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Conflit entre bandes : « Il savait très bien dans ce à quoi il s’embarquait »

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On l’appelait Stam. Et l’actualité que connaissent les États-Unis comme la métropole quant aux violences policières faites aux noirs ne peut que faire écho à son histoire. Celle d’un jeune père de famille de Mayotte, tué par balle de la main d’un policier le 23 février à Kawéni. 

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Une simple affaire d’atteinte sexuelle sur une mineure de moins de quinze ans a fini par prendre de l’ampleur au tribunal correctionnel mercredi dernier. Rappelant que le débat sur le consentement, en particulier des mineurs, est toujours cruellement d’actualité, deux ans après l'adoption de la loi sur les violences sexistes et sexuelles. 

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Rapt de Petite-Terre : après l’appel devant la chambre de l’instruction, case prison et « tournure politique »

Rendue ce jeudi en appel devant la chambre d’instruction de La Réunion, la décision de placer les quatre hommes mis en cause dans l’affaire du rapt de Petite-Terre n’est pas sans soulever de questions selon leur avocat. Me Nadjim Ahamada dénonce notamment une violation des droits de la défense et une motivation politique à l’endroit des divers collectifs contre l’insécurité qui affichent un soutien farouche à ses clients.

Jugé en son absence en juin dernier, le prévenu a fait opposition et a pu être entendu, ce mardi 13 décembre, au tribunal correctionnel de Mamoudzou. Le 12 juillet 2020, le jeune homme de 18 ans à l’époque faisait partie d’une expédition punitive contre une autre bande de Kawéni. Il a été condamné à 18 mois de prison dont 12 avec sursis. Il devra également indemniser la victime qui a eu 45 jours d’ITT.

La scène paraît cocasse. Le prévenu se présente libre et sans être accompagné d’avocat pour le défendre. De l’autre côté, les gendarmes encadrent la victime qui affiche un air patibulaire, gardant des séquelles visibles à la main droite de cette journée du 12 juillet 2020. Ce jour-là, les deux bandes de Kawéni passent le dimanche chacune de son côté. La première, celle du prévenu, va à la campagne, tandis que l’autre a opté pour un voulé. Des violences récentes ont envenimé la situation en ce mois de juillet. « Il a voulu égorger « Paname » », raconte le prévenu de 20 ans aujourd’hui, lors de son procès, ce mardi 13 décembre. Un autre tabassage a mis également le feu aux poudres. Ils étaient six ou sept armés de machettes, de bâtons et même d’un pistolet quand ils sont allés à la rencontre du groupe de la victime. Si les autres ont pris la fuite, cette dernière s’est retrouvée encerclée. Sur le banc des prévenus, celui qui porte le surnom de « Chewy » a utilisé un bâton pour frapper. Mais d’autres n’ont pas hésité à faire usage d’armes blanches. La victime présentait, à l’arrivée des policiers, des plaies béantes au niveau de la main droite et au tibia, ainsi que des traces de coups sur le dos. Les blessures lui ont occasionné 45 jours d’interruption de travail temporaire (ITT).

« C’est bien lui la victime du règlement de comptes »

Selon la présidente du tribunal correctionnel, Julie Vignard, il y a bien eu « une volonté de tuer ». « On fait comment ? On se tue tous et il n’y a plus de jeunes sur l’île ? C’était quoi l’objectif ? » L’auteur des coups de bâton ne nie pas sa participation aux faits. Ayant un casier vierge, il tente de démontrer qu’il se tient à l’écart des bandes et qu’il souhaite continuer son cursus dans la filière maritime en intégrant une formation de matelot. Boîtant encore suite aux coups, son ancien adversaire est en détention provisoire pour vol. « Mais c’est bien lui la victime d’un règlement de comptes particulièrement violent », rappelle maître Aurore Baudry. Elle demande que le prévenu soit condamné à verser 5.000 euros à son client. Le substitut du procureur, Max Goldminc, demande « un quantum élevé » pour un primo-délinquant, indiquant « qu’il savait très bien dans ce à quoi il s’embarquait ». Il requiert la peine infligée au premier procès, soit un an d’emprisonnement, avec cette fois la possibilité d’un aménagement de peine.

Par décision contradictoire, le tribunal correctionnel annule le premier jugement et l’a reconnu coupable de violences aggravées par la réunion et l’usage d’une arme. Il le condamne à 18 mois de prison dont 12 avec sursis. Ce dernier est conditionné à une obligation de travail ou de formation, et celle d’indemniser la victime. Il ne pourra pas non plus porter une arme pendant cinq ans. Il devra verser solidairement (avec un autre prévenu dans cette affaire) 5.000 euros au titre du préjudice moral et 5.000 autres pour le préjudice physique, soit les mêmes montants décidés au mois de juin.

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