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Enfermer les jeunes criminels, le souhait d’Ambdilwahedou Soumaila, maire de Mamoudzou

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Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

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Deux mois de confinement peuvent en dire long sur un individu, mais ils peuvent également dévoiler les pires et les meilleurs aspects d’une société. La crise sanitaire a mis en évidence les failles de la société mahoraise, partagée entre la conscience de certains et l’irresponsabilité des autres. Le sociologue Combo Abdallah Combo nous explique pourquoi il est urgent de tirer les leçons de ce confinement et essayer de changer la donne. 

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Une semaine après les violents affrontements qui ont secoué les communes de Mamoudzou et de Koungou pendant quatre jours, le nouveau maire de la ville chef-lieu, Ambdilwahedou Soumaila revient pour Flash Infos sur la gestion de cet événement mais aussi sur les solutions futures et pérennes pour apaiser les tensions. Selon lui, il est indispensable de pourvoir mettre derrière les barreaux les mineurs coupables de crimes.

Flash Infos : Près de deux mois après votre élection à la tête de la mairie de Mamoudzou, vous venez de vivre une semaine intense avec plusieurs jours d’une extrême violence entre bandes rivales. Comment avez-vous géré la situation ?

Ambdilwahedou Soumaila : D’abord, je tiens à saluer la bonne coordination entre la police nationale, la gendarmerie nationale ainsi que les polices municipales de Mamoudzou et de Koungou. Nous avons fait en sorte que les deux groupes de jeunes ne se rencontrent pas à la limite des deux communes. Même si nous déplorons un mort, je pense que le bilan aurait pu être bien pire ! L’hélicoptère s’est notamment interposé pour que les affrontements ne soient pas aussi dramatiques que ce que nous avons connu.

Ensuite, dès le premier jour, il y a une mobilisation sur le terrain d’une grande partie des élus du conseil municipal de Mamoudzou pour faire de la médiation, qui a permis à une trentaine de jeunes de Kawéni de rendre les armes (chombos et couteaux) à la police nationale. Ils les ont déposées volontairement ! Le tissu associatif dans le village a également permis d’apaiser un peu les tensions.

FI : La réunion de dimanche avec les principales institutions de l’île a débouché sur l’organisation des assistes de la sécurité, des réunion fréquentes du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. En quoi consistent-elles ?

A. S. : Le courrier qui a débouché de cette rencontre et que j’ai signé doit être envoyé dans les prochaines heures. L’idée est d’inviter le préfet, le président du conseil départemental, les quatre parlementaires, le président de l’associations des maires et les présidents des intercommunalités pour participer à une première réunion de préparation qui aura lieu le 22 septembre. Cette rencontre va jeter les bases et voir les modalités d’organisation de ces assises, qui devraient intervenir courant octobre.

Ce rendez-vous doit permettre à l’ensemble des victimes, souvent collatérales, de ces violences d’avoir un espace pour témoigner de ce qu’ils ont vécu ou de ce qu’ils vivent au quotidien. Ce serait déjà une belle victoire ! Certains d’entre eux ont été touchés au plus profond de leur chair. Après, la sécurité n’est pas l’affaire de tous, mais bien l’affaire de chacun. Je considère que chacun a une solution à apporter pour que nous puissions venir à bout de ces affrontements. Les élus, la société civile, l’ensemble des protagonistes… N’importe pourra apporte SA solution. Il y en a peut-être 300.000. Et à partir de là, il faudra retenir les plus pertinentes pour notre rapport que nous déposerons vraisemblablement au premier ministre au mois de novembre.

FI : À l’échelle municipale, que comptez-vous mettre en place pour tenter d’enrayer ces tensions ? Renforcement de la police municipale, soutien aux associations, déploiement de la vidéosurveillance, etc.

A. S. : Dans un premier temps, nous allons réactiver le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance dans le but de réunir les associations – qui sont un élément très important à mes yeux -, les parents mais aussi les foundis et réfléchir tous ensemble aux premières actions que nous pourrions mettre en vigueur. Nous travaillons également sur le renforcement de l’éclairage public. Autre décision qui va intervenir très prochainement : nous allons allonger l’amplitude horaire des policiers municipaux jusqu’à 6h du matin, contre 4h actuellement. D’ailleurs, ils vont déménager d’ici la fin de l’année dans l’ancien bâtiment de la caisse de sécurité sociale de Mayotte, place Mariage, pour être encore plus près de la population. Idem pour tout le système de vidéosurveillance. Et d’ailleurs, nous allons accroître la capacité en termes de caméras, sachant que certaines d’entre elles étaient hors service, et les multiplier dans les quartiers isolés, avec le soutien financier de l’État.

FI : Plus largement, on a l’impression qu’aucune décision institutionnelle ne renverse la situation. Comment l’expliquez-vous ?

A. S. : Vous savez, les causes de la délinquance à Mayotte sont multiples : la bidonvilisation du territoire, la non-éducation des enfants, la perte de repère… Mais il faut aussi donner les moyens à la justice. Avec une seule maison d’arrêt sur l’île et seulement vingt places pour les mineurs, le magistrat est tout simplement démuni. Même s’il prend la décision d’incarcérer un jeune, où voulez-vous l’envoyer ? C’est normal que les forces de l’ordre reçoivent des moyens humains et financiers, ils sont là pour nous protéger, mais il ne faut pas non plus oublier l’appareil judiciaire pour que les décisions soient prises le plus rapidement possible. Et dans ce cas-là, il faut également avoir les espaces pour mettre hors d’état de nuire les jeunes qui sont des dangers pour la société. Après je n’ai pas la solution miracle, mais ce qui est sûr, c’est que tous ceux qui commettent des crimes doivent trouver place en prison !

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