Les handicapés mahorais ne sont toujours pas logés à la même enseigne

Les handicapés mahorais ne sont toujours pas logés à la même enseigne

La semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) a débuté hier à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) à Mamoudzou.

 

Organisés par le comité de pilotage réuni sous l’égide de la Dieccte (Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) et de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées) dans le cadre du Plan régional d’insertion des travailleurs handicapés de Mayotte (Prith), avec l’appui d’AC E, des ateliers, stands et conférences sont proposés jusqu'à vendredi. L'occasion de faire le point sur la prise en charge des handicapés et leur intégration au marché du travail.

 

Sans surprise, Mayotte, déjà discriminée dans de nombreux domaines, ne bénéficie pas des mêmes moyens pour prendre en charge les personnes en situation de handicap par rapport à la métropole ou d'autres Dom. L 'emploi de ces personnes dans le 101ème département ne déroge pas à la règle. Actuellement, seul le fonds de l'Agefiph est mis en place dans l'île mais il ne concerne que le secteur privé. Le fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPH FP) quant à lui n'est toujours pas appliqué ici. "On suppose que c'est parce que la délégation du FIPHFP qui se trouve à la Réunion attend que le Code du travail à Mayotte soit harmonisé par rapport à celui de la métropole avant d'y installer le fonds", explique François de Lavergne du groupe Amnyos spécialisé dans l'accompagnement des mutations de l'action publique, des organisations et des territoires. "Nous souhaiterions également qu'une délégation du FIPHFP soit créée à Mayotte", ajoute la directrice de la MDPH dans un souci de représentativité. À l'heure actuelle, aucune donnée ne permet de savoir combien de personnes handicapées ont un emploi dans le territoire. Mais au niveau national le taux d'employabilité pour les entreprises de plus de 20 salariés est de 2 %.

 

Les sociétés mahoraises concernées sont censées en faire de même. Mais reste à savoir si dans les faits, toutes ces entreprises en question appliquent la règle. Impossible là aussi du côté de la MDPH ou du Prith de savoir combien de procédures ont été réalisées auprès du tribunal du travail pour poursuivre des sociétés qui ne respecteraient pas la législation en vigueur dans ce domaine. Ainsi, l'un des buts de la SEEPH est de sensibiliser les chefs d'entreprise sur la nécessité et l'intérêt pour eux d'employer des personnes en situation de handicap

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