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Une organisation bien rôdée aux Comores pour les migrants d’Afrique continentale

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Venus d’Afrique de l’Est pour leur majorité, des candidats à l’immigration vers Mayotte ont passé près de vingt jours dans une localité côtière située au nord de la Grande Comore, où est originaire leur passeur. Contactées, les autorités comoriennes n’ont pas répondu et semblent préférer fermer les yeux concernant cette route de l’immigration.

Une femme enceinte, d’autres qui allaitaient encore et des jeunes âgés entre 14 et 18 ans. Les profils des migrants d’Afrique continentale qui ont résidé à la Grande Comore, dans l’espoir de pouvoir se rendre à Mayotte sont variés. Selon des témoignages recueillis auprès des villageois, environ une cinquantaine d’africains ont pris le large depuis vendredi et se prépareraient probablement pour rejoindre l’île aux parfums, leur destination finale. Arrivés début mars, à Bangwa Kouni, localité située au nord de Ngazidja (Grande Comore), les migrants y ont passé pas moins de vingt jours, a-t-on appris auprès de sources locales, contactées ce lundi. On y retrouvait plusieurs nationalités : des Burundais, des Djiboutiens, des Tanzaniens, voire des ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC), pays dont la partie orientale est en proie à une violence inouïe. Pour ce qui est de la tranche d’âge, elle variait entre 14 à 40 ans, excepté les bébés. « Un bateau les a transportés jusqu’au large. Et leur boss, c’est-à-dire le passeur, a envoyé une vedette les récupérer jusqu’à la terre ferme. Ce jeune passeur est d’ici. Il avait loué une maison pour les installer avant de disparaitre sans jamais revenir. On dit qu’il se trouvait en Tanzanie. En gros, ces pauvres étaient livrés à eux-mêmes », déplore notre interlocuteur.

Jusqu’au départ du dernier contingent, ce vendredi 29 mars, les migrants rencontraient pas mal de difficultés. Ils peinaient à joindre les deux bouts. A un moment, le propriétaire de la maison qui est en construction, les a chassés à cause des impayés. « Les femmes dormaient chez la famille du passeur et y mangeaient là-bas tandis que les autres se débrouillaient comme ils le pouvaient. Aussi étant donné que nous sommes en plein mois de ramadan, des villageois invitaient les migrants musulmans à rompre le jeûne ensemble, chez eux », a poursuivi notre source sous couvert d’anonymat. Il a noté un manque d’hospitalité de la part de la communauté envers les migrants qui, selon nos informations, se rendaient chez les proches du passeur pour les menacer. Ils affirmaient lui avoir remis de l’argent pour acheter un moteur d’un kwassa-kwassa. C’est peut-être la raison pour laquelle, une embarcation est venue les prendre vendredi dernier. « Un groupe de sept personnes est partie dans un premier. Puis les autres ont suivi quelques jours plus tard. On pense qu’ils se dirigeaient vers Anjouan afin de préparer le voyage à destination de Mayotte », a indiqué notre source qui a souligné que le passeur est quelqu’un de très connu. Il aurait même déjà été incarcéré, dernièrement à Anjouan, toujours pour des histoires de migrants qui voulaient rejoindre Mayotte.

Silence des autorités

La question que tout le monde se pose en ce moment est la suivante : comment se fait-il que des migrants aient pu passer un très long séjour comme celui-ci sans qu’une unité de police ne fasse le déplacement pour les interroger ? Nous avons écrit au ministre comorien de l’Intérieur, Fakridine Mohamed, pour savoir s’ils avaient eu vent de ce débarquement, mais ce dernier n’avait pas donné suite au moment où nous rédigions ces lignes. Est-ce une façon pour les autorités comoriennes d’éviter toute prise en charge de tout ce beau monde ? Possible, croit savoir notre source, qui rappelle qu’arrêter ces migrants reviendrait à les loger et à les nourrir avant de les rapatrier vers leurs pays de départ. Ainsi, les laisser partir en fermant les yeux sur leur présence était la meilleure solution. Rappelons qu’en 2021, dix-huit ressortissants malgaches qui tentaient de se rendre à Mayotte avaient dû être logés dans un hôtel d’Anjouan. Sauf qu’au bout de deux mois, les conditions d’hébergement se dégradaient progressivement. L’État peinait à régler les facteurs des sept chambres occupées par les migrants. A un moment, le propriétaire de l’hôtel avait demandé l’autorisation d’engager certains d’entre eux comme agents. Depuis deux ans, les Comores sont devenues une plaque tournante, un point de passage pour les candidats à l’immigration clandestine en provenance de la région des Grands Lacs. Nombreux sont les des migrants d’Afrique continentale qui y transitent avant d’embarquer dans des kwassa-kwassa pour Mayotte clandestinement.

Souvent, les passeurs les bernent en les débarquant dans les plages des autres îles sans jamais revenir les chercher.

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