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Covid-19 à Mayotte : des indicateurs en nette baisse mais la vigilance reste de mise

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Confiné depuis quatre semaines, le 101ème département reprend du poil de la bête. Les taux d’incidence et de positivité ont été divisés par deux tandis que la situation à l’hôpital s’améliore. Pour autant, l’agence régionale de santé ne veut pas crier victoire trop tôt et demande à la population de ne pas relâcher les efforts du dernier mois pour envisager un déconfinement dans les règles de l’art.

covid-19-mayotte-indicateurs-baisse-mais-vigilanceAu son de sa voix, Dominique Voynet, la directrice générale de l’agence régionale de santé, semble lâcher un grand ouf de soulagement. Avec un taux d’incidence de l’ordre de 391 cas ce vendredi 5 mars, « c’est vraiment sur la bonne tendance », même si cela « reste élevé par rapport au standard ». Pas de raison de crier victoire donc, mais la dynamique des derniers jours laisse dorénavant penser que « l’épidémie est derrière nous ». Idem pour le taux de positivité qui baisse drastiquement pour atteindre les 16%. Une chute par ailleurs faussée par un taux de dépistage en recul de 25% comparé à la semaine précédente. « Les habitants se présentent moins au laboratoire ou en pharmacie », avoue l’ancienne ministre, qui se réjouit de voir le nombre de cas contacts passer de « sept ou huit à deux ou trois ».

Du côté de l’hôpital, les indicateurs amènent également un motif d’espoir. « Ça se détend, on a moins de patients Covid en réanimation. » Bilan des courses : pas de nouvelles entrées durant deux jours consécutifs et aucune évacuation sanitaire en lien avec le virus depuis le lundi (deux ont été envoyés ce dimanche). Une petite victoire en cette période de forte affluence. Conséquence : « On a fermé le service de médecine 5 installé dans le service de chirurgie traumatologique. » Même son de cloche aux urgences avec la probable réouverture du service d’accueil pédiatrique.

 

Onze décès à La Réunion

 

Et si le CHM peut se targuer de ne recenser plus que 102 malades hospitalisés, les décès – 127 dimanche soir – continuent eux de grimper. « Ils arrivent dans un contexte d’hospitalisation longue », précise Dominique Voynet. « En cas de défaillance polyviscérale, le risque de surinfection augmente et le pronostic vital devient alors plus pénalisant. » D’où son leitmotiv de ne pas relâcher la pression, après tant d’efforts consentis ! « Ce n’est pas une épidémie à prendre à la légère. Des gens en paient de leur vie. Ici, on connaît tous les morts. Ce sont des jeunes, dans la force de l’âge. »

Ces chiffres coïncident avec la mise à plat des 97 dossiers des patients transférés à La Réunion dans le cadre des evasan depuis début février. « Sur les 11 personnes décédées là-bas, on avait connaissance de deux », confie la directrice de l’ARS. Mais en l’absence d’un centre d’information unique pour réunir toutes les données entre les différentes structures de l’île Bourbon, difficile dans ces conditions de suivre l’évolution des uns et des autres. « On ne savait pas si certains étaient passés de la médecine à la réanimation, si certains s’étaient dégradés, si certains étaient sortis… Mais maintenant, ils vont nous remonter plus régulièrement les informations. Les Mahorais ont besoin de savoir ! »

 

Bientôt le départ de l’Escrim

 

Cette bouffée d’oxygène pose aussi des questions sur le devenir des moyens déployés. Quid du service de santé des armées et de l’Escrim (Élément de sécurité civile rapide d’intervention médicalisée) ? Le départ du premier n’est pour l’heure pas envisagé puisque la tension en réanimation reste au-dessus des capacités normales. « On a encore impérativement besoin de leurs dix lits », assure Dominique Voynet. En revanche, pour le second, la donne est différente puisque « l’activité en Petite-Terre est contenue ». « Si la situation ne se dégrade pas, on envisage une fin de mission dans deux semaines. » L’accueil des urgences pourrait alors être suspendu pour terminer les travaux et ouvrir en bonne et due forme le dispositif de soins de suite et de réadaptation.

Malgré l’abondance de bonnes nouvelles, la responsable de l’autorité sanitaire dans le 101ème département ne veut pas crier victoire trop tôt. « L’une de mes inquiétudes est que les personnes se relâchent car l’épidémie reflue. » Et à quelques jours de la fin du confinement, le territoire peut se mettre à rêver de retrouver un semblant de vie normale. « On se prépare à rouvrir les écoles avec un dispositif adapté. Au vu des chiffres aujourd’hui, je ne préconiserai pas de [le] prolonger. » Ouf.

 


 

Un vol sans turbulence pour les quatre Mahorais évasanés en métropole

 

Jeudi dernier, quatre patients mahorais ont été transférés en métropole depuis La Réunion. « Les indications médicales étaient compatibles avec une longue distance », souligne Dominique Voynet, la directrice de l’agence régionale de santé de Mayotte. « Le vol s’est bien passé d’un point de vue technique : il n’y a pas eu de problème d’oxygène. » Sur place, ils ont été dispatchés dans différents hôpitaux de la région parisienne.

Si cette première mondiale s’est déroulée sans accroc, la responsable espère ne pas être amenée à reproduire « cet exercice qui est très coûteux financièrement et en ressources humaines ». Avant d’évoquer le rapatriement de patients mahorais toujours hospitalisés sur l’île Bourbon en cas de dégradation sanitaire. « Il est plus facile d’imposer deux heures de trajet pour Mayotte que dix heures pour Paris. »

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