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Un auteur mahorais dénonce les secrets de la politique locale

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Flou artistique autour des arts de la scène

Les artistes et intermittents du spectacle ne peuvent, à Mayotte, prétendre au statut juridique spécifique pourtant de vigueur en métropole, du fait de l’application tardive du droit du travail dans le 101ème département. Une situation qui complique encore un peu plus l’avenir de ces professionnels, souvent écartés des décisions politiques.

 

Dans « Scrutin secret », son premier ouvrage aux airs d’autobiographie, Ousseni Djambaé dénonce le jeu de la politique mahoraise, marquée par le carriérisme des uns et l’immobilisme des autres. Des tréfonds que l’entrepreneur a découvert en se présentant aux élections sénatoriales de 2017.

« Et pourquoi pas moi ? » Tout part de cette question, en 2017, lorsque Ousseni Djambaé décide de se présenter aux élections sénatoriales à Mayotte. Pourtant, il reconnaît lui-même ne rien connaître en politique à l’époque. Mais passionné par les questions sociales et très engagé dans la vie associative de son village natif, Acoua, l’homme, alors trentenaire, décide de franchir le cap. À 36 ans, il est l’un des plus jeunes candidats de l’île.

« Mon but n’était pas de gagner, mais de découvrir ce qui se passe de l’intérieur », commente Ousseni Djambaé, qui revendique son « droit à l’échec ». Des découvertes, il en fera assurément, au gré des rencontres d’autres candidats, ou d’hommes et de femmes politiques déjà en place. Des découvertes, oui, mais surtout des secrets. « J’ai rapidement compris qu’à Mayotte, la plupart des citoyens qui se présentent à une élection ne le font pas parce qu’ils veulent faire avancer l’île, mais parce qu’ils veulent être mis en avant. Ils ne se soucient que de leur mandat, d’eux-même. Le reste ne compte pas », assure l’homme qui a aujourd’hui voulu raconter son expérience à travers son ouvrage « Scrutin secret ». Un titre qui se suffit à lui-même. « Il y a beaucoup de secrets que j’ai voulu raconter aux Mahorais. » Parmi eux, les raisons de l’immobilisme de certains élus, qui bien qu’éclairés sur la situation sociale et politique de l’île, ne font rien pour l’en sortir. Car vouloir changer le système, dénoncer les situations de favoritisme et les complaisances entretenues parfois au plus haut niveau, c’est prendre le risque de perdre son électorat. Et avec lui, sa carrière politique, son pouvoir.

« Pour moi, la départementalisation n’a pas changé grand chose », reconnaît l’auteur, sans pour autant remettre en cause le choix des Mahorais, bien évidemment. « Les manœuvres politiques couvrent tous les degrés : des communes, jusqu’aux parlementaires, en passant par les service de l’État. La préfecture ne cadre pas les élus, et finalement, aucun des deux ne bouge. » Preuve du désintérêt pour Mayotte des gouvernement successifs, selon Ousseni Djambaé, l’application trop partielle de la loi, notamment en matière de droit du travail ou du droit du sol, qui comportent à eux seuls de nombreuses « exceptions mahoraises ».

Pour autant, si l’entrepreneur estime que « deux ou trois maires impliqués sur les 17 de l’île » ne suffiront pas, il reste optimiste quand à l’avenir du 101ème département. « Même s’ils ne sont pas assez nombreux, certains Mahorais défendent une autre vision politique », assure-t-il pour expliquer avoir rejoint l’équipe de campagne de l’un des candidats à la marie d’Acoua. « Et j’envisage moi-même de retenter les prochaines sénatoriales. » Mais en attendant, Ousseni Djambaé planche déjà sur son prochain ouvrage, Kiyassi Ivo, cette fois dédié au « gaspillage » de l’argent public à Mayotte. « On nous envoie des fonds, mais on en fait rien, et on ne voit rien avancer… », regrette-t-il comme pour insinuer que chacun cherche à prendre sa part du gâteau, avant même de se demander dans quel camp la faim prédomine.

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