur. « Ils leur disent de se rapprocher de la route pour prendre un taxi, venir par leurs propres moyens. On va avoir de plus en plus d’accouchements « sauvages » sur l’île, dehors, dans les ambulances… Et pas en toute sécurité », conclut cette professionnelle inquiète. Ce à quoi le directeur général de l’ARS dit être « très vigilant », rappelant aussi la mobilisation d’ambulances privées dont une ambulance de garde mise en place depuis deux ans.

Pas de prévisions de réouvertures

Alors si la maternité de Kahani, au centre-ouest de l’île, venait à fermer également, même si cette option a été écartée grâce à des renforts, le personnel du CHM s’attend à une « surcharge de travail » mêlée à des tensions. « Les femmes ne comprennent pas qu’il n’y a plus de place », développe l’aide-soignante.  « Il y a des gens qui sont sur les nerfs. Ça peut dégénérer. »

Interrogé sur ces manques d’effectifs, le directeur de l’ARS reconnaît une situation « compliquée » et informe, sans en dire plus, que des mesures devraient être prises prochainement par le CHM pour endiguer le phénomène. En parallèle, il espère, les périodes de fête terminées, de nouveaux renforts à Mayotte. « Une tendance observée chaque année. » Sans toutefois s’engager à annoncer telle ou telle ouverture ou fermeture de services. « Par expérience, quand on veut trop planifier, les choses ne se passent jamais comme on a prévu. Il faut être vigilant et très agile. » Une donnée bien assimilée par le personnel de la maternité de Mamoudzou : « C’est au jour le jour ».

Quelques chiffres de l’Agence régionale de Santé

Depuis le début de l’année, 1.000 professionnels de santé de la réserve sanitaire sont venus ponctuellement en renfort, tous services confondus à Mayotte. Parmi lesquels, il faut compter 250 sage-femmes avec des contrats courts.

En 2022, pendant le pic de naissances, les deux maternités fermées à ce jour, Dzoumogné (fermée l’été, réouverte du 19 octobre au 12 décembre puis refermée) et M’ramadoudou (fermée depuis le 3 juillet), ont cumulé 161 naissances en décembre, 82 en janvier et 102 en février.

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