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Tribune : « Nous exerçons le métier d’éducateur avec la peur et le stress »

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Éducateur sportif à Koungou, Djamil Abdallah ne reprendra pas de licence pour la prochaine saison de football. Comme d’autres, l’insécurité a miné la passion du dirigeant du FC Ylang. Il nous l’explique dans cette tribune.

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En octobre 2023, la victoire de son équipe en Coupe de Mayotte U15 a été ternie par le déchaînement de violences, à la sortie du terrain à Majicavo-Koropa.

« Mayotte vit une période difficile avec cette violence qui a conduit à la préfecture de Mayotte de prendre la décision douloureuse pour les sportifs le 13 décembre 2023 de suspendre toutes les compétitions sportives. Cette décision est la conséquence de l’agression d’un jeune sportif de l’équipe UCS Sada à Ouangani en marge d’une rencontre de U17 et aussi le décès d’un jeune supporter de Combani, le même weekend du 9 décembre 2023.

Cette violence dans le milieu sportif trouve sa source dans les conflits entre bandes villageoises qui finissent malheureusement sur les stades sportifs et les acteurs de notre sport deviennent constamment des victimes collatérales. Cette situation, qui n’est plus tenable, interroge pour nous les éducateurs qui accompagnons au quotidien et les weekends nos licenciés. Nous exerçons cette activité de manière bénévole avec la peur et le stress, que ce soit durant les entraînements ou lors des rencontres officielles. Certains parents n’acceptent plus que leurs enfants jouent les rencontres à l’extérieur au risque d’agressions.

L’exercice de cette passion, cette envie de transmettre se perd au fil du temps en raison du climat d’insécurité qui règne sur ce département. Nos jeunes licenciés se font agresser par des voyous qui n’ont rien avoir avec le football et nous exposons notre vie et celle des jeunes que nous accompagnons à des dangers lors des rencontres de foot.

« Je n’imaginais pas quitter cette passion »

J’ai vécu l’expérience au mois d’octobre 2023, lors d’une rencontre de demi-finale de coupe de Mayotte des U15. A la fin de la rencontre, mes gamins victorieux de cette rencontre se font agresser à la sortie du terrain, les véhicules des accompagnateurs ont été caillassés, j’ai dû abandonner ma voiture et quitter en catastrophe le terrain avec le corps arbitral après que mes joueurs aient quitté le terrain. Heureusement que les dirigeants de l’équipe adverse ont veillé à ce qu’elle ne soit pas saccagée et me l’ont ramenée à mon domicile.

Ainsi, compte tenu de la situation qui ne s’améliorera pas dans les prochains mois, j’ai pris la décision à contre cœur de ne pas renouveler une licence d’éducateur ni de dirigeant accompagnateur cette saison 2023. J’avoue qu’après plus de 19 ans dans ce milieu, je n’imaginais pas quitter cette passion dans ces conditions, mais la situation conduit à prendre cette décision.

J’ai pris ma première licence en 2005 comme dirigeant au sein du club de l’USCJ Koungou puis éducateur à partir de 2009, avec deux montées en R1 en 2010 et 2018. J’ai rejoint la seconde équipe locale, le FC Ylang en 2021, qui est montée en R3 la même année. L’équipe première a lutté en 2022 pour assurer son maintien, tandis que cette saison, elle prétend à une montée en R2 en terminant troisième du classement en attendant les affaires encours à la ligue. Depuis plus de trois ans, afin de lutter contre les violences entre bandes au sein du village, favoriser la cohésion entre les jeunes sportifs du village de Koungou et mutualiser les moyens humains et matériels, les deux clubs du village ont mis en place une entente des équipes de jeunes et les résultats sont bien visibles chaque fin de saison.

J’aurai aimé poursuivre encore cette belle aventure humaine, sportive et sociale pour cette année, mais malheureusement, je dois prendre du recul en attendant que la situation s’améliore. Je serai tout de même un fervent supporter de ces deux clubs et je leur souhaite une belle saison 2024. Je reste convaincu que le sport reste une des premières réponses à apporter à la lutte contre cette violence mais il va falloir que nos autorités chacune à leur niveau apportent des mesures à la hauteur de la situation afin de protéger les acteurs sportifs.

Nous vivons une psychose dans ce département, un stress dans la semaine quand on va au travail le matin et à la sortie du travail, mais aussi quand on pratique notre sport. Ce n’est plus supportable et malheureusement si ça continue à ce rythme, beaucoup de bénévoles vont abandonner aussi. »

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