Des chantiers d’insertion pour restaurer les zones humides à Mayotte

Des chantiers d’insertion pour restaurer les zones humides à Mayotte

Après la prairie humide d’Ambato à M’Tsangamouji, le groupe d’études et de protection des oiseaux de Mayotte (GEPOMAY) entame un nouveau chantier d’insertion à Malamani en début de semaine prochaine avec l’association Mlezi Maoré. L’arrachage de plantes exotiques va ainsi favoriser le développement de la biodiversité et la protection du Crabier blanc. En phase de test, ce projet est amené à se multiplier sur d’autres communes.

Grande première pour le groupe d’études et de protection des oiseaux de Mayotte (GEPOMAY). Habituée à la mise en protection des espèces, l’association vient de terminer son premier chantier d’insertion avec Mlezi Maoré sur la prairie humide d’Ambato, à M’Tsangamouji, dont la restauration a permis un agrandissement du site de l’ordre de 150 mètres carrés pour le pâturage de zébus. Une opération ayant eu pour but de retirer les plantes invasives, notamment les plants de songes échappés des cultures, qui empêchent les autres plantes de se développer.

Bis repetita à partir de ce lundi derrière le Sodicash de Malamani sur la commune de Chirongui. Seule différence ? « Il s’agira principalement d’arrachage de plantes exotiques envahissantes, dont notamment le Senna alata », confie Lorraine Condon, la chargée de communication et vie associative de la structure coordinatrice. Un travail d’orfèvre attend l’équipe composée d’une dizaine de personnes, spécialisée dans la gestion des espaces verts, à quelques heures de s’attaquer à près d’un hectare. L’idée par la suite est la signature d’un bail rural entre le propriétaire du terrain et le GEPOMAY pour que l’agriculteur mette en place une rotation régulière des zébus pour favoriser la biodiversité. « C’est tout bénéfique pour l’éleveur car il va agrandir sa surface », ajoute-t-elle, précisant au passage que « le Conservatoire Botanique apporte son expertise sur la végétation et réalise une étude préalable d’identification des espèces ». Et par la suite, il assure un suivi pour « voir comment ça évolue ».

Tsararano et la baie de Bouéni dans le visieur

Ces interventions sont d’autant plus nécessaires que les zones humides de l’île sont en déclin… alors que ces espaces sont indispensables à l’être humain puisqu’ils procurent de l’eau et limitent les inondations ! Mais surtout, leurs nettoyages ont pour objectif de permettre au Crabier blanc, l’oiseau le plus menacé du territoire, qui a élu domicile dans cette lagune en 2018, de revenir s’installer dans les meilleures conditions. Sachant que cet oiseau se tient le plus souvent immobile en lisière, généralement un peu dissimulé, de la végétation aquatique, flottante ou dans l’eau peu profonde. Si le GEPOMAY vient seulement d’entamer son projet de restauration, l’association espère bien multiplier ces actions dans un avenir proche. « Cette année, nous sommes en phase de test, mais si cela fonctionne, nous allons le déployer sur les lieux où le Crabier blanc s’alimente, comme Tsararano ou la baie de Bouéni », conclut Lorraine Condon. Avec ces chantiers d’insertion, le groupement d’études et de protection des oiseaux de Mayotte répond parfaitement au programme européen Life Biodiv’OM (2018-2023) dont le but est de protéger la biodiversité sur cinq territoires ultramarins.

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