Limitation des évacuations sanitaires de Mayotte vers La Réunion, aucune décision pour le moment

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La crise sanitaire chez nos voisins réunionnais se complique de plus en plus. Les lits en réanimation arrivent à saturation, et cela pourrait avoir un impact sur la situation déjà très tendue au centre hospitalier de Mayotte. L’autorité sanitaire réunionnaise pourrait être amenée à refuser les patients évacués depuis le 101ème département. Éclaircissement avec Dominique Voynet, la directrice générale de l’agence régionale de santé sur l’île aux parfums.

Flash Infos : Est-ce que l’agence régionale de santé de La Réunion a réellement limité à 48 les patients mahorais évacués sur l’île ?

Dominique Voynet : J’en ai entendu parler, mais pour le moment la décision n’a été prise par qui que ce soit. Je dirais que l’agence régionale de santé a plutôt essayé d’évaluer ses capacités d’accueil compte tenu de ses propres besoins. L’épidémie est en train de se réveiller à La Réunion, qui recense de plus en plus de variants sud-africains. Au début, on entendait par-ci par-là que c’était à cause des Mahorais alors que ce n’est pas du tout le cas. Nous n’envoyons que des patients qui vont en réanimation, avec des conditions d’hygiène absolument parfaites !

Donc c’est plutôt les dizaines de milliers de personnes qui ont pendulé dans l’océan Indien pendant les vacances de Noël qui ont ramené le virus chez eux… Et maintenant, ils ont tous les types de variant. Si la situation se dégrade à La Réunion, il est clair qu’ils seront moins à l’aise pour prendre en charge nos patients. D’où l’idée d’avoir en complément un avion qui viendrait chercher des malades qui satureraient les services de réanimation de La Réunion et de Mayotte pour les emmener en métropole.

FI : À partir de quand cette évacuation sanitaire grandeur nature vers l’Hexagone pourrait-elle être mise en place ?

D. V. : Cela dépend de la dynamique. Les équipes du Samu de Paris coordonnent l’opération. Ils travaillent sur l’hypothèse d’un avion gros porteur pour chercher un nombre significatif de patients. Concernant ceux de Mayotte, ils ne viendraient pas directement d’ici, ils s’agiraient plutôt de malades qui occupent les lits de réanimation de La Réunion. Ils sont intubés, ils sont ventilés, et ils sont sous sédation, donc ils ne sauront même pas qu’ils ont été transférés… C’est plus sûr de transférer ces malades qui sont déjà mis en condition plutôt que d‘autres qui peuvent s’aggraver pendant le voyage.

FI : Au cours des dernières semaines, le nombre de cas du variant sud-africain a littéralement explosé. Il représente aujourd’hui plus de 70% des positifs au Covid-19. De nombreuses voix s’élèvent sur le lien de cause à effet avec l’immigration clandestine. Que répondez-vous à ces accusations ?

D. V. : Certains accusent les kwassas d’avoir ramené le variant sud-africain chez nous ? Ce n’est absolument pas vrai. Si c’était le cas, je vous le dirais ! La plupart des cas sud-africains que nous avons diagnostiqué viennent de personnes qui sont entrées sur le territoire par avion ou par bateau.

 


 

Le 48ème patient mahorais envoyé ce lundi à La Réunion

 

Si la réanimation tient encore debout à Mayotte, c’est en grande partie grâce aux transferts de patients vers La Réunion. « Sans les evasan, nous sommes saturés en 24 heures », indiquait vendredi dernier, Renaud Blondé, le chef de service. À la lecture des déclarations de la directrice générale de l’agence régionale de santé de l’île Bourbon, le 101ème département retient donc son souffle… D’autant plus que le territoire a envoyé son 48ème patient ce lundi après-midi. Réponse donc ce mardi pour savoir si de nouvelles entrées seront autorisés. Toutefois, ce chiffre reste à relativiser puisque depuis le début des évacuations sanitaires, certains malades sont sortis de l’hopital. « Cela m’étonnerait qu’ils stoppent, c’est toujours facile de mettre un chiffre en avant. Mais après, il faut l’assumer devant le facteur humain, et ça, c’est plus difficile… », confie une source proche du dossier. Toujours est-il, « aucune limitation écrite ne nous a été notifiée », précise Christophe Caralp, le chef du pôle Ursec au CHM, qui note une trentaine de patients actuellement en réanimation à La Réunion. De quoi gagner un peu de temps en attendant l’évacuation sanitaire massive vers la métropole.

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