4,2 tonnes de matériel médical pour les soignants libéraux de Mayotte

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Le Collectif des Citoyens de Mayotte a réussi après de longs mois de préparation, à acheminer des protections pour les professionnels libéraux de l’île, eux aussi en première ligne face à la Covid-19. Samedi soir, il célébrait cet “énorme succès”.

Opération réussie pour le Collectif des Citoyens de Mayotte. Vendredi et samedi, les professionnels soignants libéraux du département se sont vus offrir 4,2 tonnes de matériel médical gratuit, à venir récupérer dans un entrepôt de Longoni. Cette distribution, qui intervient alors que l’état d’urgence sanitaire lié à la crise du coronavirus est prolongé à Mayotte jusqu’au 30 octobre, a enfin pu avoir lieu après plusieurs mois d’organisation pour acheminer ces stocks jusqu’au 101ème département.

“C’était beaucoup de temps et d’énergie !”, souffle Christophe Youssouffa, le frère de la présidente du Collectif, encore sur le pont depuis jeudi matin pour réceptionner le container au port et préparer les paquets. “Elle a été rendue possible grâce à une chaîne de solidarité qui s’est mise en place au sein du collectif, avec la mobilisation d’infirmiers de Mayotte mais aussi grâce au soutien de plusieurs entreprises”, explique-t-il. Mayotte Channel Gateway pour le stockage, la Smart pour la logistique au port, le transitaire Tilt, mais aussi Air Austral et Aéroports de Paris… Tout le monde semble avoir mis la main à la patte. “On a même eu des ambulanciers qui sont venus ce matin après leur garde, pour nous aider à préparer les colis”, signale le membre du collectif.

Fournir les professionnels libéraux

L’objectif de tout ce petit monde : fournir les professionnels libéraux, infirmiers, kinésithérapeutes, sage-femmes, dentistes, pompes funèbres, ambulanciers, et le laboratoire privé de Mayotte, en matériel de protection. Un indispensable, alors que ces personnels soignants sont eux aussi en première ligne face à la Covid-19. Si l’épidémie semble marquer le pas à Mayotte, ce n’est pas le cas en métropole où la courbe des nouveaux cas suit une pente exponentielle depuis quelques jours. Agitant le spectre d’une possible seconde vague…

Un vrai coup de pouce

“Il est très important et très utile pour nous d’avoir ce matériel supplémentaire pour anticiper sur nos besoins futurs, même si l’épidémie est en baisse”, confirme Eric Roussel, le secrétaire général de l’URPS, qui ne se rappelle que trop bien les difficultés rencontrées pendant le confinement pour s’approvisionner en protections de base. Certes, l’ARS a su fournir les professionnels libéraux en masques et solutions hydroalcooliques. Mais “il a fallu attendre presque 15 jours trois semaines entre le moment du besoin et la distribution officielle, car il y a toujours un décalage entre le terrain et la réponse institutionnelle”, développe le professionnel. Et les stocks de visières, surblouses, surchaussures et autres matériels essentiels à la protection des soignants sont parfois venus à manquer. Le coup de pouce du collectif n’était donc pas de refus. “C’est un rendez-vous que l’on ne pouvait pas manquer”, poursuit l’infirmier libéral.

330 professionnels équipés

Les colis représentent l’équivalent d’un mois de protection par professionnel. Ils contiennent tous au moins 100 masques, 100 gants et du gel hydroalcoolique, et sont ensuite adaptés en fonction des professionnels. Les infirmiers y gagnent aussi un oxymètre par exemple, utile pour mesurer la tension, tandis que ambulanciers et pompes funèbres y trouveront aussi des surblouses. “Et ce matériel a une péremption longue, de deux années, ce qui nous permet vraiment d’anticiper si une autre épidémie venait à se présenter”, se réjouit Eric Roussel. En tout, 330 professionnels de santé listés au préalable par le collectif avec l’aide d’infirmiers libéraux se sont répartis un peu moins des 4.200 kilos de matériel sanitaire. “Le surplus, nous le donnons au conseil départemental”, ajoute Christophe Youssouffa.

Une histoire de longue haleine

Samedi en fin de journée, le Collectif saluait donc un “énorme succès” pour sa “musada sanitaire” sur sa page Facebook. Il faut dire que l’intersyndicale charbonne depuis le mois de mars pour mettre en place ce projet. Elle s’est d’abord rapprochée de #ProtegeTonSoignant, un collectif de métropole, né au plus fort de la crise. L’initiative lancée par des entrepreneurs de la Tech, des artistes, des médecins, des développeurs, des investisseurs et des citoyens, avait permis de récolter pas moins de 7,4 millions d’euros de donations, qui ont servi pour acheter du matériel médical, à répartir ensuite entre les agences régionales de santé et personnels soignants aux quatre coins de la France.

Mais pour en bénéficier à Mayotte, c’était une autre paire de manche et il a fallu beaucoup de coordination pour mettre en place le projet. Commerce ralenti pendant le confinement, listes de personnels soignants à établir, difficultés pour acheminer les lots jusqu’à Mayotte… Autant de contraintes qui expliquent l’arrivée du container en cette fin de mois d’août. “D’abord, nous voulions faire venir le matériel par avion, finalement cela n’a pas été possible. Il a donc ensuite fallu transporter le tout de Roissy jusqu’au Havre, et encore jusqu’à Mayotte en bateau…”, retrace Christophe Youssouffa. En bref, une histoire de longue haleine. “Et une immense fierté d’avoir pu mobiliser cette énergie. Pour faire avancer notre île, tous ensemble”, signe-t-il.

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