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Ben Issa Ousseni aux Açores pour défendre le cas de Mayotte et des régions ultrapériphériques

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À l’occasion de la 26ème conférence des présidents des régions ultrapériphériques, le chef de l’exécutif du conseil départemental, Ben Issa Ousseni, est revenu en exclusivité pour Flash Infos sur l’importance de ce rendez-vous, mais aussi sur les grands enjeux qui attendent Mayotte dans le cadre de la nouvelle programmation 2021-2027.

Flash Infos : La semaine dernière, vous vous êtes rendu aux Açores dans le cadre de la conférence des présidents des régions ultrapériphériques. Quelles étaient vos attentes d’un point de vue général ?

Ben Issa Ousseni : D’abord, c’était ma première participation en tant que président de la collectivité départementale à cette conférence annuelle – dont c’était la 26ème édition – et il me tenait à cœur de rencontrer mes homologues des RUP et d’échanger sur les nombreuses problématiques communes que nous rencontrons. Situées dans plusieurs bassins géographiques, les RUP, « terres d’Europe dans le monde », contribuent en effet au rayonnement international de l’Europe. Du fait de leurs liens historiques, culturels et de leurs diasporas, elles constituent des points d’appui pour la coopération de l’Union européenne avec les pays tiers, y compris en dehors de leurs zones géographiques. Leurs atouts uniques constituent une réelle valeur ajoutée européenne et les positionnent en tant que véritables bases stratégiques de l’UE.

L’autre aspect essentiel, c’était d’affirmer par ma présence l’enjeu de la défense de l’ultrapériphérie, avec ces neuf territoires très différents, mais qui ont bien des points communs. Et puis bien sûr, au sortir d’une crise sanitaire sans précédent et à ses conséquences, il fallait défendre et évoquer le cas de Mayotte face aux grands défis mondiaux du changement climatique, du défi de la transition vers l’économie durable et numérisée ou bien sûr de la desserte en transports.

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FI : Les sujets évoqués reviennent régulièrement sur le devant de la scène à Mayotte : l’énergie, le numérique, la gestion des risques, la recherche et innovation, la croissance bleue… Qu’est-ce que cette conférence peut réellement changer dans l’émergence de ces secteurs à fort potentiel ?

B. I. O. : La conférence permet d’affirmer des positions le plus souvent communes, de les partager, d’être entendus dans les instances européennes et nationales. Une déclaration finale a été adoptée. Nous pouvons peser sur les futures orientations de la Commission européenne à l’heure du renouvellement de sa stratégie envers les RUP. Pour cette nouvelle période de programmation 2021-2027, de nombreuses avancées ont d’ailleurs déjà été obtenues pour les RUP, notamment sur le fonds social européen. Certaines spécificités des RUP doivent pouvoir faire l’objet d’une plus grande attention. Je pense, en particulier à l’amélioration de l’accessibilité physique, notamment le développement du port de Mayotte. L’augmentation du volume des trafics maritimes favoriserait le désenclavement de département. La nouvelle période de programmation qui s’annonce inclut des avancées pour les RUP… Le maintien de ce dialogue politique ainsi que le renouvellement du partenariat construit au fil de ces 26 dernières années avec les institutions européennes, demeurent donc une priorité forte.

FI : D’autres thématiques intéressent fortement l’opinion publique : la pêche et l’immigration. Pour l’un comme pour l’autre, quelles positions avez-vous défendu ? Et quelles réponses espérez-vous de l’Union européenne ?

B. I. O. : Notre filière pêche demeure en attente d’une véritable concrétisation des aides au renouvellement de la flotte. Notre pêche artisanale mahoraise reste impuissante face aux géants que représentent les pavillons étrangers. Dans cet esprit, les accords internationaux tels que l’accord UE-Seychelles affaiblissent la protection nécessaire de notre zone économique exclusive. Il faut donc agir et vite.
La question de la gestion de flux migratoires constants est, bien sûr, une préoccupation majeure pour notre région. Mayotte se trouve, depuis plus de dix ans, au cœur d’une croissance démographique exponentielle, d’une urbanisation spontanée et d’une pression sur ses moyens financiers. Elle ne peut faire face seule à ses défis. Avec une moyenne de 27.400 reconduites aux frontières en 2019, les enjeux sont colossaux.
Au-delà des compétences nationales en la matière, j’ai donc lancé un appel pour que Mayotte soit considérée comme une zone d’urgence et pour que les dispositifs Frontex puissent être déployés. Cette approche est vitale pour la cohésion sociale de notre région.

FI : En avril dernier était installé le groupement d’intérêt public « L’Europe à Mayotte » pour la période 2021-2027 qui permet au Département de gérer à parts égales les fonds européens avec la préfecture. Six mois plus tard, quelles premières conclusions pouvez-vous tirer ?

B. I. O. : Il s’agit d’une structure partenariale innovante entre l’État et le conseil départemental pour la gestion des fonds européens créée en avril 2021 : FEDER (fonds européen de développement régional), FSE (fonds social européen) et FEDER CTE (programmes opérationnels 2014-2020 et REACT EU), FEDER, FSE+ (programmes opérationnels 2021-2027). Il prend pleinement son essor, maintenant que ses équipes sont constituées et opérationnelles. Il y a une ambition très forte de la Commission européenne, de l’État et du Département pour relever avec succès les défis majeurs qui se posent à Mayotte et consommer tous les crédits fléchés vers notre territoire dans le cadre des programmes opérationnels autour du défi du développement économique, du défi de l’insertion sociale et de la réussite de la jeunesse, du défi du numérique, du pacte vert, du défi environnemental, du désenclavement et de l’indispensable citoyenneté. Les moyens alloués dans le cadre du GIP vont permettre d’accompagner les porteurs de projets et de réaliser des contrôles en amont pour disposer de dossiers de qualité. Je suis donc confiant pour consommer l’enveloppe restante. L’Europe croit en Mayotte qui y est pleinement intégrée au titre des RUP et qui bénéficie des fonds structurels, comme du plan de relance européen à hauteur de 135 millions d’euros dans le cadre du REACT EU.

FI : L’enveloppe allouée pour Mayotte a semble-t-il doublé, de 211.3 millions à 479.3 millions d’euros. Quelles sont vos priorités, sachant que les chantiers structurants sont pléthoriques ?

B. I. O. : Pléthoriques, je ne sais pas, mais nombreux c’est certain ! Je note que la raison d’être du GIP « L’Europe à Mayotte », c’est de permettre l’aboutissement des projets, de stimuler les initiatives, de communiquer sur les réussites afin d’en susciter de nouvelles et ainsi de créer cette dynamique positive qui permettra l’essor rapide du territoire. J’ai énuméré un certain nombre de défis et d’enjeux dans lesquels devront s’inscrire ces projets structurants qui visent notamment à mieux équiper Mayotte qu’ils s’agisse des grandes infrastructures (piste longue, port), de nos modes de transports (barge et amphidromes), des équipements nécessaires au développement de Mayotte, en vue des Jeux des Îles 2027 et de la pratique quotidienne qui est aussi importante.

FI : Selon vous, que faut-il faire et mettre en place pour que les RUP soient davantage reconnues aux yeux de Bruxelles ? Et surtout que les Mahorais se sentent davantage européens ?

B. I. O. : Depuis 26 ans, les RUP agissent et leurs prises de position sont entendues. Prenons l’exemple de la récente présidence de Mayotte : elle a permis l’augmentation à 40 euros par habitant de l’allocation additionnelle pour les RUP dans le cadre du FEDER ; l’augmentation de l’allocation additionnelle prévue dans le cadre du FSE+ pour les RUP et les régions septentrionales à faible densité de population, passant de 175 millions d’euros à 473 millions d’euros ; ou la création d’une allocation spécifique pour les RUP dans le cadre de l’initiative REACT EU. Enfin, le rétablissement du taux historique à 85% des taux de cofinancement du FEDER et du FSE pour les RUP est aussi un acquis ! Ceci pour souligner que, même si le grand public ne le voit pas toujours, il y a des avancées réelles. À nous – mais ce n’est pas propre à Mayotte – de montrer en quoi l’Europe contribue à soutenir et financer des projets de notre vie quotidienne. C’est déjà me semble-t-il l’un des enjeux des prochaines échéances présidentielles qui s’annoncent !

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