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Crise de l’eau : la Première ministre annonce que les Mahorais seront exemptés de factures

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C’est l’un des points demandés fréquemment par les manifestants contre la pénurie d’eau, un gel complet ou partiel des factures d’eau pour les foyers mahorais qui sont privés de cette ressource deux jours sur trois. Après une réunion à ce sujet, ce jeudi après-midi, Élisabeth Borne a confirmé que les factures de septembre à décembre 2023 seront prises en charge « compte tenu de la dégradation très importante du service rendu au public ».

Lors de la dernière visite de Philippe Vigier, il y a une semaine, le ministre délégué chargé de l’Outremer avait laissé entendre qu’un geste du gouvernement serait fait au sujet des factures d’eau. Il admettait que leur paiement à la Société mahoraise des Eaux (SMAE), alors que l’eau n’était pas distribuée deux jours sur trois, était « un peu incompréhensible ». Du fait des montants, la décision a finalement été prise en réunion interministérielle, ce jeudi après-midi en présence de la Première ministre Élisabeth Borne, Gérald Darmanin (intérieur et Outremer), Philippe Vigier (délégué Outremer), Sébastien Lecornu (Armées), Aurélien Rousseau (Santé), Gabriel Attal (Éducation), Aurore Bergé (Solidarités et Familles), Olivia Grégoire (déléguée PME, Commerce, Artisanat et Tourisme) et Sarah El Haïry (déléguée Biodiversité). « La Première ministre a décidé que les abonnés au service de l’eau n’auraient pas à payer les factures des mois de septembre à décembre 2023, compte tenu de la dégradation très importante du service rendu au public », nous a transmis le service presse d’Élisabeth Borne. Plus localement, si les élus du syndicat des Eaux de Mayotte semblaient d’accord pour, les représentants de la SMAE (le délégataire du syndicat) n’ont jamais voulu répondre à nos questions.

« Un devoir de solidarité nationale »

La sécheresse étant toujours là et les retenues collinaires bientôt à sec, les coupures d’eau pourraient s’intensifier dans les prochaines semaines. Alors que le communiqué rappelle les dernières mesures prises pour Mayotte (« blocage des prix de l’eau vendue en magasin, installation de rampes à eau et de citernes d’eau sanitaire, distribution d’eau en bouteille aux personnes vulnérable »), il fait remarquer que « l’approvisionnement de la population en eau potable était la priorité du Gouvernement pour Mayotte dans les semaines à venir, et qu’il y avait un devoir de solidarité nationale au profit de la population mahoraise ».

D’autres mesures devraient donc suivre, comme l’extension du public vulnérable pouvant disposer des bouteilles d’eau gratuites (environ 51.000 personnes aujourd’hui). Celle-ci devrait intervenir à la mi-novembre pour assurer un stock suffisant. Un acheminement depuis La Réunion et depuis l’Hexagone des bouteilles d’eau « en plus grande quantité » est aussi annoncé, tout comme les « 300 militaires et civils déployés à Mayotte pour assurer la logistique de cette distribution ».

Philippe Vigier, le ministre délégué aux Outre-mer, avait convenu que le paiement des factures d’eau en cette période de crise était « un peu incompréhensible ». De septembre à décembre, les Mahorais en seront exemptés.

Le recteur de Mayotte, Jacques Mikulovic, souhaitait du matériel pour que les établissements scolaires puissent potabiliser l’eau qu’ils reçoivent. Ce n’est pas le cas pour le moment, on lui promet plutôt « cinquante assistants d’éducation supplémentaires seront recrutés pour assurer la distribution de l’eau aux élèves ». Même chose pour le centre hospitalier de Mayotte (CHM) avec « trente personnels soignants qui renforceront les effectifs dans les prochains jours ». « Enfin, un dispositif d’aides aux entreprises de tous secteurs en difficulté en raison des pénuries d’eau sera mis en place courant novembre », indique le gouvernement.

Interrogé à plusieurs reprises sur les prix toujours aussi hauts des bouteilles d’eau, Philippe Vigier avait promis une rencontre avec les distributeurs, puis avait botté en touche. Selon nos informations, l’option serait toutefois sur la table.

Une assemblée constitutive du mouvement « Mayotte a soif » ce dimanche

Le mouvement « Mayotte a soif » s’organise. Le dimanche 8 octobre, à 10h, son assemblée générale constitutive aura lieu place de la République, à Mamoudzou. Les membres du bureau devraient ainsi être désignés, et différents points devraient être abordés, notamment les conséquences de la pénurie d’eau sur l’éducation, la santé ou encore l’environnement. Le mercredi 27 septembre, le mouvement avait participé à l’organisation d’une manifestation visant à interpeller les pouvoirs publics au sujet de la crise de l’eau.

A la chasse aux économies d’eau dans les collectivités, entreprises et associations

Le Comité Maîtrise de l’Énergie, composé du Conseil départemental, de la Préfecture de Mayotte, de l’Agence de la transition écologique et d’Électricité de Mayotte, lance un appel à manifestation d’intérêt pour le financement d’études ayant pour objectif de conduire à des économies sur l’usage de l’énergie et de l’eau. Le présent appel à manifestation d’intérêt propose, pour les collectivités locales, entreprises ou associations entrant dans la catégorie des grands consommateurs d’eau potable du réseau (industrie, agroalimentaire, nettoyage de voitures, collectivités…), de financer un audit sur leurs consommations d’énergie et d’eau et sur les solutions à mettre en place pour les diminuer ; souhaitant développer des actions de sensibilisation et/ou la pose de matériel visant à réduire la consommation d’eau potable ou d’énergie (par exemple, mise en place d’ambassadeurs de l’eau et de l’énergie, pose de kits hydroéconomes…) ; étudiant la mise en place d’infrastructures et la logistique associée permettant d’effacer la consommation d’eau sur le réseau d’eau potable (par exemple la récupération des eaux grises des stations d’assainissement, l’utilisation d’eau de qualité industrielle dans le BTP et l’industrie…).

L’étude sera réalisée par un bureau d’études sélectionné et mandaté par le Comité MDE après une procédure de mise en concurrence. Cette étude est entièrement financée, à 49 % par l’État à travers les charges de service public de l’énergie, et à 51 % par l’Agence de la transition écologique. En fonction des économies d’eau et d’énergies anticipées par les résultats des études, les travaux en découlant pourront également être financés.

Le dépôt des dossiers se fait de façon numérique. Une première relève aura lieu d’ici le 31 octobre (https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/audit-eau-energie-mayotte).

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