L'ACTUALITÉ DE MAYOTTE 100 % NUMÉRIQUE

Les infos de Mayotte depuis plus de 20 ans !

9000 mercis !

Week-end sous haute tension au centre hospitalier de Mayotte

À lire également

Covid-19 à Mayotte : des indicateurs en nette baisse mais la vigilance reste de mise

Confiné depuis quatre semaines, le 101ème département reprend du poil de la bête. Les taux d'incidence et de positivité ont été divisés par deux...

Au service réanimation du CHM de Mayotte, “on bouffe du Covid, matin, midi, et soir”

À l’hôpital, les effets de la seconde vague se font ressentir avec une force inédite. Et ce malgré les évacuations sanitaires vers La Réunion,...

À Tsoundzou 2, le processus bien ficelé du test RT-PCR

Ouvert six jours sur sept, le centre de dépistage de Tsoundzou 2 déborde de volontaires au test RT-PCR. Et pour cause, il est dédié...

Pour éviter le confinement total, le lycée de Sada coupe la poire en deux

Alors que Bouéni, Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi vivent déjà sous cloche depuis une semaine, les établissements scolaires de l’île sont amenés à prendre des mesures...

Le centre hospitalier de Mayotte vient de vivre deux jours critiques et s’est retrouvé au bord de la rupture. Si le personnel soignant a serré les dents pour éviter la catastrophe, plusieurs options sont sur la table pour désengorger un service de réanimation toujours plus sollicité. D’autant plus que les 15 prochains jours s’annoncent tout aussi compliqués.

Au bord de la crise, ou plutôt de la rupture. C’est un week-end des plus agités que vient de passer le centre hospitalier de Mayotte, avec un nombre d’entrées toujours aussi conséquent. « C’est très critique par moment », confie sans détour Christophe Caralp, le chef de pôle Ursec, après un samedi noir qui a presque paralysé l’ensemble du système de soins de l’île aux parfums. Et pour cause, le service de médecine s’est retrouvé littéralement asphyxié. « Nous avons eu jusqu’à 33 patients dans le box des urgences », poursuit le médecin pour relater le paroxysme de la tension hospitalière subie. D’où la délocalisation ce lundi des urgences pédiatriques pour offrir 7 lits supplémentaires. Et une bouffée d’oxygène dans le même temps.

week-end-haute-tension-centre-hospitalier-mayotte-2

Car Christophe Caralp s’attend à 15 jours éprouvants, avec des arrivées massives en réanimation. « Entre 40 et 60 nouvelles entrées par semaine », souffle-t-il alors que le pic est, semble-t-il, prévu pour le début du mois de mars. Et à ce rythme-là, les conséquences pourraient être tragiques : « Nous craignons de devoir prendre en charge des intubés ventilés en dehors de la réanimation, avec un risque de 24 heures d’attente avant de pouvoir les envoyer… » Silence de cathédrale. Cette dure réalité fait froid dans le dos. Sans parler du manque de moyens pré-hospitaliers du côté des ambulanciers privés et des sapeurs-pompiers sur le qui-vive, et des nombreuses sorties du Smur pour des cas de détresse respiratoire.

 

Le gymnase comme solution de secours ?

 

Il a donc fallu réagir vite. Plusieurs options ont été posées sur la table au cours de ces longues heures d’angoisse pour tenter de sauver les meubles. Avec notamment la possible ouverture d’un site annexe à M’Gombani. « C’est toujours sur le feu », souligne Christophe Caralp, même si cela s’apparente à une « philosophie de catastrophe ». Idem pour l’élément de sécurité civile rapide d’intervention médicale (Escrim), plus connu sous le nom d’hôpital de campagne. Si la mission est en cours d’évaluation, Dominique Voynet, la directrice de l’agence régionale de santé, a déjà émis des doutes sur son utilité.

À ce jour, l’alternative la plus crédible reste le renforcement des évacuations sanitaires « pour libérer de la place en réanimation ». Des négociations sont en cours pour installer en milieu de semaine une troisième civière dans l’avion, qui opère désormais deux rotations chaque jour, et ainsi remplir les 6 lits mis à disposition quotidiennement par La Réunion. Les patients privilégiés pour ce type de trajet ? Des intubés ventilés qui présentent moins de contraintes médicales que ceux assis, à haut risque de dégradation durant le vol. Autre bonne nouvelle : les transferts vers Paris au départ de l’Île Bourbon avec un 77-300 sont en bonne voie. « C’est acté », précise même Christophe Caralp. Mais là encore, toute une logistique doit se mettre en place, notamment en termes de timing, pour envoyer en temps et en heure une douzaine de malades Covid chez les voisins réunionnais. Piste trop courte oblige… L’opportunité de voir également débarquer l’A400M de l’armée de l’air est en discussion en parallèle. Affaire à suivre.

 

Pas de coup d’avance sur l’épidémie

 

Suffisant pour ne pas revivre une telle montée d’adrénaline comme le week-end dernier ? « Nous avons désormais de la facilité jusqu’en milieu de semaine », prévient le médecin. Grâce à l’effondrement des rendez-vous chirurgicaux qui vont permettre de pousser encore un peu plus les murs du CHM. Néanmoins, le responsable du pôle Ursec la joue prudent. « La réalité est que nous n’avons plus de coup d’avance. Nous sommes dans la réponse, nous manquons d’anticipation… » Et ce ne sont pas les chiffres du Covid, qui ne fléchissent toujours pas après une semaine de confinement, qui démontreront le contraire. « Plus plus !… les gestes barrières », répète une nouvelle fois Christophe Caralp, en guise de conclusion. Compris ?

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1077

Le journal des jeunes

À la Une

Barrages : « Tout ce travail risque de se retourner contre nous »

Ce jeudi, plusieurs représentants des Forces vives, dont Safina Soula, ont tenu une conférence de presse à Mamoudzou pour demander à leurs confrères de...

Barrages : Des élus restés sur leur faim de leur déplacement à Paris

Le déplacement en début de semaine d’une poignée d’élus mahorais n’a pas permis d’en savoir davantage sur les engagements pris récemment par le gouvernement...

Un couvre-feu à Tsingoni après les incendies criminels

Les derniers affrontements entre des bandes de Miréréni et de Combani ont entraîné de lourds dégâts matériels dans le quartier Mogoni. La municipalité de...

Crise de l’eau : Un nouveau décret pour les aides « dans les tuyaux »

L’aide exceptionnelle de l’État à destination des entreprises les plus affectées par la crise de l’eau est prolongée jusqu’au 29 février. Elle pourrait inclure...

« Elle n’a jamais accepté que son seul fils épouse une Mahoraise »

Le matin du 3 juin 2016, à Labattoir, une dame de 60 ans a porté trois coups de machette à la tête d’une septuagénaire....