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Malgré la fin de l’« Île morte », les élus continuent de mettre la pression

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Ce lundi 19 septembre, les élèves reprennent le chemin des écoles mahoraises, les mairies ayant décidé de suspendre leurs arrêtés. Cette décision, qui s’accompagne d’un retour du transport scolaire, fait suite aux différentes réunions entre élus locaux. Pas forcément convaincus par leur entrevue avec le préfet Thierry Suquet, ces derniers comptent pousser l’État à en faire davantage.

« On ne voit pas encore les effets sur le terrain, mais les médias nationaux nous sollicitent de plus en plus », constate Madi Madi Souf, le président de l’association des maires de Mayotte, à la fin d’une nouvelle réunion, ce vendredi matin, à l’Hôtel de ville de Mamoudzou. La démarche des élus locaux n’est pas passée inaperçue, se satisfait le Pamandzien. Marqués par un nouveau week-end de violences sur toute l’île, lui et ses collègues-maires avaient pris la décision de fermer écoles et administrations. Le conseil départemental, « par solidarité », a suivi en demandant à son délégataire (Transdev) de stopper le transport scolaire pendant trois jours. Les uns, comme les autres, ont finalement pris la décision d’un retour à la normale, dès lundi. Mais est-ce que le mouvement de protestations est fini pour autant ? Non, estiment les élus. Ils veulent poursuivre leurs efforts en poussant l’État à augmenter la lutte contre les bandes et l’immigration illégale.

Pourtant, le préfet de Mayotte, Thierry Suquet, a essayé de les rassurer, jeudi matin. Outre son bilan, il a rappelé que les policiers nationaux allaient être formés à l’utilisation d’armes proches de celles utilisées par le Raid pendant leur court passage à Mayotte à la fin du mois de février (voir interview du préfet de Mayotte, ce jeudi 15 septembre). Il a évoqué le sujet des drones qui serviront à la surveillance maritime dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine.  Un discours que les élus ont écouté, sans forcément en sortir convaincus. « Ce sont toujours les mêmes choses. On veut aller au-delà des mesures proposées », réplique Salime Mdéré, le vice-président du Département. « Notre détermination et notre vigilance restent […] intactes pour avancer différemment et autrement au service de la population. J’ajoute avoir trouvé intéressante et riche la démarche consistant à faire primer l’urgence, à parler d’une seule et même voix », ajoute le président de la même collectivité, Ben Issa Ousseni, absent toutefois vendredi matin.

Une action en justice des élus

Les élus mahorais n’ont d’ailleurs pas hésité à faire part de leurs revendications, au cours de la rencontre de la veille. À Mamoudzou par exemple, le maire Ambdilwahedou Soumaïla veut que la police se rende dans les bidonvilles pour aller chercher les délinquants. « Ils viennent caillasser et repartent aussitôt », estime celui qui a présidé la réunion de vendredi matin. Voulant que l’État « accélère » la lutte contre l’habitat illégal, il indique que plusieurs actions sont déjà décidées. Jeudi prochain par exemple, le préfet de Mayotte est invité à la réunion du bilan des Assises de la sécurité.

Il y recevra un inventaire, « fait par chaque maire », des logements illégaux sur leurs communes respectives. Avec cela, les chefs des 17 communes souhaitent, tout comme le Département qui est le premier propriétaire foncier de l’île, « un schéma directeur de destruction des habitations et un calendrier très précis des décasages ». Ils comptent d’ailleurs saisir la justice pour arriver à leurs fins, Madi Madi Souf confirmant qu’un juriste va être sollicité pour les aider. L’action portera à la fois sur les expulsions et sur les marchands de sommeil. « Beaucoup de nos frères ont permis aux clandestins de s’installer dans leurs bangas contre des sommes d’argent. L’action visera aussi bien les propriétaires fonciers que ceux qui hébergent des personnes sans titre de séjour », prévient le maire de Mamoudzou.

Troisième point nécessaire selon lui, une délégation d’élus arborant l’écharpe tricolore doit également défiler à Paris. La date, peut-être en octobre, n’est pas encore calée. « On doit se faire entendre d’une autre façon. On a déjà des parlementaires qui le font sur place, on doit l’accentuer », poursuit-il.

Les collectifs invités à participer

Dans la salle de réunion du conseil municipal, une vingtaine de personnes ont pris place, un peu en retard, parmi les rangs du public. Les collectifs, mobilisés sur la place de la République depuis jeudi et soutenant la démarche des élus, ont pu participer aux échanges. Lors de prochaines entrevues, leurs représentants seront à chaque fois invités autour de la table, conformément à une promesse des élus. Satisfaits des propos entendus lors de cette rencontre, ils souhaitent aller même plus loin sur les questions d’immigration. « On n’a pas parlé d’éducation, de l’environnement », regrette Safina Soula, la présidente du Collectif des citoyens 2018, qui a réitéré sa demande « d’état d’urgence ».  

Dès la fin de la réunion, elle et les autres membres de collectifs ont rejoint la place de la République pour annoncer les différentes propositions aux passants. Ils ont promis d’être très attentifs à ce que leur ont promis les maires.

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La fermeture des écoles n’a pas fait que des heureux à Mamoudzou. Un instituteur d’une école située dans le centre-ville de la commune a carrément contesté l’arrêté pris par le maire, devant le tribunal administratif de Mayotte. Cette tentative a provoqué le courroux d’Ambdilwahedou Soumaïla. « Je n’accepterai plus aucun droit de retrait si les professeurs estiment que leur école n’est pas sécurisée », a-t-il prévenu. « Ce n’est pas nous qui prenons les enfants en otage, c’est Mayotte qui est prise en otage. »

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