Association ABK : touchée, mais pas abattue

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Dans la nuit de dimanche à lundi, un incendie a réduit en cendres les locaux d’ABK, l’association de quartier Bandrajou-Kawéni. Il ne reste plus rien de la salle de classe ou des produits destinés à la population. Mais loin de décourager les bénévoles de l’association, cet événement leur a donné envie de se battre encore plus.

« Tout ce charbon au sol là, c’était les tables et les chaises pour accueillir les élèves », explique Amir Nokowa, président de l’association ABK. Il ne reste plus rien. Les livres, les savons distribués par l’agence régionale de santé, les produits d’entretien… Tout est parti en fumée ! « Là, ce sont nos archives, tout a brûlé. » Si selon lui, la piste criminelle a été retenue par les forces de l’ordre et le départ du feu identifié, les auteurs de l’acte n’ont pas encore été appréhendés. « Il était deux heures du matin quand on a remarqué le feu, et les pompiers ont mis une heure à arriver. En attendant, on a jeté des parpaings, avec la population, pour essayer de calmer le feu. Ça a démarré ici, il y avait des livres empilés sur cette table, puis tout est parti très vite », poursuit le président, ému au moment de se remémorer de cet événement tragique.

Pour les habitants du quartier, c’est l’incompréhension la plus totale. En effet, l’association les aide au quotidien, d’abord via de la prévention et de la médiation. Mais aussi grâce à la salle de classe et la distribution de produits d’entretien. Pour Soumeth Hamid, chargé de projet à l’association ABK, l’incendie aurait été provoqué par des « jeunes délinquants ». « Ils constatent qu’on les empêche de voler ou d’agresser les habitants, de faire ce qu’ils veulent, et ça ne leur plaît pas. »

« Montrer qu’on est là et qu’on va rester »

Désemparés devant les tas de cendres, les livres brûlés et les taules marquées par le feu, les bénévoles d’ABK refusent de se laisser abattre. « On ne doit pas avoir peur, il faut montrer à ces gens qu’on est là et qu’on va rester », persiste Soumeth Hamid. Et la reconstruction est déjà en route. Habituellement, la classe tenue par les parents d’élèves bénévoles accueille une trentaine d’élèves. « Les jeunes ne savaient pas ce qu’il s’était passé, ils sont venus lundi matin et ont découvert la catastrophe », rembobine Amir Nokowa.

En pleine réflexion depuis le début de la semaine sur le meilleur moyen de reprendre leurs activités, et particulièrement l’accueil des élèves, les bénévoles ont installé ce mercredi 17 mars des nattes et tendu des tissus, donnant l’impression d’une salle de classe. « Ils sont assis au sol, mais au moins on ne les laisse pas dehors, en attendant d’avoir de nouvelles tables », se console le président.

Le regard vide devant les décombres des locaux de l’association, l’un des élèves, un jeune adulte en situation de handicap, ne prend pas tout de suite conscience de la gravité de la situation. « Il était scolarisé jusqu’à ses 18 ans. Depuis, il fréquente cette école qui nous aide vraiment au quotidien. Il est un peu perdu », raconte sa sœur, autant choquée que lui. C’est pour des jeunes comme lui, que les bénévoles ne veulent pas baisser les bras. Et se font la promesse de « tout pour proposer à nouveau leurs activités ».

Si vous souhaitez venir en aide à l’association de quartier Bandrajou-Kawéni, vous pouvez les contacter au 06.39.01.08.40 ou par email (asso.abk@gmail.com).

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Mayotte hebdo N°951

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