La présidence de la CADEMA, le casse-tête chinois des Républicains

La présidence de la CADEMA, le casse-tête chinois des Républicains

Ce dimanche se déroule l’installation du conseil communautaire de la communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou (Cadema). Deux villes passées sous la houlette des Républicains. Pourtant, à 48 heures du scrutin, il semble que les majorités respectives se livrent une bataille féroce pour prendre le contrôle de la collectivité. Une opposition se joue en coulisse pour glaner les voix qui feront pencher la balance. 

Ambdilwahedou Soumaila versus Moudjibou Saidi. Ou plutôt leurs lieutenants Hamidani Magoma contre Saindou Rachadi. Le premier est dirigeant de l’entreprise Tema, spécialisée dans l’aménagement, l’urbanisme et le foncier depuis 40 ans, tandis que le second est archiviste au syndicat mixte d’eau et d’assainissement de Mayotte. Si les deux protagonistes font partie de la majorité de leurs communes respectives, toutes deux passées sous la bannière des Républicains à la suite des dernières élections municipales, une bataille féroce se joue pour briguer la présidence de la communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou (Cadema). Un choix cornélien qui divise au sein même du parti de droite qui revendiquait début février la formation d’une gouvernance territoriale pour faire front commun. 

À 48 heures de l’installation du nouveau conseil communautaire, le match se montre serré entre les deux clans. Les tractations vont bon train des deux côtés pour « draguer » les 12 voix des 4 groupes d’opposition et ainsi faire pencher la balance. Les discussions se multiplient ces derniers jours, notamment avec Elyassir Manroufou, qui n’a cessé de répéter son intention de travailler de manière intelligente avec la nouvelle municipalité. Il semblerait à l’heure actuelle que les 4 sièges du maire sortant de la ville chef-lieu, Mohamed Majani, soient prédestinés au candidat de Dembéni. Une décision qui choque dans les rangs de la majorité de Mamoudzou. « Alors que sous la mandature précédente, tout le conseil sans distinction avait voté pour lui », rappelle un proche du dossier. « Est-ce que c’est une position purement politique pour montrer son désaccord avec les nouveaux élus ? On est en plein questionnement alors que Magoma compte jouer le jeu de la continuité par rapport aux projets déjà initiés. » Ce qui selon cette même source ne semble pas être le cas du camp adverse. « De qui a-t-on besoin pour bâtir la collectivité ? », rajoute-t-il. Selon nos informations, le patron de la liste Hima a pour ambition de créer une nouvelle zone d’activités au sud de Tsoundzou dans le but de désengorger et déconcentrer Kawéni et de permettre une meilleure fluidité via les transports en commun, avec le Caribus. 

Intervention indispensable de Kamardine ? 

Le dénouement de cet imbroglio pourrait venir du grand sage, en la personne du député (LR) Mansour Kamardine, mais qui botte en touche : « ce que je souhaite ? C’est qu’il y ait un consensus qui se dégage ». Pour cela, il invite les deux candidats à échanger pour trouver un terrain d’entente : « Nous sommes dans un pays où la palabre a une grande place. » Avant de rappeler l’importance de l’intercommunalité, au vu de ses compétences, qui participe activement au développement de Mayotte. « Il en va de l’intérêt du périmètre géographique de la Cadema. Les compétences et les énergies doivent se retrouver. Chaque matin, nous nous rendons à Mamoudzou en passant par Dembéni. Il serait plus que désastreux que ces élus ne puissent pas se rassembler ! » Suffisant pour convaincre les troupes d’éviter une bataille qui ferait de gros dégâts au sein de la famille LR ? Malheureusement, la politique prend souvent le dessus sur le pragmatisme… Sachant que l’approche des élections cantonales et sénatoriales entrent également en ligne de compte. Les alliances sont donc de mise. Réponse ce dimanche.  

La Cadema, une grosse machine réunissant 42 élus 

Ce dimanche s’installe le nouveau conseil communautaire de la Cadema. Les résultats du second tour des élections municipales ont attribué le nombre de sièges pour chaque liste. 2 pour La Renaissance 2020 et Mamoudzou c’est nous, 4 pour l’Union de Dembéni et Le rassemblement en marche avec l’union pour le renouveau de Mayotte, et 15 pour Mouvement jeunes unis – Les Républicains et Réussir ensemble. Soit un total de 42 élus qui vont voter pour le nom du nouveau président.

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