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Un visa pour les gouverner tous

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Le 18 janvier 1995, le visa Balladur, du nom du Premier ministre et candidat à la présidentielle de la même année, redéfinissait les liens entre Mahorais et ressortissants des trois autres îles. D’origine politique, cet acte a permis l’ancrage plus marqué de « Maore » dans le giron de la France. Mais aussi l’isolement des habitants de Ngazidja, Mwali et Ndzuani, au sein de Comores fraîchement indépendantes et économiquement défaillantes.

« Mayotte, aime la ou quitte la », « Touche pas à mon visa », « Respectez votre décision »… Ces phrases, sans concession et parfois violentes, sont tirées des manifestations s’étant déroulées sur l’île il y a quelques années. En 2015, les pancartes fleurissaient suite à une tribune réclamant la fin du visa Balladur, signée par une quarantaine d’associations, de syndicats et de partis politiques. En 2017, les badauds foulaient par deux fois l’asphalte de Mamoudzou. En cause, l’hypothèse d’une gratuité du visa pour les ressortissants comoriens, émise par le Haut conseil paritaire de l’époque. Si ce dernier déclarait que la mesure permettrait de « lutter contre le trafic d’êtres humains, favoriser les mouvements légaux, tarir les passages illégaux et sécuriser les liaisons, aériennes comme maritimes », Annick Girardin, alors ministre des Outre-mer, n’a d’autre choix que le rétropédalage face à la grogne mahoraise. Que l’on y voie la manifestation du désir des habitants de devenir Français, ou une manoeuvre hypocrite ayant mené des milliers de personnes à la mort, le visa Balladur clive, malgré son origine éminemment politique.

La victoire du lobby des visas

Le premier visa demandé à un ressortissant comorien à Mayotte remonte à… 1986. Voilà dix ans que « Maore », ancienne colonie française, est devenue une collectivité territoriale, à la suite de l’indépendance des trois îles comoriennes, et d’un second référendum, le 8 février 1976, ayant vu une pluie de bulletins sauvages réclamant la départementalisation inonder les urnes. Le statut de département, depuis plusieurs années, fait saliver les élus mahorais de l’époque, qui veulent être sécurisés par l’État français et échapper aux réclamations de l’Union des Comores. Au point de sacraliser la départementalisation, comme l’expliquait Bacar Ali Boto, vice-président du conseil général en janvier 2007, date de son interview par le journal Kashkazi : « Quand on est contre, on est banni, c’est un sacrilège. Mieux vaut pécher, Dieu pardonnera, que s’opposer au département. »

C’est cet état d’esprit qui pousse les personnalités politiques locales à faire preuve d’un zèle rare pour devenir pleinement Français, quitte à oublier les racines communes des familles des quatre îles, qui circulaient librement jusqu’ici. Se constitue alors un véritable lobby pour l’instauration de visas entre Mayotte et ses trois cousines comoriennes, dans une volonté de solidification d’une frontière fictive. Au début des années 1990, ce lobby est représenté par trois figures politiques : Henry Jean-Baptiste, député – martiniquais – de Mayotte, Ahmed Attoumani Douchina, président du conseil général, et Zoubert Adinani, maire de Tsingoni et figure du maintien de Mayotte au sein de la France. Leur parti, le MPM (Mouvement populaire mahorais) devenu MDM (Mouvement pour le développement de Mayotte), vise une « coopération régionale » avec l’Union des Comores, pour que cette dernière cesse de considérer l’île au lagon comme sienne. En gros, une aide financière contre la reconnaissance de Mayotte, sous peine de tourner le dos aux Comores pour la plus souple Madagascar.

En 1992, le MDM signe un véritable coup d’éclat lors du référendum portant sur le traité de Maastricht, essentiel dans la constitution de l’Union européenne. Sur les consignes du parti, les électeurs mahorais infligent un exceptionnel 94% d’abstention au référendum.

Le simple fruit d’une ambition politique ?

Le gouvernement français, qui veut garder son pied-à-terre dans le canal du Mozambique, est bien obligé de s’intéresser à la situation de Mayotte. Un homme, en particulier, se rend compte de l’homogénéité du corps électoral mahorais. Il s’agit d’Édouard Balladur, Premier ministre de droite sous le président de la République François Mitterrand, de gauche. Fort d’excellentes intentions de vote selon les sondages de l’époque, Balladur lorgne également sur l’élection présidentielle de 1995, malgré le soutien de l’UDI et du RPR, les partis de droite, à Jacques Chirac. C’est ainsi en qualité de Premier ministre, mais aussi et surtout de candidat à la présidence, qu’Édouard Balladur se déplace sur l’île au lagon en novembre 1994.

Il en était d’autres, qui débarquaient sur les plages mahoraises avant 1995 : les Comoriens. Souvent membres d’une famille éparpillée sur plusieurs îles, comme le sont traditionnellement les habitants d’un archipel, ils voguaient entre Grande Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte. Sur cette dernière, des restrictions légères existaient déjà. En effet, un visa de trois mois maximum était automatiquement accordé à tout ressortissant comorien, et renouvelable à condition de quitter l’île lors de ces trois mois. C’est peu ou prou la situation à laquelle souhaitaient revenir les gouvernements Sarkozy et Hollande, et celle que défendent actuellement des associations locales, arguant que les Comoriens ne resteraient pas autant à Mayotte s’ils pouvaient y revenir régulièrement.

Quoi qu’il en soit, le visa Balladur entre en vigueur le mercredi 18 janvier 1995. Imposant des démarches administratives nouvelles aux habitants des trois autres îles, il matérialise la frontière Mayotte – Comores, née des référendums de 1975 et 1976. Il est aussi une grande promesse faite aux Mahorais, qui voient en ce visa un acquis pour le mouvement de départementalisation. Du côté comorien, il est vécu comme une injustice, et n’aura pas estompé les velléités de certains, revendicant encore et toujours Mayotte. Enfin, du point de vue de ceux qui sont au-dessus des peuples et de leur quotidien, il aura garanti presque 47% des voix de l’île à Édouard Balladur. Celui-ci ne termine néanmoins que troisième de l’élection présidentielle, avec 18,58%, derrière le socialiste Lionel Jospin (23,30%), vers lequel se tourneront d’ailleurs les Mahorais au second tour, et Jacques Chirac (20,84%). C’est ce dernier qui deviendra le président de la République, soutenu par un Balladur répétant le fameux « Je vous demande de vous arrêter » à ses militants, qui huaient Chirac. Et aux Comoriens, dont il ne connaissait sûrement pas grand-chose, leur imposant une frontière mahoraise.

 

Les quatre statuts de Mayotte

1841 – 1975 : colonie française
1976 – 2001 : collectivité territoriale
2001 – 2011 : collectivité départementale d’outre-mer
Depuis 2011 : département français

 

Qui est Édouard Balladur ?

Figure de la droite française des années 1980 à 2000, Édouard Balladur a débuté au cabinet du président Georges Pompidou, avant d’occuper les postes de député de Paris et de ministre de l’Économie et des Finances sous François Mitterrand et Jacques Chirac. Mitterrand le nomme ensuite Premier ministre. Il termine troisième de la présidentielle en 1995, derrière Lionel Jospin et Jacques Chirac, ce dernier étant élu. Ayant conseillé de nombreuses personnalités de droite, Nicolas Sarkozy y compris, Édouard Balladur a actuellement 92 ans.

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