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« On m’a blessé comme si on me découpait »

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« Je n’ai jamais compris pourquoi les gars de Doujani et M’Tsapéré se tapent dessus ! » lance, perplexe, le président du tribunal, Laurent Ben Kemoun. Ce lundi après-midi, au cours d’une comparution immédiate, victimes comme auteurs des faits n’ont pas su l’aider sur ce point. Le 1er juillet dernier, devant le centre commercial Baobab, à Mamoudzou, c’est pourtant dans le cadre d’un énième conflit inter-villages que les deux prévenus ont pris à partie deux adolescents en plein milieu de l’après-midi. Alors que le plus jeune, âgé de 15 ans, était en train d’acheter à manger, son ami était devant, à l’attendre à côté de son vélo. « On m’a attrapé le t-shirt et on m’a demandé d’où j’étais. J’ai dit : « M’Tsapéré », et on m’a frappé », se souvient le jeune homme de 17 ans, à la barre. Plus grand et plus costaud que lui, son adversaire âgé de 19 ans lui a en effet mis un coup de poing dans le visage. « Un geste gratuit », selon le président du tribunal, qui serait une réponse à un caillassage qui se serait produit la veille entre des jeunes des deux villages.

Et l’agression ne s’est pas arrêtée là. Le plus jeune, qui est sorti du centre commercial, a tenté de s’interposer. Mais l’assaillant et l’un de ses amis l’ont poursuivi, cette fois-ci en sortant un couteau pour l’un et une machette pour l’autre. Le premier est arrivé à hauteur du jeune homme et l’a blessé gravement à l’épaule. « On m’a blessé comme si on me découpait », raconte la victime, avec toujours le bras en écharpe. Un autre coup a été aussi porté au bras. Courant pour échapper à ses agresseurs, la victime a réussi à se réfugier dans le Somaco à proximité, avant de s’évanouir.

 « Soyez cohérent avec vous-même »

Reconnaissant le coup de couteau qui aurait pu être fatal si un organe vital avait été touché, le jeune de 19 ans ne présente aucune excuse devant le tribunal correctionnel. Au contraire, les juges ont rappelé que pendant son audition, il a dit aux enquêteurs : « Je m’en fous de lui », quand on lui a demandé sa réaction si la victime venait à décéder.

Le rôle attribué au second est plus flou, aucun témoignage ou vidéo ne démontre qu’il a porté des coups. Son défenseur, maître Soumetui Andjilani, demande même sa relaxe. « Il n’y a pas de preuves que la machette a été utilisée. » À 22 ans, ce rappeur connu localement pour des clips sur Youtube a déjà été condamné pour des vols avec violences. « J’ai simplement brandi ma machette pour leur faire peur », insiste-il, face à des juges qui lui rappellent que se balader avec une arme blanche, « après six mois à Majicavo », n’est pas la meilleure chose à faire. Le président du tribunal lui demande par exemple : « Dans vos chansons, vous n’incitez pas à la violence ? – Non. – Donc soyez cohérent avec vous-même. » Pour le procureur Yann Le Bris, l’utilisation de la machette au cours des événements ne fait aucun doute. « La victime a raconté que le couteau est resté planté dans l’épaule. Elle l’a attrapé et jeté par terre. Le deuxième coup est arrivé dans l’instant d’après », décrit le représentant du ministère public. Ainsi la machette serait, selon lui, à l’origine de la profonde entaille sur le bras du garçon.

Il requiert donc trois ans de prison, dont douze mois avec sursis, contre les deux prévenus, une interdiction de rentrer en contact avec les victimes et une obligation de les indemniser. Le tribunal correctionnel a décidé de suivre les réquisitions du Parquet, ajoutant une obligation de travail et une interdiction de port d’arme pendant trois ans. Concernant les sommes, 3.000 euros devront être versés au jeune de 17 ans pour préjudice moral, puis 5.000 euros à celui blessé gravement à titre de provisions. Une nouvelle expertise médicale suivie d’une audience sur les intérêts civils en février 2023 permettront de déterminer le montant de son préjudice.

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