Hariti Abdullah lance officiellement sa campagne

Hariti Abdullah lance officiellement sa campagne

Alors que Mansour Kamardine s'apprête à recevoir la visite d'Alain Juppé (dimanche 20 janvier) son soutien de poids dans sa quête de la présidence de la fédération mahoraise, Hariti Abdullah a décidé de tenir une conférence de presse. But de l'opération: faire entendre sa voix dans cette campagne qui laisse entrevoir des débats passionnés entre les aspirants à la tête du groupe politique.

D'emblée, le co-fondateur de la CGPME prévient sa famille politique et ses opposants dans la campagne sur le risque de division au sein de son parti. Un mal qui a déjà frappé Les Républicains en 2011 avec la dissolution de la présidence de l'UMP Mayotte à l'époque. La droite mahoraise commence à peine à se remettre de ces luttes intestines après environ 4 ans d'absence d'un leader à sa tête au profit d'un triumvirat. "Ma candidature est rassembleuse. Je veux me positionner au-dessus des clivages car il ne faut pas que les débats se résument à un combat des chefs", se veut fédérateur le co-fondateur des jeunes UMP de Mayotte.

Qu'est-ce qui différencie donc Hariti Abdullah de ses concurrents? Le premier intéressé se considère d'abord comme le candidat du dynamisme et du renouveau en opposition à ses homologues qu'il juge par politesse, être les candidats de l'expérience. Il insiste aussi sur cette idée d'union à Mayotte mais d'abord chez les Républicains. "Si je ne suis pas élu, je me rangerai derrière le choix des adhérents en apportant ma contribution et en travaillant dans ma circonscription", révèle sans détour l'homme politique, "mais je suis convaincu que je serai élu", ajoute-t-il convaincu et ambitieux. Il ne nie pas que le combat sera rude mais il peut déjà compter sur le soutien de trois maires et 6 conseillers départementaux qui seront peut-être rejoints par d'autres élus d'ici le 31 janvier, date du scrutin interne.

L'une de ses priorités à l'échelle de son parti est aussi d'intéresser de nouveau la population à la politique. "Il y a un désamour envers ce monde-là actuellement et les élus ont une responsabilité dans cet état de fait", dénonce Hariti Abdullah. C'est la raison pour laquelle l'entrepreneur et son parti disent travailler depuis quelques mois à attirer de nouveau dans leurs rangs des électeurs en leur proposant d'adhérer. Avec un peu plus de 2 000 membres en son sein, le groupe espère dépasser la barre des 3 000.

Actuellement, le challenger Abdullah est sur le point de rassembler les 5% de parrainages nécessaires pour déposer son dossier de candidature le 11 janvier prochain. "J'espère que les autres candidats aussi obtiendront leur minima car je souhaite qu'un vrai débat démocratique s'installe lors de cette campagne", répète-t-il.

Immigration clandestine, insécurité et développement de Mayotte comme principaux thèmes de campagne

Concernant les principaux dossiers de l'île, ce sarkozyste de la première heure considère l'insécurité et l'immigration illégale comme les priorités de l'île comme nombre de ses homologues au parti. "Mais au-delà de ces sujets, ce que je trouve encore plus prioritaire c'est le chômage, notamment chez les jeunes", s'inquiète Hariti Abdullah. Selon lui, il faut revoir les budgets consacrés à la jeunesse qu'il estime insuffisants. La délinquance, il est le premier à la condamner et souhaite un renfort des effectifs de gendarmerie et de police accompagné d'une réforme de la répartition géographique des forces de l'ordre n'hésitant pas même à plaider pour l'installation d'une base militaire à l'îlot M'tsamboro. Parmi ses chevaux de bataille, figure aussi l'emploi clandestin. "Aujourd'hui dans le BTP, il y a des petites entreprises qui se retrouvent coincées entre les grandes multinationales et les entreprises clandestines, il faut donc renforcer la lutte contre le travail dissimulé", martèle-t-il.

Quant aux projets structurants, le chef d'entreprise qu'il est, regrette la stagnation du 101ème département sur des sujets primordiaux pour son développement comme la question de l'extension de l'aéroport, la construction d'un pont entre Grande-Terre et Petite-Terre ou encore un véritable réseau routier dans l'île. "Moi personnellement je suis pour qu'il y ait 300 mètres de piste supplémentaires à Pamandzi, je ne veux pas que l'on me parle des tortues", lance-t-il au risque de se mettre à dos les défenseurs de la nature. "Certes l'environnement c'est important mais il ne faut pas que deux ou trois naturalistes bloquent l'essor économique et social de l'île", explique le candidat avec son franc-parler.

La coopération régionale et le développement d'une filière d'excellence dans des domaines précis comme la vanille ou l'ylang devraient être privilégiés selon le candidat. "L'agriculture locale ne peut pas nourrir toute la population de l'île donc il faut développer d'autres filières et faciliter les échanges avec nos pays voisins". Enfin, il milite pour la mise en valeur de la brique comprimée locale son domaine d'activité, par rapport au ciment souvent issu de l'importation.

Les dossiers et chantiers urgents sont nombreux dans l'île et le candidat Hariti souhaite enfin peser dans les responsabilités et les prises de décision. La présidence des Républicains semble donc être une étape quasiment indispensable pour atteindre cet objectif. Entre temps, une autre bataille l'attend mais elle ne sera pas électorale cette fois-ci. C'est son procès en appel qui se tiendra le 11 février (Ndlr: il a été condamné à un an de prison ferme pour enlèvement et séquestration), dont il a obtenu le renvoi après les élections du parti.

 

GD

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