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Elisabeth Borne : « On ne peut pas laisser Mayotte sans solution face à cette crise de l’eau ! »

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Arrivée à Mayotte, ce vendredi matin, Élisabeth Borne tente de rassurer les habitants confrontés à deux crises majeures, la pénurie d’eau et l’insécurité grandissante. Pour la première, elle a assisté à une distribution de packs d’eau minérale à Dzaoudzi-Labattoir et visité l’usine de dessalement d’eau de mer de Pamandzi, avant de prendre la direction de Grande-Terre où des manifestants n’ont pu que la voir passer (voir encadré).

« Enfin, elle est là. » La Première ministre Élisabeth Borne a démarré très tôt, ce vendredi matin à 7 h, une visite officielle à Mayotte, le 101ème département français. Son avion a atterri à l’aéroport Marcel-Henry à Pamandzi avec plusieurs minutes d’avance sur l’horaire établi. En revanche, sans doute pour des questions protocolaires, elle n’est descendue de son avion que trois quarts d’heure après l’immobilisation de l’avion sur le tarmac. Les personnels ministériel et sécuritaire ont été les premiers à descendre de l’avion par une portière de service à l’arrière, suivi de trois des parlementaires de l’île (le député Les Républicains Mansour Kamardine, les sénateurs Thani Mohamed Soilihi et Saïd Omar Oili), la députée Estelle Youssouffa étant elle déjà sur le territoire. Le ministre en charge des Outre-mer, Philippe Vigier, et son homologue de la Santé, Aurélien Rousseau, ont suivi un peu plus tard pour rejoindre le préfet Thierry Suquet. À l’extérieur de l’aéroport, une délégation de femmes en salouva, la tenue traditionnelle très colorée, s’échauffaient avec des m’biwis, chants et danses.

 

C’est donc par cet accueil populaire typique de l’île que la Première ministre a concrètement débuté sa visite d’une journée dans l’archipel, en se rendant directement après sur le site de l’usine de dessalement d’eau de mer située à proximité, pour une séquence consacrée à la crise de l’eau qui touche actuellement le territoire. Guidée par Françoise Fournial, la directrice de la société mahoraise des eaux (SMAE), elle a visité les turbines, puis les toutes nouvelles installations grâce auxquelles l’usine arrive à assurer son rendement promis (4.700m3 d’eau par jour) depuis quelques jours. La production pourrait aller au-delà les 5.000m3, ont indiqué Fahardine Ahamada et Ibrahim Aboubacar, respectivement président et directeur du syndicat Les Eaux de Mayotte (SEAM). Les deux hommes ont ensuite pris le relais pour expliquer, schémas à l’appui, les travaux entamés pour essayer de juguler la crise. Cela passe par la recherche de fuites, les sixième (à peine entamée) et septième campagnes de forage dont la vocation est de venir compléter la ressource en eau prélevée dans les deux retenues collinaires de Combani et Dzoumogné, ainsi que l’unité de dessalement de Pamandzi. « L’ensemble de ces mesures permet d’augmenter de 4,5 millions de litres la production et la disponibilité d’eau potable par jour sur Mayotte », estime la Première ministre. Ibrahim Aboubacar a expliqué également que les travaux d’interconnexion permettent de renvoyer vers Mamoudzou le surplus d’eau dessalée de l’usine de Petite-Terre et d’en transférer une partie sur le réseau sud de l’île.

A moyen terme, elle a fait remarquer que deux projets sont toujours sur les rails, l’usine de dessalement d’eau de mer d’Ironi Bé et la troisième retenue collinaire à Ourouvéni. Pour la première, elle est toujours annoncée « début 2025 ». Interrogée sur les difficultés foncières et écologiques du projet, elle a reconnu qu’« aucun des sites n’a aucun inconvénient. A un moment donné, il faut choisir le site avec le meilleur compromis. Les études sont menées pour réduire l’impact environnemental. Il n’y a pas de site idéal ». Concernant la retenue collinaire, qui devrait s’ajouter à celles de Comabni et Dzoumogné, elle confirme qu’il y aura une déclaration d’utilité publique « très prochainement ». Cette procédure fixe un cap pour les négociations avec les propriétaires fonciers, voire peut entraîner des expropriations.

Une distribution « aussi longtemps que nécessaire »

La cheffe du gouvernement français s’est rendue ensuite dans la commune voisine de Dzaoudzi-Labattoir, précisément dans les jardins de l’hôtel de ville. Elle a pu constater comment s’opère la distribution de bouteilles d’eau potable aux populations locales, ainsi que le ramassage des contenants en plastique pour éviter une pollution à grande échelle de l’archipel. Élisabeth Borne a confirmé que les distributions continueront « aussi longtemps que nécessaire ». La Première ministre a pris le temps de discuter avec le public, de féliciter les agents de la sécurité publique qui se dévouent à cette mission de distribution générale d’eau potable, et même d’écouter des écoliers chantant la Marseillaise devant le monument aux morts situé en face de l’hôtel de ville. Lors d’un micro-tendu, elle a rappelé que le gouvernement prendra à sa charge les factures d’eau des usagers couvrant la période de septembre à décembre, voire au-delà, qu’il y a un accompagnement et soutien des entreprises locales dont l’activité est perturbée par la crise de l’eau (il y en aurait une centaine).

Interrogée aussi sur un éventuel changement du calendrier des tours d’eau, les habitants étant soumis aux coupures de 54 heures), elle a répondu que les pluies récentes devraient permettre d’éviter un nouveau tour de vis.

Une centaine de manifestants à l’arrivée de la barge

L’accueil à l’aéroport de Dzaoudzi, en début de matinée, tranchait avec celui quelques heures tard à l’arrivée des barges. Une centaine de personnes sont venues clamer leur colère au sujet de la crise de l’eau et l’insécurité récurrente sur l’île. « On en a marre », ont hurlé les manifestants, las de la violence et du manque d’eau. Syndicats et société civile étaient alignés avec le long du bord de mer sur la place de la République. Les pancartes et refrains des manifestants étaient assez explicites quant aux revendications de cette foule qui a essayé de bloquer en vain le cortège officiel, juste après le rond-point Zéna Mdéré. La cheffe du gouvernement a poursuivi son programme vers Koungou, sans s’attarder à quai.

 

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